Lundi 20 février 2012
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Vu que mon nouveau boulot se passe super bien et que je n'ai donc pas grand chose à raconter de rigolo je reviens à mon fond de commerce : mes histoires de
petits jobs, car j'en ai encore plein en stock.
Quand je travaillais en boutique, une de mes plus grandes peurs était de croiser les clientes « dans la vraie vie ». Car
le rapport de courbette et faux compliments débités intra-muros ne fonctionnait plus dans la jungle hostile de la rue.
Or, il était très fréquent de croiser les clientes vu qu’elles vivaient toutes dans le centre-ville. Je me souviens de la fois où
j’ai croisé une cliente dans un café. Elle s’assoit à la table d’à côté. Elle me fixe, elle m’a reconnue, mais ne me remet pas. Est-ce que c’est la fille de ma femme de ménage ? La voisine du
dessous ?
Moi je la remets. C’est une finalement-je-ne-prends-rien. Cousine germaine de la je-repasserai-demain. Quand elle vient, elle essaie
tout, en 3 couleurs, s’admire longuement devant la glace en demandant « vous êtes sûre que ça me va bien » alors qu’elle est au bord de l’orgasme à se reluquer. La première fois que
l’on sert ce spécimen de clientes, on met le paquet, car on a l’impression qu’elles vont exploser le chiffre d’affaire de la journée. On leur sert du « Quelle ligne splendide » réservée
aux meilleures clientes, on leur promet une petite ristourne réservée aux plus fidèles.
Jusqu’à ce que « Bon beh finalement je ne prends rien ». Ça fait l’effet d’une rupture. Mais qu’ai-je fait ? Tout se
passait si bien entre nous ? Je te réglais les bretelles de ton soutien-gorge, te faisais passer la taille en dessous, tu riais, tu avais l’air contente ? Alors que se passe-t-il ?
Elle claque la porte en guise de réponse.
Elle revient quelques jours après. Forcément elle reçoit un accueil un peu froid. Mais elle s’excuse, elle est partie trop
vite la dernière fois, elle devait aller chercher Mélissa au foot et Kevin à la danse ou le contraire. Peut-elle essayer cette magnifique robe en vitrine ? Alors, on replonge, on cède à tous ces
désirs, aujourd’hui elle a le temps, les mouflets sont à l’école. Alors on se réconcilie, on complimente à outrance on propose des nouveaux vêtements, on fait même chauffer un petit café parce
qu’elle le mérite et…
« Bon beh finalement je ne prends rien »
Elle sort trop vite et je n’ai pas le temps de me remettre de ma paralysie temporaire pour l’attraper par les cheveux et la traîner
vers la caisse.
Puis la finalement-je-prends-rien revient. Ose revenir. Une troisième, quatrième, dixième fois. C’est toujours le même scénario sauf
que maintenant on la laisse se débrouiller seule, l’assénant de temps en temps d’un « nan pas ce pantalon, ça te fais ressortir tes gros bourrelets» bon ok dans la réalité c’est plutôt
« Je préfère l’autre », mais le ton est le même.
On sait qu’elle va retourner la boutique, laisser les vêtements à terre dans la cabine pour repartir bredouille, mais on ne peut
rien faire.
Mais je ne peux pas lui en vouloir car je suis moi aussi une finalement-je-ne-prends-rien…
Et vous quel catégorie de clients affreux êtes-vous ? Et soyez honnêtes !
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