Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 02:28

Vu que mon nouveau boulot se passe super bien et que je n'ai donc pas grand chose à raconter de rigolo je reviens à mon fond de commerce : mes histoires de petits jobs, car j'en ai encore plein en stock.

 

Quand je travaillais en boutique, une de mes plus grandes peurs était de croiser les clientes « dans la vraie vie ». Car le rapport de courbette et faux compliments débités intra-muros ne fonctionnait plus dans la jungle hostile de la rue.

Or, il était très fréquent de croiser les clientes vu qu’elles vivaient toutes dans le centre-ville. Je me souviens de la fois où j’ai croisé une cliente dans un café. Elle s’assoit à la table d’à côté. Elle me fixe, elle m’a reconnue, mais ne me remet pas. Est-ce que c’est la fille de ma femme de ménage ? La voisine du dessous ?

Moi je la remets. C’est une finalement-je-ne-prends-rien. Cousine germaine de la je-repasserai-demain. Quand elle vient, elle essaie tout, en 3 couleurs, s’admire longuement devant la glace en demandant « vous êtes sûre que ça me va bien » alors qu’elle est au bord de l’orgasme à se reluquer. La première fois que l’on sert ce spécimen de clientes, on met le paquet, car on a l’impression qu’elles vont exploser le chiffre d’affaire de la journée. On leur sert du « Quelle ligne splendide » réservée aux meilleures clientes, on leur promet une petite ristourne réservée aux plus fidèles.

Jusqu’à ce que « Bon beh finalement je ne prends rien ». Ça fait l’effet d’une rupture. Mais qu’ai-je fait ? Tout se passait si bien entre nous ? Je te réglais les bretelles de ton soutien-gorge, te faisais passer la taille en dessous, tu riais, tu avais l’air contente ? Alors que se passe-t-il ?

Elle claque la porte en guise de réponse.

Elle revient quelques jours après. Forcément  elle reçoit un accueil un peu froid. Mais elle s’excuse, elle est partie trop vite la dernière fois, elle devait aller chercher Mélissa au foot et Kevin à la danse ou le contraire. Peut-elle essayer cette magnifique robe en vitrine ? Alors, on replonge, on cède à tous ces désirs, aujourd’hui elle a le temps, les mouflets sont à l’école. Alors on se réconcilie, on complimente à outrance on propose des nouveaux vêtements, on fait même chauffer un petit café parce qu’elle le mérite et…

« Bon beh finalement je ne prends rien »

Elle sort trop vite et je n’ai pas le temps de me remettre de ma paralysie temporaire pour l’attraper par les cheveux et la traîner vers la caisse.

Puis la finalement-je-prends-rien revient. Ose revenir. Une troisième, quatrième, dixième fois. C’est toujours le même scénario sauf que maintenant on la laisse se débrouiller seule, l’assénant de temps en temps d’un « nan pas ce pantalon, ça te fais ressortir tes gros bourrelets» bon ok dans la réalité c’est plutôt « Je préfère l’autre », mais le ton est le même.

On sait qu’elle va retourner la boutique, laisser les vêtements à terre dans la cabine pour repartir bredouille, mais on ne peut rien faire.

Mais je ne peux pas lui en vouloir car je suis moi aussi une finalement-je-ne-prends-rien…

Et vous quel catégorie de clients affreux êtes-vous ? Et soyez honnêtes !

Par La Brune
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 02:16

J’ai toujours mis l’adresse de mon blog sur mon CV. Je pensais que mon blog pouvait donner un peu de capital sympathie à mon CV austère et ordinaire. C’est vrai que mes talents de graphiste se limitant à modifier une photo sur paint, mon CV est basique voire moche. Et pour ce qui est du contenu, il est moins bien que certains, ce qui est déjà suffisant pour ne pas me faire sortir du lot. Quand j’ai commencé à postuler dans les métiers du web, il arrivait haut sur la page vu que c’était la seule chose en relation avec le domaine. Et au fil de mes expériences, il est redescendu jusqu’à n’être aujourd’hui qu’une ligne en bas de la catégorie divers.

En général j’ai toujours eu de bons retours, les employeurs qui m’ont convoqué en entretien ne se sont jamais offusqués de mes gentilles moqueries sur mes expériences professionnelles. Jusqu’à il y a quelques mois...

 « J’ai trouvé votre CV et votre lettre de motivation très intéressants ... et puis je suis allé sur votre blog. Et pour être honnête vous n’êtes pas la personne que l’on recherche ».

Je ramassais mes dents. Canines, molaires, couronnes argentées… Toutes. Je me retrouvais face à deux options : soit je lui demandais quel était la raison de ce retournement et prendrais le risque de me faire laminer l’égo. Soit je concluais la conversation fermement « ok merci, n’hésitez pas à me recontacter si jamais vous avez de nouvelles offres d’emplois ».

C’est vrai que si on lit mon blog en diagonal on peut déduire que je suis une mauvaise vendeuse, que j’ai des relations conflictuelles avec les imprimantes, que j’ai débouché des chiottes, que j’ai fait des études qui avaient rien à voir et que j’ai déjà eu la tête coincée dans un 95D.

Ok ça a de quoi refroidir.

C’est vrai que j’ai eu un peu peur en naviguant sur les blogs super pro des autres. Photo de profil corporate, nom de domaine propre, textes positifs,  CV peaufiné aux petits oignons et slogans chocs… le contraire du mien. Je pense que ces blogueurs se font rappeler plus souvent que moi. L’idée m’a même traversé l’esprit de faire quelque chose de plus propre, de passer sur Wordpress tout ça … Mais à quoi bon ?

Alors j’ai conservé mon blog en l’état au moins ça fait aussi le tri au niveau des employeurs pour conserver ceux qui ont le sens de l’humour.

Par La Brune - Publié dans : Recherches de boulots
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 13:39

Pendant deux ans j’ai écrit des chroniques pour le site maviepro.fr. On m’a proposé d’écrire sur la recherche d’emploi. Ça tombait bien… je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite.

Ça a commencé d’une manière un peu atypique. Un jour j’ai postulé à un concours de blog emploi. Je déteste les concours mais j’imagine que le community manager du site organisateur avait dû bien faire son travail et j’ai répondu favorablement au bout du 5ème mail. Après tout hein. Pensant que j’allais recevoir un mail « désolé vous avez perdu mais l’important c’est de participer » je n’en ai pas parlé. Et puis un jour je reçois un mail de félicitation. Pour une fois je n’avais pas gagné à la loterie 1 000 000 000 dollars ni une augmentation du pénis gratuite mais j’avais reçu le prix du jury de ce fameux concours. J’étais fière comme un pou que des textes aussi peu prétentieux que les miens reçoivent un prix. Et je dois avouer que de tous les prix en général le prix le plus gratifiant pour moi est celui du jury.

Mais les retombées furent minces, Sarkozy ne m’a pas invité à manger au Fouquets, et je continuais à habiter mon T2 bis à Toulouse à combiner mes 2 mi-temps.

Puis, il s’est passé quelques semaines jusqu’à ce qu’un ami de mon brun m’appelle, chose rare. Car en général les amis de mon brun ne m’appellent que pour me dire après minuit « viens chercher Nico il peut pas rentrer tout seul ».


Sauf que là il était 13h30.


« Je travaille dans les même locaux qu’un magazine en ligne, et j’ai parlé de ton blog à la machine à café. Il s’avère que les filles qui gèrent le magazine le connaissent et adorent. Elles voulaient savoir si tu aimerais écrire pour le site. »

J’étais en pleine période « Sex and the city », autant dire que me rapprocher de près ou de loin de Carrie Bradshaw était un rêve… même si porter des talons ne fut pas un franc succès.


C’est ainsi que j’ai commencé à écrire des chroniques. Des vraies de vraies avec des « contraintes » de longueur, des lettres de commande et des droits d’auteurs.

J’ai adoré faire ça. 

Malheureusement le magazine a dû cesser cette fin d’année. C’est un grand regret, car c’était une vraie source d’information réunie dans un seul et même endroit. Voilà je voulais rendre un petit hommage à Corinne Dillenseger, rédactrice en chef et Fanny Bonnin, journaliste et illustratrice du site, car il est certain qu’on entendra à nouveau parler d’elle ! Merci les filles et plein de succès pour 2012 !

Par La Brune - Publié dans : Humeur
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 23:20

Il y a plusieurs facteurs qui nous font penser que l’on va passer de bonnes fêtes. On peut avoir pris un médicament miracle qui vient d’être inventé et qui absorberait toutes les graisses et nous permettrait de nous goinfrer comme bon nous semble. Il peut aussi y avoir des amis qui débarquent à Montréal ou bien on a trouvé du travail et on débute au mois de janvier.

Si le médicament miracle avait été inventé j’aurais fait carton plein comme on dit au loto de l’école par chez moi entre deux batailles de grain de maïs.

Car j’ai trouvé du boulot ! Deux boulots. Et pas représentante en Viagra le jour et hôtesse dans un bar glauque la nuit. Non. Responsable des médias sociaux. Les deux.

Il y a 3 semaines j’ai été rappelée suite à ma candidature à deux annonces. J’ai passé les deux entretiens et le fait de savoir que l’on avait sélectionné mon CV dans les finalistes sur près de 150 candidatures me remplissait déjà d’un bonheur intense. Après une longue traversée du désert de 4 mois à poser des CV jusque dans les souterrains des centres commerciaux j’avais besoin d’une bonne nouvelle. D’une lueur d’espoir qui puisse me faire espérer une embauche en 2012 et qui me permettrait de rester à Montréal.

Inutile de préciser que mon brun, qui s’est auto-rebaptisé le FNI (Fond Nicolien International) avait lui aussi besoin d’une bonne nouvelle.

J’ai passé les entretiens en étant moi-même, confiante dans mes compétences. C’est la première fois que je passais un entretien pour un job qui me tienne à cœur et pour lequel je n’étais pas complètement novice. Enfin jusqu’à ce que l’on me pose une question en anglais.  Je me suis sentie changer de couleur, rougissant jusqu’aux oreilles et prête à me saborder mais non sans tenter le tout pour le tout. « My english is not fluent but I can learn very quickly ». Unique réponse possible à toute question qui me serait posée en anglais et phrase que j’ai apprise par cœur avec “Two Vodka Cranberry please” mais qui s’est révélé hors de propos dans cette situation.

J’ai été prise aux deux jobs. Et j’ai même eu le luxe de choisir.

A partir du 4 janvier, je serai donc responsable des médias sociaux dans une entreprise qui accompagne les entrepreneurs. J’ai déjà fait la même chose pour un client quand je travaillais à l’agence mais là je vais le faire temps plein avec bien plus de moyen donc je suis globalement… surexcitée.

Et puis surtout je vais ENFIN pouvoir réécrire sur le blog car en recherche d’emploi je me sentais un peu coincée.

Alors Bonne Fêtes à tous, buvez du champagne à ma santé et goinfrez-vous de foie gras car vu le prix ici, ce sera pour moi pétillant à la pêche et pâté de campagne.

Par La Brune - Publié dans : Cap sur Montréal
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 15:58


- Bonjour c’est la responsable de la boutique de décoration où vous êtes venue passer un entretien, vous êtes toujours prête à venir travailler avec nous ?
- …
- Allo ?

Je n’étais pas apte à prendre une décision, je venais de me lever, j’avais mal à la tête, froid aux pieds, je n’avais pas encore bu mon café. Je me suis mise en mode automatique :

- Je vais devoir décliner votre offre mais j’attends des réponses et je ne veux pas m’engager avec vous si jamais je trouve un travail dans mon domaine.

Waow, pour un mode automatique, je trouvais ma réponse carrément honnête et responsable. Mon interlocutrice aussi vu qu’elle raccrocha sans insister. Je me dirigeais à la cuisine, remplis la cafetière d’eau jusqu’au niveau 4 pour avoir deux tasses, mis un filtre, le remplis de café au pif, appuyai sur le bouton…

…Non mais je venais pas de refuser un job là ?

Je défie quiconque de prendre une décision professionnelle sereine en pyjama. Je restais debout un moment, écoutant le gargouillis de la cafetière, prête à me renverser le café brulant dessus pour me punir. Mais n’oublions pas que nous sommes en Amérique, que si je vais chez le docteur, je suis bonne pour vendre un rein, donc on va éviter. Puis (il s’en passe des choses dans ma tête le matin) je me suis fait mon procès avec moi dans le rôle de l’accusé, de la plaignante, des avocats respectifs et du juge.

- J’ai bien fait de refuser ce travail à 9 dollars et des poussières par heure. Soit moins de 7 euros par heure ! A ce tarif là je peux, OU profiter de ma jeunesse à Montréal, OU bouffer, OU payer mon loyer et mon téléphone.
- Oui mais 9 dollars et des poussières de l’heure ça vaut mieux que 0 dollars de l’heure, c’est simple c’est des maths.
- Une boutique, j’en trouverai d’autres avec tous les CV que j’ai laissés.
- Oui mais mon portable est étonnamment silencieux. Au fait je ne me souviens même plus du code de ma carte bleu tellement cela fait longtemps que je ne l’ai pas composé… je vais peut-être la rappeler.
- Non je la rappelle pas.  J’auto-proclame que je vaux plus.

Est-ce que j’ai pris une bonne décision ? Probablement que non. Bref je venais de refuser un job.

(Oui c’est facile comme chute).

Par La Brune - Publié dans : Cap sur Montréal
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