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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 16:25

L’autre jour j’ai passé un entretien. Comme avant chaque rendez-vous je prends bien soin de potasser le site web de l’entreprise, de me renseigner sur les ressources et évènements clés. Je prends aussi le soin de me préparer dans les règles de l’art : je m’habille corporate-mais-pas-trop, j’enlève un à un l’intégralité des poils de chats roux incrustés dans les fibres de mes vêtements et je me mets du fond de teint afin d’avoir l’air assez photoshopée pour ne pas me poser de questions sur ma brillance, mes rougeurs ou mes éventuels boutons.

Mais rien ne m’avait préparé à ÇA.

« Alors maintenant on va passer au test de rédaction, les consignes sont écrites sur cette feuille ». C’est alors que mon interlocutrice me tend une feuille avec les consignes, une feuille vierge et … un stylo.

Je ne sais pas vous mais les rares fois où j’utilise un stylo c’est pour écrire en vitesse « pain, lait, PQ, détergent » sur un post it. J’ai toujours écrit « comme un mec » et étais admirative des filles ayant une belle écriture ronde. Tout le long de ma scolarité, j’ai essayé en vain de suivre les modes : un rond sur les « i » à la place du point, les « m » avec 3 ponts, puis avec 2 mais à chaque fois ça sonnait faux sur mes copies. Je me souviens à l’école primaire aborder avec angoisse les cours d’écriture. J’étais nulle au moment d’écrire en ligne des majuscules dans les règles de l’art. Souvenez-vous de la torture de la lettre « H » si basique et pourtant si compliqué quand on y colle des courbes de tous les côtés. Bref, je faisais partie des élèves pas appliqués qui dessinent dans les marges et soulignent à main levée.

Revenons dans le bureau de mon entretien.

Je regarde le stylo portant le logo de l’entreprise. Un simple trait sur la feuille m’a fait savoir que ce n’était pas le style de stylo qui écrit bien. Car oui, la science veut qu’il y ait des stylos avec lesquels on écrit mieux que d’autres et ce sont ceux que j’utilise en général pour pallier mon handicap.

Mais il fallait que je m’y mette car le temps commençait à filer. Je commence alors à rédiger mes textes selon les consignes, heureusement pour moi la feuille a des lignes, ce qui me permettra, au moins, de ne pas écrire comme une personne saôule. Je commence par écrire du mieux que je peux, puis ensuite je m’emballe dans mes idées et les couche, que dis-je, les écrase sur le papier. J’ai une particularité, en plus de celle d’écrire avec deux mains gauches : je forme mes lettres différemment selon qu’elles se trouvent au milieux ou à la fin du mot, aussi, selon les mots, parfois je lie les lettres entre elles parfois pas. Pourquoi? Aucune idée, ça vient comme ça. Je me pose vaguement la question si ce test sera soumis à un graphologue pour analyse de mon écriture et je frémis à l’idée de ce qu’il dirait « hum je pense que cette personne aime torturer des chatons sous les yeux des enfants. Elle a sûrement dû s’élever toute seule dans une casse automobile et elle ne sait pas si elle est un homme ou une femme ».

On verra si je suis rappelée pour un deuxième rendez-vous.

Le stylo
27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 14:49

Quel que soit le travail que j’ai fait, il y a toujours eu ce moment délicat où il fallait annoncer un prix aux clients. Inutile de vous dire que dans le processus de vente, c’est loin d’être mon moment préféré si je mesure les gouttes de sueur s’échappant de mon corps au moment de parler de chiffres avec le propriétaire du porte-monnaie en face de moi.

Tout le long de ma vie professionnelle, j’ai pourtant mis en place quelques techniques pour éviter de me sentir mal à l’aise. Pour vendre les fiches de cuisine par téléphone je mentionnais le prix à toute vitesse en toussotant dans le combiné pour que le client ne me raccroche pas (tout de suite) au nez. A la boutique de déco j’accompagnais les clientes dans les rayons en énonçant à haute voix, ET plusieurs fois le prix de chaque article choisi de façon à ce qu’elles aient la possibilité de faire un calcul mental et éviter de s’étrangler à la caisse lorsque j’aurais tout additionné à la machine.

Puis un jour tout a changé.

C’était à la boutique de collants où les prix pratiqués étaient bien au-delà de toute décence concernant un produit destiné à se filer au moindre éternuement. Au début je poussais des « haaaaaan » et des « ouuuuuch » dès que je découvrais un modèle dont le coût s’approchait de 4 heures de salaire. Un jour, la gérante, voyant sans doute le chiffre d’affaires de la boutique diminuer à chacun de mes cris, a pris le temps de me recadrer : « Jeune fille, il faut que vous assumiez les prix des choses que l’on vend, car il y a une clientèle pour qui ce prix n’a rien d’extravagant et qui est prête à payer ».

En d’autres termes, tout le monde n’était pas fille d’ouvriers comme moi et maintenant que je côtoyais le milieu BCBG du coin, il valait mieux que j’oublie mes considérations de prolétaire. C’est un des meilleurs conseils que l’on m’ait donné dans la vente : assume tes prix… et met-les en face de la bonne clientèle.

Ayant pu expérimenter d’être à mon compte pendant quelques mois, j’ai dû fixer mes prix. Ce savant dosage entre concurrence, compétence, marché et besoin de remplir son frigo n’est pas la partie la plus facile.

Il y a quelques mois, lors d’un rendez-vous professionnel comme pigiste, on m’a demandé sous quel taux horaire je n’étais pas prête à descendre. Je ne m’étais pas préparée à cette question. Je devais donc trouver là, en 30 secondes de brainstorming avec mon compte en banque quel rabais je comptais offrir sur mes compétences.

C’est un organisme, ils n’ont pas beaucoup d’argent… si je fais une toute petite ristourne ils vont sans doute me virer dehors à coups de pied au cul…. Si je fais un prix trop bas, ce sont les consultants comme moi qui vont me donner un coup de pied au cul… et ils sont plus nombreux ça va me faire plus mal… si je ne baisse pas les prix ils trouveront un pigeon qui va le faire… en même temps ai-je envie d’être CE pigeon ?... Un pigeon c’est un peu un rat volant non ? … C’est dans quel pays déjà qu’on mange les pigeons ?…

Puis, là j’ai fait erreur sur erreur : j’ai bafouillé, j’ai annoncé un rabais, on m’a bien évidemment contré avec un prix plus bas, j’ai marmonné un « mouais mais c’est bien loin de mon taux horaire vous savez » et j’ai clôturé avec un pathétique « je vais y penser ».

Bien évidemment ils ont choisi la personne qui proposait un taux horaire équivalent au mien mais divisé par 3.

Le juste prix
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 15:44

Il y a 3 mois j’ai eu l’opportunité de travailler en tant que pigiste quelques heures par semaines. Parfait pour remettre le pied à l’étrier et enlever mon pyjama 3 heures plus tôt que d’habitude. En plus j’allais apprendre quelque chose de nouveau : l’édition. Et en plus c’était pour une enseigne connue : MSN.

Quand je dis ça aux gens la première réaction est « ah mais ça existe encore! ». Alors oui, MSN existe encore, sauf que maintenant qu’on s’envoie des Émoticônes sur WhatsApp, MSN s’est reconverti en portail d’actualité. C’est celui où, quand tu te déconnectes de ton Hotmail (oui ça existe aussi toujours), tu peux savoir en un coup d’œil ce qu’a mangé Kim Kardashian la veille, savoir si vous êtes fait l’un pour l’autre et connaître les dernières bourdes de nos politiciens.

Et surtout : qui dit MSN dit Microsoft. Dans mes rêves les plus fous, j’aurais imaginé travailler chez Microsoft pour aller nettoyer les chiottes ou y servir le café. Mais je n’aurais jamais osé imaginer avoir un badge avec mon nom dessus et un bureau avec une manivelle qui sert à le monter pour bosser debout.

Lors de ma formation, on m’a emmené dans une cuisine remplie de réfrigérateurs et machines à café de toutes sortes. « Vas-y si tu as soif ou faim tu peux te servir ». Je me suis sentie comme dans ce fantasme où l’on resterait enfermé une nuit entière au supermarché. Moi qui avait travaillé, au mieux, dans des entreprises possédant une fontaine à eau et une bouilloire, j’étais aux anges.

Ça faisait presque 1 an et demi que je n’avais pas foulé la moquette d’un open space. En marchant le long des bureaux, j’entendais le cliquetis des souris et les blagues de mes futures collègues temporaires. Ça sentait bon l’air recyclé. Dehors, le bruit de la ville qui se lève tôt et qui n’en a rien à faire de mes élucubrations de jeune maman qui repart au combat. Rah que ça fait du bien!

J’ai très vite été intriguée par le fait de pouvoir travailler debout. Ça devait être bien de travailler debout, j’avais lu des articles hautement scientifiques sur la question comme quoi ça augmentait l’espérance de vie, ferait perdre du poids et règlerait tous les problèmes de l’univers. Lors de ma première journée, j’ai naturellement utilisé la manivelle. Chouic, chouic, chouic, chouic bon ça se lève tranquillement chouic chouic chouic chouic chouic chouic tain que ça? Chouic chouic chouic chouic chouic chouic j’ai mal au bras et au poignet, si j’arrête là, ça veut dire que soit je travaille les jambes tendues et le dos courbé, soit je travaille en squat et on doit me réanimer dans 10 minutes chouic chouic chouic chouic chouic…..

Le bureau était enfin à ma taille que j’avais déjà envie de m’asseoir. Mais je me donnais pour objectif 1 heure de travail dans cette position. Les premières minutes, j’étais plutôt contente et fière de prolonger mon espérance de vie. Au bout de 20 minutes, je regardais l’heure oh encore 40 minutes! Je commençais à faire le flamand rose et à m’appuyer un coup sur la jambe gauche, un coup sur la droite. Ouf, la moitié de fait! L’autre moitié consistait à plus me préoccuper de mon inconfort que de mes tâches professionnelles. J’imagine que c’est comme la course à pied, une fois que tu as dépassé le stade du plus jamais!!!, ça devient indispensable à ta journée.

A part ne pas augmenter mon espérance de vie, cette mission était parfaite pour découvrir un métier et me remettre dans le bain d’une ambiance de travail.

C'est peut-être un détail pour vous...
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 14:37

On ne revient pas sur le marché du travail après 9 mois de pause comme ça…

Pour m’aider à remettre le pied à l’étrier, j’ai dû d’étoffer mon CV avec de nouveaux éléments pour pallier le manque de fraîcheur professionnelle de ces derniers mois.

Tout d’abord, j’ai recommencé à conduire. Et croyez-moi, dans l’ordre de mes pires cauchemars, cela arrivait bien avant « lâcher un pet bruyant lors d’une réunion. » J’ai donc repris le volant de l’auto-école. Verdict : mécaniquement, aucun problème si on exclut le fait de se garer. Psychologiquement… si l’on pouvait enlever toutes les voitures en avant, en arrière et sur les côtés, je me sentirais mieux, mais en attendant je fais avec. Et surtout je peux apposer fièrement sur mon CV la mention « avec permis et véhicule ».

J’ai aussi enfin décidé de me prendre en main pour perfectionner mon anglais. J’ai eu besoin d’un gros déclic, celui d’arrêter d’avoir honte de parler anglais, d’avoir honte de « faire l’accent », d’avoir honte de se tromper, d’avoir honte de …… aaaaaaaaaaahhhhhh avoir honte de quoi que ce soit ne nous a jamais fait avancer nulle part. Donc j’ai arrêté d’avoir honte. Je parle aujourd’hui anglais comme un robot auquel on devrait changer les piles mais je comprends tout et je me fais comprendre à moitié. Et c’est déjà pas si mal.

Ensuite j’ai décidé d’apprendre Photoshop. Oh ça ne serait que moi, j’en serais restée à Paint mais disons que ce dernier constituait un atout majeur sur le CV en 1853.

J’ai aussi recommencé à travailler quelques heures par semaine dans un autre domaine. Il n’y a rien de tel pour renouer doucement avec le métro bondé le matin, l’ambiance de bureau et le tupperware du midi. J’en parlerai plus longuement la semaine prochaine.

J’ai un peu plus de problème avec la catégorie « centres d’intérêts ». Soyons honnête, mes centres d’intérêts principaux en ce moment en dehors de ma famille et mes amis sont « regarder 80% des séries qui existent » et « arpenter la salle de gym dans l’espoir de retrouver mon corps de jeune fille ». Pas de quoi donner la chair de poule aux chefs d’entreprises. Faudra que je me trouve des occupations plus exotiques du genre « reproduction de Pélicans en papier mâché » ou « équitation sur lac gelé ».

D'ailleurs si vous avez d'autres idées...

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 14:12

Que s’est-il passé en un an et des poussières? Tout d’abord j’ai changé des couches, 1 million peut-être. J’ai envoyé mes prétentions d’avant aux orties en peuplant mon salon de jouets en plastique bruyants et en cuisinant des purées à moitié bio.

J’ai fait le bruit du chien, du chat, et des multiples volailles qui peuplent les livres à toucher.

J’ai vérifié des dizaines de fois que la température de l’eau du bain soit entre 37 et 38. Sauf une fois. Je le regrette encore.

J’ai pris en photo un érythème fessier.

Je suis retombée dessus dans un bus bondé. Je l’ai effacé trop tard.

J’ai fait les pires requêtes de ma vie sur Google.

J’ai plusieurs fois retenu mon souffle quand le coin de la table se faisait trop proche ou la chute trop bruyante.

J’ai mélangé du yaourt avec du brocoli pour que « ça passe ».

Je suis entrée dans l’autre monde de la nuit et j’ai vu des heures du cadran que je ne voyais plus depuis mes dernières sorties en boîte de nuit au camping de Vias plage.

J’ai aspiré dans un nez avec ma propre bouche.

J’ai béni YouTube et ses heures de clips/comptines sous LSD.

Puis récemment, je me suis extirpé un peu de mon rôle de mère au foyer pour remettre le nez sur mon CV, les annonces et les opportunités. Si j’en crois le peu de réponse à mes démarches depuis le mois dernier, j’ai des soucis à me faire! Le monde professionnel ne s’est pas arrêté de tourner pendant mon absence. Les anciens débutants ont acquis de l’expérience et les plus aguerris ont continué à élargir leur réseau et leur réputation.

En 2016, je vous l’annonce, je reviens en force, tant dans mes recherches qu’ici (enfin bientôt sur Wordpress) avec mes petites histoires de job.

Et vous comment ça va?

"Ça fait combien?" "Pfffiou je sais pas moi... 1 an?"
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 13:24

« C’est prévu pour quand ? »

C’est fort étrange de répondre à cette question par « la semaine prochaine ».

La semaine prochaine j’embraye sur le boulot le plus connu, celui occupé par le plus de monde, toutes classes sociales confondues, le moins bien rémunéré et sans congé : celui de parent.
Est-ce que je suis prête ?

Matériellement oui.

Psychologiquement…

Je me console en me disant que j’ai commencé des tas de boulots sans savoir exactement de quoi il retournait. J’ai été téléopératrice en étant terrorisée par le téléphone, vendeuse sans avoir la moindre notion commerciale, chargée SEO sans savoir ce qu’était un « page rank » ou un « linkbaiting ». Chaque fois, on m’a fait confiance et surtout on m’a offert une formation plus ou moins longue afin de pallier mes lacunes.

Et des lacunes pour ce nouveau travail, j’en ai en masse. J’ai bien eu des petits frères et une nièce comme modèle mais il faut savoir qu’à la base, je ne suis pas le genre de personne qui se jette sur les êtres humains de moins de 5 ans. Et si on m’en met un dans les bras, je deviens raide comme un piquet regardant la chose se tortillonner pour me donner toutes les difficultés à ne pas la faire tomber à terre. Puis j’attends alors qu’elle pleure, ce qui arrive à toutes personnes se retrouvant aux prises avec un être raide et stressé.

C’est bien pour ça que sur mon CV il n’y a aucune expérience comme baby sitter et que mon seul entretien en la matière s’est soldé par un échec.

Pendant ces 9 mois, j’ai donc tenté de me former à sa fabrication et à en prendre soin. Comme toutes les futures mamans, j’ai été quelques fois lire des horreurs sur des forums où  l’on parle avec des termes étranges comme « BB1 » et « gygy » (traduire en langage normal « premier enfant » et « le médecin qui me suit pendant ma grossesse »). Puis j’ai arrêté de les lire assez rapidement, la fois où une des participantes s’est mise à décrire la texture de la substance qui tapissait le fond de sa culotte en demandant à la populace « A votre avis C normal ? Lol ».
J’en frémis encore.

Ensuite, j’ai essayé les blogues  triés sur le volet et les livres spécialisés recommandés par mon entourage. Au final, les conseils se contredisent selon l’époque ou le pays où ils sont écrits. Le seul conseil que l’on peut en retirer si on lit entre les lignes : tous les mouflets sont différents.

Mon copain et moi-même n’avons pas eu envie de suivre les cours prénataux de groupe offerts au centre de notre quartier. Lui parce qu’il est traumatisé par cette image dans les films où les couples sont assis par terre à faire la respiration du petit chien en changeant les couches d’une poupée en plastique. Moi parce que je pensais ne rien apprendre de majeur au niveau de la théorie par rapport à toutes les lectures que j’avais faites.

C’est la pratique qui me manque. Alors pour me former, je regarde des  vidéos tutoriels, ce qui fait que mon historique YouTube trouve sa place entre celui de l’apprentie puéricultrice et de celui l’apprenti pédophile : « Donner le bain à un bébé », « nettoyer le nez d’un bébé », « érythème fessier »… et autres réjouissances qui ne me sauveront pas du ridicule mais qui m’éviteront peut-être d’appeler mes copines mamans en panique.

De toutes manières, comme dans tous mes boulots, les premiers jours seront un peu comme des OVNIS, comme dans tous mes boulots, au début, je tâtonnerai, ferai quelques erreurs, me remettrai en question puis rapidement je prendrai mes marques, m’intégrant rapidement et prenant le tout trop à cœur.

Le plus gros boulot de ma vie je sens.

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 13:21

Et maintenant ?

C’est ce que je me suis dit tout de suite après m’être retrouvée dans la rue, 30 minutes après avoir appris que je devais « crisser mon camp » comme on dit ici.

Les yeux rouges, le nez écarlate, le mouchoir en papier trop mouillé et transpercé à maintes reprises par mes doigts, je saisi mon téléphone.

Première étape : prévenir mon copain. Il est à plus de 6000 kilomètres en ce moment et je ne pourrai pas morver sur son épaule en rentrant.

Message texte : « je suis virée et ce n’est pas une blague ».  (Car, oui, ironiquement nous étions le 1er avril)

Il m’appelle et éponge mes pleurs au téléphone.

Et maintenant ?

J’avais prévu d’aller à la salle de sport après le travail. J’ai mes affaires dans mon sac, aller courir sur un tapis me fera peut-être du bien. Je débarque dans les vestiaires, à 15h. Peu de monde, juste 3 retraitées sortant de la piscine, 1 étudiante en première année si j’en crois l’absence de cellulite et la femme de ménage.

Je me rends à la salle et monte sur le tapis roulant, vitesse 8.0. Direct. Sans passer par l’échauffement avec ma marche rapide habituelle à 6.5. Je monte la vitesse sur le tapis à 9.0. Mes foulées s’accélèrent, je ne vais jamais aussi vite. Un instant j’oublie mon sort, me rends compte que je n’ai pas fait de double nœuds à mes lacets et me concentre sur les conséquences d’une chute éventuelle à cette vitesse. Est-ce que mes dents viendraient cogner le tableau de bord ou bien le tapis va tellement vite que je me retrouverais le dos projeté contre le vélo stationnaire derrière ?

J’arrête le tapis et vais me rhabiller. Je sors de la salle de sport 8 minutes après y être rentrée.

Et maintenant ?

Je retrouve une amie à la sortie de son travail. Du trajet du bus jusqu’à ce que l’on se sépare, je répète en boucle l’évènement. Sans pleurer. C’est un premier soulagement. On est sur la bonne voie.

Et maintenant ?

Quelques anciennes adorables collègues me ramènent mes affaires. Et m’offrent une boîte de macarons. Et m’invitent au resto. Et font traîner le départ en discutant à côté de la voiture, les portières ouvertes, à une heure tardive. Elles vont me manquer.

Et maintenant ?

J’ai ressassé l’histoire avec la moitié de la ville pendant 3 jours.

Et maintenant ?

Mon copain rentre enfin. Il achète des billets pour Las Vegas et San Francisco afin de me changer les idées. « On part, tu réfléchiras après » me dit-il. Je ne le changerai pour rien au monde.

Et maintenant ?

De retour de voyage, je réfléchis. Quoi faire maintenant ? Rechercher un nouvel emploi va être compliqué. En effet, 3 jours avant de perdre mon emploi j’ai appris une belle nouvelle. Qui a rendu la chose à la fois plus dure et plus facile. Une nouvelle qui viendra balayer toutes les autres mauvaises nouvelles de l'année.

Je suis enceinte.

Sauf qu'avec le congé parental pouvant atteindre 52 semaines ici, je présume que personne ne voudra m’embaucher.

Et maintenant ?

Je décide alors de me mettre à mon compte. Est-ce que c’est le bon moment ? Probablement pas, mais si on attend que les planètes soient parfaitement alignées on ne ferait jamais d’enfant ni ne prendrions jamais de décisions difficiles.

Alors maintenant? Je vais faire un petit séjour en dehors de ma zone de confort!

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 13:26

« Tu peux venir dans mon bureau s’il te plait ? ». Le ton enjoué de la personne des RH me demande de venir la voir. Peut-être est-ce pour m’aider à préparer ma rencontre d’évaluation de jeudi prochain. J’étais justement en train de compiler mes stats, j’ai quelques questions à lui poser.

J’arrive dans le bureau où je la retrouve elle… et le directeur général. Une lettre fait face au 3eme siège vide. Le temps de m’asseoir j’entrevois les mots « abolition de poste » et « restructuration » qui ressortent en gras.

Aïe.

Le directeur débute ses 5 minutes de figuration en commençant la lecture de la copie qu’il a dans ses mains. Je le coupe d’un geste de la main. J’ai l’impression d’être un malfaiteur à qui on lit ses droits. « Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que… »  Eh! J’ai pas envie de garder le silence. Sauf que je n’arrive pas à parler.

Je mets à contribution les muscles de ma gorge pour qu’ils écrabouillent cette boule qui empêche les sons de sortir, je prie mes yeux de garder les vannes fermées, il y aura un tas d’autres raisons dans la vie pour qu’ils se lâchent, je demande à mes lèvres de cesser ce mouvement de tremblotement ridicule. La RH, quant à elle, a la main prête à dégainer la boîte de Kleenex spécial mauvaises nouvelles. Pleurera ? Pleurera pas ?

J’aimerais être de celle qui d’un coup renverse la table et la chaise en gueulant. « Non mais vous vous foutez de moi ? Là comme ça sans préavis ! Sans explication ! Alors que vous êtes en train de recruter une nouvelle personne pour l’équipe ? »

Mais non je suis de celles qui piochent dans les Kleenex que lui tend la RH.

« On a des sacs ou des boîtes en cartons si tu veux »

Quoi ? Qu’est-ce qu’elle raconte ? Tu penses qu’un sac ou un carton va me consoler ? Est-ce j’ai l’air d’être un chat ?

Et puis j’ai lu entre les lignes : tu prends tes affaires et tu te tires.

Comme dans les films américains où l’employé déchu décroche son tableau, ramasse sa plante verte, met tout ça dans une boite en carton avant de se diriger, la tête basse, vers sa Dodge garée sur le parking.

Sauf que moi j’ai 4 paires de chaussures dont 2 bottes, une tasse, des tas de papiers, des baumes à lèvres, du thé, 150 000 Tupperware et que je suis en métro. Désolée mais je n'ai pas prévu le coup. A l’européenne.

  a l americaine

 

Ça s’est fini comme ça. J’ai pris mon manteau et je suis partie. Mes fabuleuses ex-collègues ont finalement pris mes affaires et me les ont apportées le soir.

Comment je me sens ? Comme si j’avais passé toute la soirée avec un beau mec sympa à danser, à discuter et à m’amuser et qu’à la fin de celle-ci, il m’aurait dégueulé sur les chaussures.

Sauf que la soirée a en fait duré plus de 2 ans.

Allez, utilisons un concept appris dans mes études de cinéma, la catharsis, avec le visionnage de la première scène de Up in the air.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 10:17

Ils sont là. Il y a 5 ans, je ne les voyais pas pointer le bout de leur nez, ils n’arrivaient pas encore à m’atteindre, devant étoffer leurs CV à coup de stage non rémunérés et d’année sabbatique pour apprendre l’anglais.

Mais ça fait deux ans qu’ils sont là. Humbles, ils commencent par des petits contrats, des postes en dessous de leurs ambitions mais ils te toisent avec leur jeunesse, et leurs yeux qui ne connaissent pas les cernes te lancent un regard qui en dit long sur qui sera le boss de qui dans quelques années.

Ils ont l’âge de nos neveux, sortent de l'université et sont bourrés d’ambition. La relève.

Ils percent le marché avec leurs CV créatifs. Wo… Wor quoi? Word? C’est sooooooooo 2000. Une génération qui a eu un ordinateur avant d’avoir ses premiers poils sous les bras ne fait pas les mêmes CV que celle qui devait se rendre dans des cyber-cafés et appelait sans arrêt à l’aide ce bon vieux Trombi. (Si tu ne sais pas qui est Trombi, c’est que tu es le sujet de ce post, ou que tu es le grand-parent du sujet de ce post. Dans les 2 cas, bienvenue).

Leur CV, en plus d’être plus design et plus hot, sont aussi mieux garnis. Tout d’abord les formations. On a inventé des nouvelles formations adaptées au marché du travail avec un nom qui pourraient inspirer George Lucas s’il se décidait à faire Star Wars 7-8 et 9 « Bachelor Management des dispositifs de communication branding et ROI » ou encore « Bachelor Community management & contents» (plus de noms barbares ici).

Je me suis retrouvée l’autre fois à parler de web avec un jeune de 24 ans, chacun de ses anglicismes et théories appris en cour étaient des coups d’épée à mon autodidactisme de l’époque.

Mais encore plus dangereuses que les formations, ce qui fait le plus mal ce sont les expériences professionnelles.  «Après un voyage ressourçant de 3 mois en Inde  je suis allée aider à bâtir une école au Sri Lanka, puis j’ai rencontré un Argentin qui m’a embauché 6 mois pour l’accompagner dans son entreprise de cyclotourisme en Mongolie. »

À ton âge, moi je partais à Dublin pour le week-end et le défi était de savoir qui boirait le plus de pintes de bière par jour (le record est de 11. Bravo JC).

Hormis leur CV étoffé, et parfois leur insoutenable beauté juvénile qui agace forcement, ils ont d’autres qualités les bougres. Leur nouveauté sur le marché du travail leur confère un enthousiasme pétillant qui jure avec l’air désabusé de leurs aînés et leur intégration du mot «syndicat» 3 fois par phrases.

Trop jeune pour être une vieille de la vieille.

 

trombi.jpg

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 12:28

J’ai donné mes 3 premiers cours "Faire son marketing sur les médias sociaux". Vu que je ne suis pas en train d’écrire d’outre-tombe ça veut dire que ça s’est plutôt bien passé.

Ce qui est bizarre, c’est que mes doutes, mes stress et mes facilités ne venaient pas du tout de là où je pensais. Comme quoi tant qu’on ne s’est pas retrouvée dans la situation on ne peut pas savoir si on va aimer ou pas.

Mes 3 appréhensions majeures étaient :

-          Je n’arriverai pas à parler devant du monde

-          Je n’arriverai pas à répondre aux questions

-          Je n’arriverai pas à y arriver

Le jour J je me suis réveillée tout d’abord étonnée d’avoir bien dormie. Moi qui pensais passer une nuit blanche, stressée, et bien j’ai dormi comme un bébé. Petite parenthèse, je m’endors tous les soirs comme un bébé sous prozac, n’importe où je me trouve, de préférence au milieu d’un film passionnant et avec des témoins.

Je suis arrivée au boulot vers 9h détendue. Le cours débutant à 13 h, j’attendais en vain que le stress vienne me tordre les intestins. La matinée se passe. Rien. J’arrive même à me concentrer sur mes autres tâches. Le midi, l’appétit est bizarrement là et j’engloutis la totalité de mon tupperware micro-ondé.

12h40. Je vais dans la salle pour tester le matériel car on n’est jamais à l’abri d’un souci technique avec le projecteur et l’ordinateur. J’attends le trac. Toujours rien. Le premier entrepreneur/élève arrive, je salue, je dis bonjour et lui souhaite la bienvenue en souriant.

Je me retrouve en 15 minutes devant une classe pleine de 19 entrepreneurs prêts à écouter ma présentation.

Ma présentation parlons-en. Sous forme obligatoire de Powerpoint, que j’exècre, j’ai voulu en faire une présentation qui me ressemble, sans petits bonhomme blanc avec des ampoules éclairées sur la tête et sans termes powerpointients du genre : « Différenciation positionnelle ». J’ai essayé de ne pas trop en mettre de façon à privilégier l’oral et l’interaction.

Tout le monde est là, en face de moi, en train plus ou moins de se taire pour me laisser parler.

Et là je commence à parler.

À parler

À parler.

Aucun problème particulier d’élocution, si ce n’est un accent du sud plutôt prononcé face aux Québécois qui m’écoutent.

Je parle, j’écoute, j’interagis 3h durant et ma préoccupation principale sera de ne pas laisser ma sècheresse buccale faire apparaître 2 horribles paquets blanchâtres aux commissures de mes lèvres.

Voilà pour mes premières impressions (les autres vont vite arriver). J’ai bien sûr des progrès à faire comme apporter une bouteille d’eau, arriver à finir le cours, ne pas passer trop de temps avec les 2 ou 3 qui interagissent trop ou mieux gérer mes transitions « bon voilà, alors maintenant », mais dans l’ensemble c’est plutôt positif.

 


 

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