Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 15:21

Et maintenant ?

C’est ce que je me suis dit tout de suite après m’être retrouvée dans la rue, 30 minutes après avoir appris que je devais « crisser mon camp » comme on dit ici.

Les yeux rouges, le nez écarlate, le mouchoir en papier trop mouillé et transpercé à maintes reprises par mes doigts, je saisi mon téléphone.

Première étape : prévenir mon copain. Il est à plus de 6000 kilomètres en ce moment et je ne pourrai pas morver sur son épaule en rentrant.

Message texte : « je suis virée et ce n’est pas une blague ».  (Car, oui, ironiquement nous étions le 1er avril)

Il m’appelle et éponge mes pleurs au téléphone.

Et maintenant ?

J’avais prévu d’aller à la salle de sport après le travail. J’ai mes affaires dans mon sac, aller courir sur un tapis me fera peut-être du bien. Je débarque dans les vestiaires, à 15h. Peu de monde, juste 3 retraitées sortant de la piscine, 1 étudiante en première année si j’en crois l’absence de cellulite et la femme de ménage.

Je me rends à la salle et monte sur le tapis roulant, vitesse 8.0. Direct. Sans passer par l’échauffement avec ma marche rapide habituelle à 6.5. Je monte la vitesse sur le tapis à 9.0. Mes foulées s’accélèrent, je ne vais jamais aussi vite. Un instant j’oublie mon sort, me rends compte que je n’ai pas fait de double nœuds à mes lacets et me concentre sur les conséquences d’une chute éventuelle à cette vitesse. Est-ce que mes dents viendraient cogner le tableau de bord ou bien le tapis va tellement vite que je me retrouverais le dos projeté contre le vélo stationnaire derrière ?

J’arrête le tapis et vais me rhabiller. Je sors de la salle de sport 8 minutes après y être rentrée.

Et maintenant ?

Je retrouve une amie à la sortie de son travail. Du trajet du bus jusqu’à ce que l’on se sépare, je répète en boucle l’évènement. Sans pleurer. C’est un premier soulagement. On est sur la bonne voie.

Et maintenant ?

Quelques anciennes adorables collègues me ramènent mes affaires. Et m’offrent une boîte de macarons. Et m’invitent au resto. Et font traîner le départ en discutant à côté de la voiture, les portières ouvertes, à une heure tardive. Elles vont me manquer.

Et maintenant ?

J’ai ressassé l’histoire avec la moitié de la ville pendant 3 jours.

Et maintenant ?

Mon copain rentre enfin. Il achète des billets pour Las Vegas et San Francisco afin de me changer les idées. « On part, tu réfléchiras après » me dit-il. Je ne le changerai pour rien au monde.

Et maintenant ?

De retour de voyage, je réfléchis. Quoi faire maintenant ? Rechercher un nouvel emploi va être compliqué. En effet, 3 jours avant de perdre mon emploi j’ai appris une belle nouvelle. Qui a rendu la chose à la fois plus dure et plus facile. Une nouvelle qui viendra balayer toutes les autres mauvaises nouvelles de l'année.

Je suis enceinte.

Sauf qu'avec le congé parental pouvant atteindre 52 semaines ici, je présume que personne ne voudra m’embaucher.

Et maintenant ?

Je décide alors de me mettre à mon compte. Est-ce que c’est le bon moment ? Probablement pas, mais si on attend que les planètes soient parfaitement alignées on ne ferait jamais d’enfant ni ne prendrions jamais de décisions difficiles.

Alors maintenant? Je vais faire un petit séjour en dehors de ma zone de confort!

Par La Brune - Publié dans : A mon compte
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Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 15:26

« Tu peux venir dans mon bureau s’il te plait ? ». Le ton enjoué de la personne des RH me demande de venir la voir. Peut-être est-ce pour m’aider à préparer ma rencontre d’évaluation de jeudi prochain. J’étais justement en train de compiler mes stats, j’ai quelques questions à lui poser.

J’arrive dans le bureau où je la retrouve elle… et le directeur général. Une lettre fait face au 3eme siège vide. Le temps de m’asseoir j’entrevois les mots « abolition de poste » et « restructuration » qui ressortent en gras.

Aïe.

Le directeur débute ses 5 minutes de figuration en commençant la lecture de la copie qu’il a dans ses mains. Je le coupe d’un geste de la main. J’ai l’impression d’être un malfaiteur à qui on lit ses droits. « Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que… »  Eh! J’ai pas envie de garder le silence. Sauf que je n’arrive pas à parler.

Je mets à contribution les muscles de ma gorge pour qu’ils écrabouillent cette boule qui empêche les sons de sortir, je prie mes yeux de garder les vannes fermées, il y aura un tas d’autres raisons dans la vie pour qu’ils se lâchent, je demande à mes lèvres de cesser ce mouvement de tremblotement ridicule. La RH, quant à elle, a la main prête à dégainer la boîte de Kleenex spécial mauvaises nouvelles. Pleurera ? Pleurera pas ?

J’aimerais être de celle qui d’un coup renverse la table et la chaise en gueulant. « Non mais vous vous foutez de moi ? Là comme ça sans préavis ! Sans explication ! Alors que vous êtes en train de recruter une nouvelle personne pour l’équipe ? »

Mais non je suis de celles qui piochent dans les Kleenex que lui tend la RH.

« On a des sacs ou des boîtes en cartons si tu veux »

Quoi ? Qu’est-ce qu’elle raconte ? Tu penses qu’un sac ou un carton va me consoler ? Est-ce j’ai l’air d’être un chat ?

Et puis j’ai lu entre les lignes : tu prends tes affaires et tu te tires.

Comme dans les films américains où l’employé déchu décroche son tableau, ramasse sa plante verte, met tout ça dans une boite en carton avant de se diriger, la tête basse, vers sa Dodge garée sur le parking.

Sauf que moi j’ai 4 paires de chaussures dont 2 bottes, une tasse, des tas de papiers, des baumes à lèvres, du thé, 150 000 Tupperware et que je suis en métro. Désolée mais je n'ai pas prévu le coup. A l’européenne.

  a l americaine

 

Ça s’est fini comme ça. J’ai pris mon manteau et je suis partie. Mes fabuleuses ex-collègues ont finalement pris mes affaires et me les ont apportées le soir.

Comment je me sens ? Comme si j’avais passé toute la soirée avec un beau mec sympa à danser, à discuter et à m’amuser et qu’à la fin de celle-ci, il m’aurait dégueulé sur les chaussures.

Sauf que la soirée a en fait duré plus de 2 ans.

Allez, utilisons un concept appris dans mes études de cinéma, la catharsis, avec le visionnage de la première scène de Up in the air.

Par La Brune - Publié dans : Cap sur Montréal
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Vendredi 3 janvier 2014 5 03 /01 /Jan /2014 11:17

Ils sont là. Il y a 5 ans, je ne les voyais pas pointer le bout de leur nez, ils n’arrivaient pas encore à m’atteindre, devant étoffer leurs CV à coup de stage non rémunérés et d’année sabbatique pour apprendre l’anglais.

Mais ça fait deux ans qu’ils sont là. Humbles, ils commencent par des petits contrats, des postes en dessous de leurs ambitions mais ils te toisent avec leur jeunesse, et leurs yeux qui ne connaissent pas les cernes te lancent un regard qui en dit long sur qui sera le boss de qui dans quelques années.

Ils ont l’âge de nos neveux, sortent de l'université et sont bourrés d’ambition. La relève.

Ils percent le marché avec leurs CV créatifs. Wo… Wor quoi? Word? C’est sooooooooo 2000. Une génération qui a eu un ordinateur avant d’avoir ses premiers poils sous les bras ne fait pas les mêmes CV que celle qui devait se rendre dans des cyber-cafés et appelait sans arrêt à l’aide ce bon vieux Trombi. (Si tu ne sais pas qui est Trombi, c’est que tu es le sujet de ce post, ou que tu es le grand-parent du sujet de ce post. Dans les 2 cas, bienvenue).

Leur CV, en plus d’être plus design et plus hot, sont aussi mieux garnis. Tout d’abord les formations. On a inventé des nouvelles formations adaptées au marché du travail avec un nom qui pourraient inspirer George Lucas s’il se décidait à faire Star Wars 7-8 et 9 « Bachelor Management des dispositifs de communication branding et ROI » ou encore « Bachelor Community management & contents» (plus de noms barbares ici).

Je me suis retrouvée l’autre fois à parler de web avec un jeune de 24 ans, chacun de ses anglicismes et théories appris en cour étaient des coups d’épée à mon autodidactisme de l’époque.

Mais encore plus dangereuses que les formations, ce qui fait le plus mal ce sont les expériences professionnelles.  «Après un voyage ressourçant de 3 mois en Inde  je suis allée aider à bâtir une école au Sri Lanka, puis j’ai rencontré un Argentin qui m’a embauché 6 mois pour l’accompagner dans son entreprise de cyclotourisme en Mongolie. »

À ton âge, moi je partais à Dublin pour le week-end et le défi était de savoir qui boirait le plus de pintes de bière par jour (le record est de 11. Bravo JC).

Hormis leur CV étoffé, et parfois leur insoutenable beauté juvénile qui agace forcement, ils ont d’autres qualités les bougres. Leur nouveauté sur le marché du travail leur confère un enthousiasme pétillant qui jure avec l’air désabusé de leurs aînés et leur intégration du mot «syndicat» 3 fois par phrases.

Trop jeune pour être une vieille de la vieille.

 

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Par La Brune - Publié dans : Humeur
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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 13:28

J’ai donné mes 3 premiers cours "Faire son marketing sur les médias sociaux". Vu que je ne suis pas en train d’écrire d’outre-tombe ça veut dire que ça s’est plutôt bien passé.

Ce qui est bizarre, c’est que mes doutes, mes stress et mes facilités ne venaient pas du tout de là où je pensais. Comme quoi tant qu’on ne s’est pas retrouvée dans la situation on ne peut pas savoir si on va aimer ou pas.

Mes 3 appréhensions majeures étaient :

-          Je n’arriverai pas à parler devant du monde

-          Je n’arriverai pas à répondre aux questions

-          Je n’arriverai pas à y arriver

Le jour J je me suis réveillée tout d’abord étonnée d’avoir bien dormie. Moi qui pensais passer une nuit blanche, stressée, et bien j’ai dormi comme un bébé. Petite parenthèse, je m’endors tous les soirs comme un bébé sous prozac, n’importe où je me trouve, de préférence au milieu d’un film passionnant et avec des témoins.

Je suis arrivée au boulot vers 9h détendue. Le cours débutant à 13 h, j’attendais en vain que le stress vienne me tordre les intestins. La matinée se passe. Rien. J’arrive même à me concentrer sur mes autres tâches. Le midi, l’appétit est bizarrement là et j’engloutis la totalité de mon tupperware micro-ondé.

12h40. Je vais dans la salle pour tester le matériel car on n’est jamais à l’abri d’un souci technique avec le projecteur et l’ordinateur. J’attends le trac. Toujours rien. Le premier entrepreneur/élève arrive, je salue, je dis bonjour et lui souhaite la bienvenue en souriant.

Je me retrouve en 15 minutes devant une classe pleine de 19 entrepreneurs prêts à écouter ma présentation.

Ma présentation parlons-en. Sous forme obligatoire de Powerpoint, que j’exècre, j’ai voulu en faire une présentation qui me ressemble, sans petits bonhomme blanc avec des ampoules éclairées sur la tête et sans termes powerpointients du genre : « Différenciation positionnelle ». J’ai essayé de ne pas trop en mettre de façon à privilégier l’oral et l’interaction.

Tout le monde est là, en face de moi, en train plus ou moins de se taire pour me laisser parler.

Et là je commence à parler.

À parler

À parler.

Aucun problème particulier d’élocution, si ce n’est un accent du sud plutôt prononcé face aux Québécois qui m’écoutent.

Je parle, j’écoute, j’interagis 3h durant et ma préoccupation principale sera de ne pas laisser ma sècheresse buccale faire apparaître 2 horribles paquets blanchâtres aux commissures de mes lèvres.

Voilà pour mes premières impressions (les autres vont vite arriver). J’ai bien sûr des progrès à faire comme apporter une bouteille d’eau, arriver à finir le cours, ne pas passer trop de temps avec les 2 ou 3 qui interagissent trop ou mieux gérer mes transitions « bon voilà, alors maintenant », mais dans l’ensemble c’est plutôt positif.

 


 

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Par La Brune - Publié dans : Cap sur Montréal
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Mardi 29 janvier 2013 2 29 /01 /Jan /2013 14:30

Demain, je vais donner mon premier cours.

Il y a quelques semaines de cela, un des directeurs de l’entreprise est rentré dans mon bureau : « j’ai besoin d’une personne pour monter et donner un cours sur les médias sociaux ». Étant la personne responsable des médias sociaux dans l’entreprise, qui adore ça, et qui aime bien transmettre ma vision de la chose, je me sentais étrangement visée par cette question. J’allais répondre un « Oh là non sûrement pas moi, par contre je connais une très bonne consultante externe qui… » et c’est alors que les mots « défi », « challenge », « ultimatum » « chômage » tournaient dans ma tête.

Je travaille dans une entreprise où l’on forme, coach et accompagne des centaines d’entrepreneurs que l’on encourage à se mouiller toujours plus, ce n’était pas le moment de faire ma frileuse, de renoncer.

« Bien sûr je peux le donner, ça me dit bien! »

Mon nez a grandi de 2 cm.

« Et puis le cours dure combien? 3h! À la suite? Ah mais c’est super! »

Mon nez commençait à toucher le mur du fond.

J’ai pas mal de copines profs ou instit. Je me suis toujours demandé pourquoi avoir choisi cette carrière. C’est vrai avec tous les métiers qui existent,pourquoi avoir choisi celui dont on a pu en observer les travers pendant toutes nos années de scolarité. Il faut être un peu kamikaze pour vouloir affronter une classe de boutonneux pré-pubert aux hormones bouillonnantes, des parents persuadés que leur enfant turbulent est un génie qui dort… On a tous été des élèves et on sait bien que la chose la moins intéressante dans une classe, c’est le prof. Ce qui est intéressant en revanche, c’est la copine d’à côté à qui on raconte notre passionnante soirée devant la télé jusqu’à 21 h 30, c’est le garçon que l’on aime en secret et que l’on préfèrerait boire de l’eau de javel que quelqu’un le sache, c’est les petits mots que l’on s’envoie sur des morceaux de papier chiffonnés.

Mais le vieux mal habillé devant le tableau noir qui essaie faire rentrer les verbes irréguliers…on s’en câlisse comme on dirait par ici.

Par chance, on limite les dégâts vu que pour le premier cours, ma collègue sera là pour assurer mes arrières, par exemple si je me mets en boule parce que l’on m’aura posé une question à laquelle je ne saurais répondre elle sera là pour me faire rouler en dehors de la classe et prendre la relève.

Je pense que je vais avoir beauuuuuuuucoup de chose à raconter si je survis à ça.

 

 

 

Par La Brune
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