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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 22:20

Il y a plusieurs facteurs qui nous font penser que l’on va passer de bonnes fêtes. On peut avoir pris un médicament miracle qui vient d’être inventé et qui absorberait toutes les graisses et nous permettrait de nous goinfrer comme bon nous semble. Il peut aussi y avoir des amis qui débarquent à Montréal ou bien on a trouvé du travail et on débute au mois de janvier.

Si le médicament miracle avait été inventé j’aurais fait carton plein comme on dit au loto de l’école par chez moi entre deux batailles de grain de maïs.

Car j’ai trouvé du boulot ! Deux boulots. Et pas représentante en Viagra le jour et hôtesse dans un bar glauque la nuit. Non. Responsable des médias sociaux. Les deux.

Il y a 3 semaines j’ai été rappelée suite à ma candidature à deux annonces. J’ai passé les deux entretiens et le fait de savoir que l’on avait sélectionné mon CV dans les finalistes sur près de 150 candidatures me remplissait déjà d’un bonheur intense. Après une longue traversée du désert de 4 mois à poser des CV jusque dans les souterrains des centres commerciaux j’avais besoin d’une bonne nouvelle. D’une lueur d’espoir qui puisse me faire espérer une embauche en 2012 et qui me permettrait de rester à Montréal.

Inutile de préciser que mon brun, qui s’est auto-rebaptisé le FNI (Fond Nicolien International) avait lui aussi besoin d’une bonne nouvelle.

J’ai passé les entretiens en étant moi-même, confiante dans mes compétences. C’est la première fois que je passais un entretien pour un job qui me tienne à cœur et pour lequel je n’étais pas complètement novice. Enfin jusqu’à ce que l’on me pose une question en anglais.  Je me suis sentie changer de couleur, rougissant jusqu’aux oreilles et prête à me saborder mais non sans tenter le tout pour le tout. « My english is not fluent but I can learn very quickly ». Unique réponse possible à toute question qui me serait posée en anglais et phrase que j’ai apprise par cœur avec “Two Vodka Cranberry please” mais qui s’est révélé hors de propos dans cette situation.

J’ai été prise aux deux jobs. Et j’ai même eu le luxe de choisir.

A partir du 4 janvier, je serai donc responsable des médias sociaux dans une entreprise qui accompagne les entrepreneurs. J’ai déjà fait la même chose pour un client quand je travaillais à l’agence mais là je vais le faire temps plein avec bien plus de moyen donc je suis globalement… surexcitée.

Et puis surtout je vais ENFIN pouvoir réécrire sur le blog car en recherche d’emploi je me sentais un peu coincée.

Alors Bonne Fêtes à tous, buvez du champagne à ma santé et goinfrez-vous de foie gras car vu le prix ici, ce sera pour moi pétillant à la pêche et pâté de campagne.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 14:58


- Bonjour c’est la responsable de la boutique de décoration où vous êtes venue passer un entretien, vous êtes toujours prête à venir travailler avec nous ?
- …
- Allo ?

Je n’étais pas apte à prendre une décision, je venais de me lever, j’avais mal à la tête, froid aux pieds, je n’avais pas encore bu mon café. Je me suis mise en mode automatique :

- Je vais devoir décliner votre offre mais j’attends des réponses et je ne veux pas m’engager avec vous si jamais je trouve un travail dans mon domaine.

Waow, pour un mode automatique, je trouvais ma réponse carrément honnête et responsable. Mon interlocutrice aussi vu qu’elle raccrocha sans insister. Je me dirigeais à la cuisine, remplis la cafetière d’eau jusqu’au niveau 4 pour avoir deux tasses, mis un filtre, le remplis de café au pif, appuyai sur le bouton…

…Non mais je venais pas de refuser un job là ?

Je défie quiconque de prendre une décision professionnelle sereine en pyjama. Je restais debout un moment, écoutant le gargouillis de la cafetière, prête à me renverser le café brulant dessus pour me punir. Mais n’oublions pas que nous sommes en Amérique, que si je vais chez le docteur, je suis bonne pour vendre un rein, donc on va éviter. Puis (il s’en passe des choses dans ma tête le matin) je me suis fait mon procès avec moi dans le rôle de l’accusé, de la plaignante, des avocats respectifs et du juge.

- J’ai bien fait de refuser ce travail à 9 dollars et des poussières par heure. Soit moins de 7 euros par heure ! A ce tarif là je peux, OU profiter de ma jeunesse à Montréal, OU bouffer, OU payer mon loyer et mon téléphone.
- Oui mais 9 dollars et des poussières de l’heure ça vaut mieux que 0 dollars de l’heure, c’est simple c’est des maths.
- Une boutique, j’en trouverai d’autres avec tous les CV que j’ai laissés.
- Oui mais mon portable est étonnamment silencieux. Au fait je ne me souviens même plus du code de ma carte bleu tellement cela fait longtemps que je ne l’ai pas composé… je vais peut-être la rappeler.
- Non je la rappelle pas.  J’auto-proclame que je vaux plus.

Est-ce que j’ai pris une bonne décision ? Probablement que non. Bref je venais de refuser un job.

(Oui c’est facile comme chute).

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:30

Il s’en est passé des choses en deux semaines.

Tout d’abord j’ai eu 29 ans. L’âge auquel j’arrêterai de dire mon âge.

Puis j’ai passé un entretien dans une boutique. Étonnamment, je me suis montrée réellement motivée, acceptant de mettre mon ambition au vestiaire le temps de renflouer mon compte de 9.65 dollars par heure. J’ai préféré ne pas faire la conversion en euro pour ma tranquillité d’esprit. Je n’ai évidemment pas été rappelée ce qui me pousse à croire que je serais atteinte d’un syndrome Gilles de la Tourette qui me ferait faire des gestes obscènes et caler un gros-mot au milieu d’une phrase banale. Si je dis « Oui ‘culé, je suis disponible toutes les fins de semaine et les soirs de semaine tête de bite » je comprendrais de ne pas être rappelée. Mais sinon, non, je ne vois pas.

J’ai travaillé. Oui j’ai travaillé. Grâce à une amie québécoise qui a donné mon numéro à une employeuse en détresse. Ça a commencé comme j’aime :


-    Bonjour, vous êtes disponible et vous savez travailler sur Mac ?
-    Je suis disponible et je crois savoir travailler sur Mac.
-    Commencer demain ne vous dérange pas ?
-    Je peux venir dans 1h si vous voulez.
-    OK.

Sans CV, sans entretien. J’ai travaillé 15 jours dans le secteur culturel. Un peu comme assistante administrative et un peu à la production d’un tournage dvd. Ça s’est super bien passé, c’était passionnant et ça m’a prouvé que je n’étais pas une mauvaise assistante, bien au contraire.

A bon entendeur…

J’ai commencé à me constituer mon réseau aussi. Gentiment mais sûrement.

Puis il a neigé aussi. Bien 10 cm. Le genre de chose qui m’a fait prendre conscience que mes gants ne sont pas assez chaud, mes chaussures pas assez étanche et mes pantalons n’en parlons même pas.

C’était deux bonnes semaines.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 19:56

Je viens de déposer une vague de CV dans des boutiques. « Bonjour je venais voir si vous auriez besoin de renfort pour les fêtes ». Jamais je n’aurais pensé prononcer à nouveau cette phrase. Mais rien n’est acquis ma p’tite dame !

Surtout quand la situation est grave.

J’ai même déposé des CV dans des centres commerciaux où ne passe pas la lumière du jour, c’est dire si la situation financière est grave. Très grave.

Le plus tragique c’est que personne ne m’a rappelé. J’avoue que j’en suis à me demander où est la caméra. J’ai bien vérifié que je n’avais pas inversé 2 chiffres dans mon numéro de téléphone, que je n’avais pas intégré de gros mots ou de fautes à mon CV. Tout est correct.

Je vous laisse imaginer dans quel état mental je me trouve actuellement. J’envisage de laisser un CV dans un fast food pour le bonheur de me faire rappeler.

Mais j’ai peur que là non plus on ne me rappelle pas.

J’ai la sensation d’être terriblement transparente. Je n’avais pas connu cette situation depuis le lycée où j’avais une coupe à la Chuck Norris et des grosses lunettes en écailles.

Alors en ce moment j’écoute la Compagnie Créole car sans dec, il est impossible de déprimer sur la Compagnie Créole non ?

 

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 21:45


En ce moment je suis très « Putain pourquoi ? »

Putain pourquoi j’ai ENCORE pris un plat que je ne connaissais pas au resto asiatique ? ( Ndlr : poulet à la citronnelle qui pourrait être appelé poulet anti-moustique)

Putain pourquoi j’ai enlevé la touche espace de mon ordinateur pour enlever les miettes de pain en dessous ?

Putain pourquoi je continue à manger des morceaux de pain au-dessus de mon clavier ?

Putain pourquoi j’ai foiré cet entretien d’embauche ?

Il y a quelques temps alors que je faisais du bourrage d’imprimante à mon ancien boulot j’ai été rappelée pour un poste de chargée de communication. Mais je ne savais plus pour quoi ni pour qui. J’ai eu beau chercher dans mes mails avec ce que j’avais compris du nom de l’interlocutrice mais rien. J’avais probablement postulé en ligne. J’ai fouillé Google de fond en comble avec le nom de l’université (car l’entretien avait lieu à l’université) mais rien. L’annonce n’était plus en ligne.

Je me suis donc présentée le jour de l’entretien sans trop savoir à quoi je postulais. Très pro quoi. Ils étaient 3 à faire passer l’entretien, j’aurais 3 fois plus l’air con.

« Vous connaissez un peu notre association ? »
Bon, déjà c'était pour une association. A défaut de jouer sur le professionnalisme j’allais tout miser sur l’intégrité.
« Non à vrai dire je n’ai pas retrouvé l’annonce pour le poste donc je suis honnête, je n’ai pas pu me renseigner avant de venir. »

Là je les ai tous vu écrire sur leurs papiers. Très vite, genre 3 lettres de type « WTF » ou « LOL ».

Ca commençait bien.

Ils m’expliquèrent en quoi consistait l’asso et là d’un coup sans prévenir un d’entre eux me pose une question que je n’ai pas comprise. Elle commençait par « Avez-vous lu des livres d’auteurs français » et finissez par « rébellion » ? Elle arrivait à point nommé pour achever de me mettre à l’aise. Une rapide réflexion pour trouver les mots manquants et j'obtiens : « Avez-vous lu des livres d’auteurs français qui ont écrit sur la rébellion ? ». Je voyais pas trop ce que ca venait faire là, genre maintenant mais bon.

Au lieu de faire répéter j’ai préféré répondre un « non » anti-débat. Silence de mort. Nouvelle vague de 3 lettres.

Alors que je sentais le stress m’envahir et mes aisselles s’humidifier, je me suis calmée en pensant que j’avais déjà un job et que de toute manière je n’étais pas en train de jouer ma carrière sur un poste me correspondant plus et mieux payé.

J’ai donc passé le reste de l’entretien détendue du slip, à répondre aux questions avec désinvolture.

Ça passe ou ça casse.

Évidemment ca a cassé.

Et maintenant je me mords les doigts d'avoir pris ca à la légère...

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 13:25

Il y a un truc auquel je n’ai pas pensé en quittant Toulouse pour Montréal, c’est qu’en plus de quitter, amis, famille, travail, je quittais aussi mon réseau.

Le réseau c’est comme la cellulite : je n’aurais jamais pensé en avoir. Et puis tout arrive, un jour on prend de l’âge et on se réveille un matin, on se regarde dans le miroir et on se dit : j’ai un réseau. Sauf que dans un des deux cas on a beau traverser l’atlantique on l’emporte avec soi.

Et on laisse l’autre dans le Sud-Ouest.

J’ai mis 3 ans à me constituer le mien. A mon arrivée à Toulouse, j’étais vendeuse, sans amis, sans sou, sans rien. Mais j’avais un souhait : je voulais travailler dans le web. J’allais alors dans les soirées geek. Je ne savais pas trop ce que je pouvais apporter mais j’étais motivée. Ca a pris du temps car, je passais la moitié des soirées, mortifiée, collée aux basques de mon mec à rire aux blagues que je ne comprenais pas. Je ne savais pas ce que je faisais là et je me sentais vraiment minable. Puis au bout de quelques soirées, j’ai pris mon courage à deux mains, courage souvent symbolisé par un verre de vin, et j’ai parlé avec les personnes qui m’avaient l’air sympa. Je faisais un peu d’humour et j’arrivais à caler que je chercher un job dans le web entre une vanne et une anecdote dévalorisante à mon sujet.

Toujours est-il est que en l’espace de quelques soirées tout le monde était au courant que je cherchais un job dans le web, que j’avais un compte twitter et que j’avais un penchant pour le rouge.

C’était le bon temps ou je ne restais pas au chômage plus de deux semaines.

Ici personne ne m’attend, et ça fait un peu peur. Ça fait plus d’un mois que je recherche un job, que j’ai envoyé des candidatures spontanées, répondu à des annonces, relancé tout le monde et rien.

Je l’annonce : c’est la dernière semaine où je recherche un job dans mes cordes avant de retourner dans les petits boulots.

Parce qu’il faut bien que je bouffe aussi.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 17:39

Qui est-ce qui a deux fois par semaine des infimes particules de crottes de chats sur le pantalon, qui a deux pouces et qui est contente ?

C’est moi.

Car depuis un mois, je fais du bénévolat à l’entretien d’un refuge pour animaux. Pour chats plus précisément. Après cet article et vos commentaires encourageants, je ne pouvais que retirer mes doigts du clavier pour agir.

Je suis donc une femme à chats. On peut être une femme à chats sexy ET jeune ET modeste.

Faire l’entretien dans un refuge pour animaux c’est tout d’abord caresser des dizaines de chats, faire des projets d’adoption massive et de déménagement en campagne, c’est insulter mentalement les anciens propriétaires lunatiques, c’est fondre pour celui-là, et celui-là et c’est retenir ses larmes pour celui-là.

C’est aussi faire faire la chercheuse d’or au-dessus de dizaines de litières.

Mais le caca de chat ça pue pas. Presque pas. Si on se bouche le nez.

Les autres volontaires sont des personnes de mon espèce, qui parlent aigu quand ils s’adressent aux animaux et qui en ont plusieurs à la maison. Je pensais friser l’hystérie en emmenant mes chats au Canada mais certains en ont 6, 7 ou même 100 comme la personne qui a créé ce refuge. Le refuge en comporte environ 250.

Vous voulez pas redonner une deuxième vie à un adorable griffu castré et testé ?

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 14:09

Cette semaine il s’est passé quelque chose d’assez inattendu : je me suis réconciliée avec les agences d’intérim.

Après cette expérience, je m’étais pourtant juré que l’on ne m’y reprendrait pas, ça non. Mais j’ai une amie, puis une deuxième et une troisième qui ont été convoquées par la même agence alors j’ai mis ma rancœur de côté et j’ai postulé pour une offre parue sur leur site.

Et j’ai été rappelée 5 jours après.

Du jamais vu, là où en France on n’est appelé par une agence d’intérim que pour en réparer l’imprimante ou y laver les vitres.

J’exagère à peine.

Une différence avec nos chères agences d’intérim : ici, on les appelle « agence de placement », ce qui fait tout de suite moins temporaire.

Je me suis rendue à mon rendez-vous toujours aussi septique qu’avec un premier verre de vodka après une soirée arrosée. Je rentre dans un joli bureau où une gentille réceptionniste m’invite à ranger mon manteau au vestiaire. Déjà je sais qu’on ne va pas me dégager dans 5 minutes et que l’on cherche à me mettre à l’aise. Puis je regarde autour de moi et là je me rends compte que j’ai affaire à un vrai bureau et pas un bureau en carton-pâte avec des cloisons grisâtres. Non, un local élégant avec des bureaux dedans pour recevoir les gens en toute confidentialité. Pas de présentoir de brochures aux gens souriants qui ne seront jamais lues ; pas d’affichettes imprimées en comic sans ms où l’on recherche une secrétaire d’urgence et qui jure avec les refus téléphonique ; pas de « inscrivez-vous d’abord sur le site internet ».

On me donne un papier à remplir. Normal. Puis on me dit que l’on va bientôt me recevoir. Anormal. J’avais l’impression d’être dans Super Mario 3 quand on comprend que l’on peut voler par-dessus le monde et que l’on passe au monde suivant.

Là une personne douce et souriante m’invite dans son bureau avec mon CV sous le bras. Vu la façon dont elle me parle on sent qu’elle a lu ou alors elle est terriblement perspicace. Elle me demande ce que je recherche, me fait parler, et là elle me dit la phrase que je n’aurais jamais osé espérer entendre : « On va tout faire pour vous placer ».

J’en avais la chair de poule.

Puis on m’a fait passer des tests pour savoir ce que je vaux. Devant les tests Powerpoint et Excel je me suis souvenu avec nostalgie du test en agence intérim où on me demandait en mise en situation de travail dans un fast food, si on se lavait les mains avant ou après être allé aux toilettes.

Avant. Quelle question.

Je suis repartie de là avec la conviction que grâce à eux, j’allais trouver du travail.



 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:46

Si il y a une chose que j’ai toujours refusé d’écouter en venant m’installer à Montréal c’est qu’il fallait savoir parler anglais.  Montréal a beau être au Québec, ça n’en reste pas moins une grande ville canadienne et bilingue.

En arrivant, j’ai eu des sueurs froides en constatant que toutes les offres d’emplois contenaient une ligne écrite en gras et en majuscules : BILINGUISME OBLIGATOIRE .

Alors j’ai pris des cours d’anglais.

Lors de l’évaluation, je me suis débrouillée comme une chef, remplissant ma feuille en décrivant les situations dessinées ou des employés de bureau faisaient des trucs d’employés de bureau. Je ne me suis pas lancée dans de grande explication mais expliquer que la femme blonde habillée avec une jupe travaillait devant son ordinateur était déjà un bon début.

Puis ensuite vient le moment où l’on m’a évalué à l’oral.

La connexion entre mon cerveau et mes lèvres était parasitée, j’étais incapable de prononcer, conjuguer, sortir une phrase correcte sans y intégrer au minimum, un mot en français, un mot en espagnol et un long blanc.

« Vous passerez au niveau 2. »

Je n’osais demander à la personne de combien de niveau disposait les cours ayant trop peur de m’entendre répondre 18 ou pire 182.

J’ai assisté à 4 cours, avant de laisser tomber la chose pour occuper un emploi de secrétaire pour lequel je serais virée un mois après.

Je n’ai donc pas appris grand-chose.

Pourtant je n’ai pas toujours était médiocre. Quand j’étais à peine réglée j’étais fan d’un ou deux groupes de boys band (vous oublierez cette phrase tout de suite après l’avoir lue) et je traduisais leur chanson à l’aide de mon dictionnaire pour voir si elles ne cachaient pas un message d’amour qui m’était destiné. A moins de pouvoir me targuer d’être l’unique ado plate et timide que l’on appelait « baby » je n’ai vu aucune demande en mariage me concernant.

J’ai pu réutiliser tout le vocabulaire appris dans ces chansons le jour où je suis sorti avec un américain en vacances. C’est déjà ça.

A moins de travailler pour un téléphone rose, les mots que je connais ne me serviront pas à grand-chose. Il faudrait que je trouve une entreprise bilingue qui accepte que je me fasse greffer un dictionnaire à la place de l’avant-bras et qui me permette d’apprendre en totale immersion.

Je me suis permis de mettre sur mon CV "Anglais compris et lu" ce qui est vrai si on ne parle pas de finance ou de politique et que l'on me passe un livre pour enfant.

 

Babe, please, give me a chance.

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 12:32

Il n’y a pas de manière agréable de dire à quelqu’un qu’il va repartir chez lui dans 5 minutes. Et qu’il ne reviendra pas.

Et il n’y a pas de manière agréable de prendre la chose.
On accepte les choses en passant par plusieurs phases.

Le choc : Ouch.

Le déni : « Mais… mais… c’est pas possible, je fais pourtant de mon mieux, j’arrive tous les jours en avance, et puis l’imprimante elle est pas vraiment cassée cassée… »

La colère : « Attend il est quelle heure ? 8h15 du matin ? Je suis licenciée à 8h15 du matin ? Je n’aurais pas pu être licenciée hier à 17h pour faire la grasse mat ce matin, non. On me fait venir, on me fait faire mon café, on me fait mettre mon tupper dans le frigo pour m’annoncer que je me casse. Si c’est comme ça je vais vous dire moi, votre boulot de secrétaire de biiiiiiip vous pourrez vous le carrer dans le biiiiiiip, car de toute facon c’était de la biiiiiiip en barre. »

La tristesse : On écrase quelques larmes de crocodiles qui ont réussi à s’échapper de la grosse boule qui s’est formée dans la gorge. C’est à peu près les mêmes larmes et la même boule que celles qui apparaissent quand on s’est cogné l’orteil sur un pied de chaise ou quand on regarde le dernier épisode de « Lost » et que l’on sait que l’on aura JAMAIS les réponses.

La résignation : On serre la main des patrons et on s’entend même dire « merci ». On prend notre tupper dans le frigo et on boit une gorgée du café froid. On traîne la patte en espérant un revirement de situation. Mais non. On s’en va.

On monte sur son vélo en pleurant un peu, on se dit que les autres doivent penser qu’on vient de se faire larguer et qu’ils doivent nous plaindre. Car on est un peu égocentrique aujourd’hui. On se dit qu’on ferait bien quelque chose de dingue pour faire passer la pilule alors on rentre dans un magasin de beauté, et on dit je veux ça, puis ça. La vendeuse dit que si on rajoute quelques sous de plus, on a ça qui est offert. Alors on dit oui, même si ils ont un drôle de sens du mot offert. On vient de faire un truc de dingue.

On rentre, on appelle tout son répertoire, on se laisse plaindre.

Puis on se remet à la recherche d’un boulot.

Mais on va trouver hein ?

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