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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:48

« Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie? »

Sans réfléchir, là, tout de suite, je vous mets au défi de trouver une réponse pertinente et de la dire à haute voix. Vous avez peut-être la chance d’être né avec une passion, une vocation, un talent, un savoir-faire particulier qui, fera naître des « oooohh » chez vos interlocuteurs surpris et charmés. Ou bien vous êtes comme moi, et vous avez enlevé la partie « centre d’intérêts » de votre CV parce qu’il n’y avait rien à y mettre qui sorte de l’ordinaire. Je fais un peu de danse, vaguement du yoga, je regarde 18 séries américaines et je lis 5 livres par an… comme 80% des gens de ma génération.

Néanmoins, pour ma deuxième entrevue avec cet employeur, il fallait que je trouve une réponse plus pertinente que « euh, ben je n’ai pas vraiment de passion dans la vie mais euh…. ». Il fallait que je trouve là, maintenant, tout de suite quelque chose en moi qui me démarque. Quelque chose de notable dans mon profil, quelque chose qui…

« Les animaux !».

Au même moment où je m’en voulais d’avoir aussi mal formulé mon idée, je pouvais voir devant leurs yeux se dessiner l’image d’une fille qui a des affiches de chevaux punaisées au-dessus du lit et des chiots en porcelaine sur les étagères.

Certes, j’ai plus de peine quand, dans un film, un chien se voit refuser son os que quand Godzilla ravage New York et je suis bénévole depuis 4 ans dans un refuge pour chats mais bon… l’associer au mot « passion » n’est peut-être pas tout-à-fait adéquat. Mais c’est suffisant pour que ma mère, à chaque anniversaire, m’envoie une carte avec des chatons à chapeaux pointus et que les amis disent « l’autre fois j’ai vu un chat à 3 pattes dans la rue j’ai pensé à toi ».

Et c’est surtout suffisant pour que je commence à déblatérer mes histoires de chats, là, sans savoir comment mettre un point final digne et professionnel à ma réponse. J’espérais qu’aucune des personnes en face de moi ne fasse partie de la moitié de la planète qui préfère les chiens et pour qui les chats ne sont que des griffes sur pattes ayant perdu tout intérêt du moment où ils ont dépassé l’âge d’apparaître sur des cartes postales.

J’ai appris cette semaine que j’étais embauchée.

Est-ce que je trouverai un calendrier avec des chats sur mon bureau lors de mon premier jour le mois prochain? Affaire à suivre…

« Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie? »
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 16:25

L’autre jour j’ai passé un entretien. Comme avant chaque rendez-vous je prends bien soin de potasser le site web de l’entreprise, de me renseigner sur les ressources et évènements clés. Je prends aussi le soin de me préparer dans les règles de l’art : je m’habille corporate-mais-pas-trop, j’enlève un à un l’intégralité des poils de chats roux incrustés dans les fibres de mes vêtements et je me mets du fond de teint afin d’avoir l’air assez photoshopée pour ne pas me poser de questions sur ma brillance, mes rougeurs ou mes éventuels boutons.

Mais rien ne m’avait préparé à ÇA.

« Alors maintenant on va passer au test de rédaction, les consignes sont écrites sur cette feuille ». C’est alors que mon interlocutrice me tend une feuille avec les consignes, une feuille vierge et … un stylo.

Je ne sais pas vous mais les rares fois où j’utilise un stylo c’est pour écrire en vitesse « pain, lait, PQ, détergent » sur un post it. J’ai toujours écrit « comme un mec » et étais admirative des filles ayant une belle écriture ronde. Tout le long de ma scolarité, j’ai essayé en vain de suivre les modes : un rond sur les « i » à la place du point, les « m » avec 3 ponts, puis avec 2 mais à chaque fois ça sonnait faux sur mes copies. Je me souviens à l’école primaire aborder avec angoisse les cours d’écriture. J’étais nulle au moment d’écrire en ligne des majuscules dans les règles de l’art. Souvenez-vous de la torture de la lettre « H » si basique et pourtant si compliqué quand on y colle des courbes de tous les côtés. Bref, je faisais partie des élèves pas appliqués qui dessinent dans les marges et soulignent à main levée.

Revenons dans le bureau de mon entretien.

Je regarde le stylo portant le logo de l’entreprise. Un simple trait sur la feuille m’a fait savoir que ce n’était pas le style de stylo qui écrit bien. Car oui, la science veut qu’il y ait des stylos avec lesquels on écrit mieux que d’autres et ce sont ceux que j’utilise en général pour pallier mon handicap.

Mais il fallait que je m’y mette car le temps commençait à filer. Je commence alors à rédiger mes textes selon les consignes, heureusement pour moi la feuille a des lignes, ce qui me permettra, au moins, de ne pas écrire comme une personne saôule. Je commence par écrire du mieux que je peux, puis ensuite je m’emballe dans mes idées et les couche, que dis-je, les écrase sur le papier. J’ai une particularité, en plus de celle d’écrire avec deux mains gauches : je forme mes lettres différemment selon qu’elles se trouvent au milieux ou à la fin du mot, aussi, selon les mots, parfois je lie les lettres entre elles parfois pas. Pourquoi? Aucune idée, ça vient comme ça. Je me pose vaguement la question si ce test sera soumis à un graphologue pour analyse de mon écriture et je frémis à l’idée de ce qu’il dirait « hum je pense que cette personne aime torturer des chatons sous les yeux des enfants. Elle a sûrement dû s’élever toute seule dans une casse automobile et elle ne sait pas si elle est un homme ou une femme ».

On verra si je suis rappelée pour un deuxième rendez-vous.

Le stylo
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:16

J’ai toujours mis l’adresse de mon blog sur mon CV. Je pensais que mon blog pouvait donner un peu de capital sympathie à mon CV austère et ordinaire. C’est vrai que mes talents de graphiste se limitant à modifier une photo sur paint, mon CV est basique voire moche. Et pour ce qui est du contenu, il est moins bien que certains, ce qui est déjà suffisant pour ne pas me faire sortir du lot. Quand j’ai commencé à postuler dans les métiers du web, il arrivait haut sur la page vu que c’était la seule chose en relation avec le domaine. Et au fil de mes expériences, il est redescendu jusqu’à n’être aujourd’hui qu’une ligne en bas de la catégorie divers.

En général j’ai toujours eu de bons retours, les employeurs qui m’ont convoqué en entretien ne se sont jamais offusqués de mes gentilles moqueries sur mes expériences professionnelles. Jusqu’à il y a quelques mois...

 « J’ai trouvé votre CV et votre lettre de motivation très intéressants ... et puis je suis allé sur votre blog. Et pour être honnête vous n’êtes pas la personne que l’on recherche ».

Je ramassais mes dents. Canines, molaires, couronnes argentées… Toutes. Je me retrouvais face à deux options : soit je lui demandais quel était la raison de ce retournement et prendrais le risque de me faire laminer l’égo. Soit je concluais la conversation fermement « ok merci, n’hésitez pas à me recontacter si jamais vous avez de nouvelles offres d’emplois ».

C’est vrai que si on lit mon blog en diagonal on peut déduire que je suis une mauvaise vendeuse, que j’ai des relations conflictuelles avec les imprimantes, que j’ai débouché des chiottes, que j’ai fait des études qui avaient rien à voir et que j’ai déjà eu la tête coincée dans un 95D.

Ok ça a de quoi refroidir.

C’est vrai que j’ai eu un peu peur en naviguant sur les blogs super pro des autres. Photo de profil corporate, nom de domaine propre, textes positifs,  CV peaufiné aux petits oignons et slogans chocs… le contraire du mien. Je pense que ces blogueurs se font rappeler plus souvent que moi. L’idée m’a même traversé l’esprit de faire quelque chose de plus propre, de passer sur Wordpress tout ça … Mais à quoi bon ?

Alors j’ai conservé mon blog en l’état au moins ça fait aussi le tri au niveau des employeurs pour conserver ceux qui ont le sens de l’humour.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:50

Aujourd'hui, j'ai eu mon premier rendez-vous à Pôle emploi pour me réinscrire officiellement comme chômeuse et faire ma demande d'allocation. Je n'y suis jamais entrée en pensant y trouver un travail, surtout pas maintenant que je compte mettre les voiles, mais tout de même aujourd'hui, j'ai pris une claque.
Aller à Pôle emploi, c'est un peu comme se baigner dans une piscine d'huile de friture : on en ressort toujours un peu alourdi en se disant « putain je veux pas y retourner ». Aujourd'hui j'ai eu l'impression de me baigner dans de l'huile ayant servi à faire frire les potatoes de toute la France depuis 1994.
L'horreur quoi.

Tout d'abord les locaux. Pour mon premier rendez-vous l'année dernière, les locaux étaient des préfabriqués, et avaient donc une excuse toute trouvée pour être glauquissime. Mais là, … qui dit « préfabriqués » sous entend « travaux » tout de même. Je les cherche toujours...
Architecte est pourtant un métier répandu non ?

Allez, vous voudrez bien une visite guidée !
Le hall d'entrée tout d'abord, montre ce à quoi on a affaire. Sinistre, lugubre, avec des plantes vertes en plastique qui ne sont pas sans rappeler celles qui décorent les tombes. Quelques fascicules, représentant la seules touches colorées de l'ambiance, viennent agresser dès la file d'attente rappelant pourquoi on est là.

Au loin, une table et quatre chaises pour s'asseoir et éviter de tomber dans les pommes à la vision de temps de sinistrose. Je me demande si les lieux n'auraient pas servi de tournage pour Saw 1 (2, 3, 4, 5 et 6 aussi peut être), le déménagement dans des préfabriqués expliquant sans doute cela.

Derrière moi, sur la gauche, se trouve une alcôve où sont emmenés les jeunes premiers qui ne savent pas encore ce à quoi sert Pôle emploi. Ils s'assoient alors 4 par 4 et regardent un écran fixé au mur (ambiance hôpital ou motel miteux, au choix) où une animation leur explique en 10 longues minutes ce à quoi sert Pôle emploi. La première fois où l'on m'a parquée dans un endroit de ce type j'ai d'abord cru à une blague.

Mais non.

Je vous passe les guichets, les affiches décollées au mur pour que nous en arrivions directement aux bureaux.
Après avoir décliné mon numéro d'identifiant, je suis convoquée dans des bureaux individuels pour me faire réinscrire à 2 doigts sur un ordinateur qui « fait que planter aujourd'hui ». Les cloisons ne sont pas totalement fermées, ce qui fait que je peux écouter mon semblable de la cellule d'à côté qui cherche un boulot comme mécanicien. On lui propose un 18h par semaine, un peu loin certes, mais ça vous intéresse ou pas ? CA VOUS INTERESSE OU PAS ? Euh on a le droit de dire non ? Il esquive intelligemment. Je suis fière de lui. Passons à l'annonce suivante.
Je regarde par les lamelles de fenêtre au travers des lamelles de stores perpétuellement entrouverts et mon regard s'arrête sur des arbres qui me redonnent un peu goût à la vie.

La personne en face de moi fait son job et me pose les mêmes questions que l'on m'a posé l'année dernière.
Puis après avoir fini la procédure, elle fait des bruits de bureau : elle agraffe, elle ouvre et ferme des tiroirs, elle clique, elle photocopie, elle imprime, elle plie, et pose mon petit dossier de demandeuse d'emploi et sur le bureau en imitation bois de chêne.

Dans ce dossier se trouve des fascicules en veux tu ben en voilà, des papiers que je ne lirai jamais et une grosse brochure sur la recherche d'emploi avec un gars qui sourit. Je songe à combien d'arbres on abat chaque année pour fournir en dossiers inutiles les demandeurs d'emploi et ça finit de m'achever.

Je m'avance vers la sortie et tiens la porte à une femme d'une cinquantaine d'année, sans doute récemment licenciée. Elle met peut-être tout ses espoirs dans cette structure. C'est probablement sa première visite, elle aura donc le droit à la représentation vidéo de ce qui l'attend. Bonne chance Madame.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 06:48


Ca y est j'ai retrouvé du boulot.
Ouai, déjà.
Je ne pourrai même pas vous raconter mes déboires avec Pôle emploi, les entretiens foireux, l'attente interminable...
Tout à formidablement bien marché depuis l'envoi de mon premier CV le mois dernier.

Même pas drôle.

Passé l'angoisse de me re-re-retrouver au chômage, je commençais à en voir les avantages, bien décidée à en profiter :  apprendre l'anglais, me refaire une culture cinématographique et musicale laissée en friche depuis Queen of the stone age et Titanic me perfectionner en cuisine, écrire un billet par jour, apprendre à coudre mes ourlets …
J'avais des projets de glande plein la tête.

Pour mon karma de chercheuse d'emploi j'avais néanmoins envoyé quatre CV, de quoi faire taire les inquiétudes de mon brun quand à mon soudain attrait pour la vie de femme au foyer.

J'ai donc sauté sur les annonces orientées web et localisée sur Toulouse que j'ai trouvé.  J'ai toutefois fait une petite entorse en envoyant un CV pour une association culturelle qui réveillerait la saltimbanque qui est en moi.

Le bilan de ces premières candidatures était plutôt bon : trois entretiens de prévu dans des belles boites toulousaines.

Inutile de dire que n'étant ni éligible au CAE, ni issue d'un quartier difficile, ni prête à me déplacer partout en bagnole et à mes frais pour 900 euros, l'association culturelle à dû se frotter les fesses avec mon CV.

Je vous raconterai plus précisément la prochaine fois le pourquoi du comment des trois entretiens mais aujourd'hui j'ai un nouveau job.

Je suis community manager pour une agence web.
J'ai laissé tomber à mon grand dam le SEO. Cela me permettra peut être d'arrêter de me dire « tiens il a bien choisi son titre » lorsque je vois une enseigne dans la rue :

                            « Pharmacie saint Michel ouvert 24h/24h »

Les référenceurs obsédés par les backlinks et le pagerank me comprendront. Enfin j'espère.

Je ne pourrais pas apprendre l'anglais ni la couture, je suis quand même contente d'avoir retrouvé si rapidement. Et puis maintenant j'ai une bonne raison de passer ma journée sur Facebook !



 




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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 10:06


Souvenez-vous mon questionnement au sujet de la prétention salariale. Ce n'est pas une question que l'on m'a posé bien souvent, m'attribuant toujours d'office le smic en vigueur.

La première fois que l'on m'a demandé quelles étaient mes prétentions salariales j'ai été prise au dépourvu. "Euh … pfiou … c'est queeee …. Je pose 2, je retiens 1 ah et combien je paie de transport déjà ?"

Entre deux gouttes de transpiration j'ai répondu à petite voix "le smic".

Lorsque j'annonçais cela à mon brun il me sermonna comme quoi je me vendais au rabais, et pourquoi pas "payez moi en cailloux et en feuilles de salade" aussi tant que j'y étais.

Une fois prononcée ces 4 lettres fatidique, l'employeur exécuta les souhaits et me dit "va pour un smic" vu que j'y tenais tant.

Je suis du genre à ne faire les conneries qu'une seule fois me laissant le privilège d'en découvrir d'autre tout en évitant de me sentir trop stupide face à la répétition d'un mauvais scénario.
C'est alors qu'avant mon dernier entretien, je révisais mes prétentions, bien décidée à faire passer le mot "smic" aux oubliettes.
En bref il fallait que je me trouve une valeur.

Combien je vaux au boulot ? … difficile question.
Ne pas se surestimer ni se sous estimer tout en restant cohérent face aux autres concurrents est un questionnement assez compliqué lorsque l'on est une très mauvaise négociatrice.

Vint le moment où j'ai dû répondre récemment à cette question et, avec l'aplomb d'une adolescente qui vient de piquer un mascara chez Séphora je regardais le crépis en annonçant "entre 1350 et 1400 euros". Net of course. Je n'aime pas parler en brut. Et je n'aime pas regarder les prix au kilo aussi mais c'est une autre affaire.

J'ai enfin accouché d'une prétention salariale. Une prétention salariale de province certes mais une prétention salariale quand même.
Vous en pensez quoi ? Pas la peine d'en faire des caisses pour si peu ou avec les temps qui courent c'est déjà cher payé ma p'tite demoiselle ?


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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 18:11

Lorsque l'on m'a annoncé mon licenciement je crois que mon premier frisson d'horreur a été lié à l'idée de remettre le nez dans mon cv. Souvenez-vous lorsque j'ai commencé à lui refaire une beauté j'ai passé pas mal de temps à m'arracher les cheveux et à me manger la peau autour des ongles à essayer de faire obéir Word qui te calle des interlignes quand tu l'as pas demandé et te fout en l'air toute ta belle mise en page.

Bref en tout cas à moins de rester au chômage toute ma vie il me faut obligatoirement un cv pour postuler.

Faire un cv dit original et hors du commun m'a traversé l'esprit mais en voyant défiler sur Twitter des cv plus originaux les uns que les autres cela m'a rappelé que je savais utiliser seulement paint et encore à moitié. Ne voulant pas être la risée du net, je me contenterai d'un cv à l'ancienne où les seules fantaisies consisteront à mettre des mots en gras et des mots en italiques.
J'ai donc décidé de dépoussiérer mon cv de compet', celui qui m'a permis de décrocher deux boulots, en y rajoutant des tirets et en priant pour que Word coopère.

En l'ouvrant mon je suis retombée sur mon ancienne photo. Ouch. J'avais picolé le jour où je l'ai choisie ? Ma première action à donc été de la supprimer et d'en choisir une où je n'avais pas l'air de sortir d'un jacuzzi.
Le reste de mon cv respirait une certaine cohérence, il ne manquait plus qu'à intégrer mon expérience de référenceuse et de community manager plus mes chroniques hebdomadaires.
C'est là que je me suis souvenu qu'il fallait donner des intitulés à mes tâches, qui soient assez pompeuses pour dire « moi je sais faire » mais assez claires pour être comprises.

Un jeu d'enfant quoi.

Et puis je me suis souvenue que ne n'avais pas actualisé mon cv sur le blog depuis longtemps, alors j'ai tout laissé de côté pour sortir une version chômage 2010 de mon fabuleux cv que je vous invite à venir voir !

 

NDLR : Ce n'est bien sûr pas le cv que je réserve aux employeurs, faut pas déconner on rigole pas avec une candidature.

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 19:06

 
Il y a quelques semaines je m'asseyais à une table afin d'assister à une réunion classique.
"Je n'irais pas par quatre chemin pour vous annoncer une mauvaise nouvelle, on doit vous licencier".
 
Mes dents sont venues imprimer le capuchon de mon stylo, mes muscles se sont contractés jusqu'à la crampe et mon cœur a cessé de battre quelques secondes. Mes oreilles par contre sont restées grandes ouvertes, cherchant à entendre le "mais non je rigole" de la bouche de mon boss.
 
Le "mais non je rigole" tardait a arriver et la blague continuait, on développait à l'oral la procédure classique d'un licenciement économique. Mes oreilles commençaient à ne plus rien entendre, gêné par un bourdonnement où tourbillinaient les mot "Pole-emploi", "indeminités", "chômage", "découvert ".
 
Chômage.
Je compris que le "mais non je rigole" ne viendrait pas le saligot.
 
Vu que je ne comptais pas le rouler par terre en salle de réunion en criant "noooooooooon, stepléééééé" je pris sur moi avec une capacité à masquer mes émotions que je ne me connaissais pas : le licenciement, ouai et alors, même pas mal.
 
Pendant deux jours je n'ai pensé qu'à ça, n'écoutant les autres qui me parlaient qu'à demi-mot, je n'en avais rien à faire vu que de toute façon j'étais licenciée. Je mangeais comme une licenciée, je me douchais comme une licenciée … A quoi ça ressemble une licenciée qui se douche ? A une fille qui a un job mais le sourire et la motivation en moins.
 
Je n'avais pas l'intention d'en parler, vivant ce licenciement comme un échec. Mais ne pas parler de son boulot ce n'est pas facile lorsque l'on a passé huit mois a clamer que celui-ci était le paradis sur terre. J'ai du donc faire face assez rapidement aux questions de mes amis :
"Et ton boulot ça va ?"

Je fais mine de ne pas avoir entendu.

"Ca va à ton boulot ?"

Je pourrais lui verser ma bière sur la tête comme ça on se fâcherait à vie et je n'aurais pas à répondre.

"T'es sourde ? Et puis tu fais quoi avec ta bière ?"
- Il est beau le mec à la table d'à côté !" Il fallait bien basculer sur un sujet hautement important pour prendre le pas sur cette question si banale.
 
Mais il n'y a pas tout le temps des beaux mecs dans les parages, j'ai donc du leurs parler de ma situation.

" Accroche toi bien … je suis licenciée
  - Beh qu'est-ce que t'as fait?
  - Rien ! Absolument rien c'est purement économique (Manquerait plus qu'on croit que c'est de ma faute)
  - Bah au moins t'auras de la matière pour tes chroniques  (NDLR j'écris des chroniques sur la recherche d'emploi, ça au moins je vais être inspirée).
  - Moui c'est vrai
  - Et tu pourras reprendre ton blog aussi !
  - Oui en plus j'en ai très envie
  - Beh tu vois ! Allez mouche toi un bon coup "

 

Snif !

 

Voyons le côté positif de la chose ... j'en aurais de nouveau des choses à raconter ...

 

 

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 09:26
Il y a une question qui m'obsède et qui obsède mon entourage en ce moment, elle obsède tellement que j'en ai même fait un titre : Et... tu fais quoi de tes journées ?

Lorsqu'une personne se retrouve au chômage, elle devient une curiosité qui peut faire absolument ce qu'elle veut de ses journées. On n'a aucun impératif, si ce n'est étendre sur une semaine ce que l'on faisait à la va-vite pendant les deux jours de libres de nos anciennes semaines de travail.

Je voudrais bien entretenir un mythe du genre : « Mes journées? Pfiou 24 heures ne suffisent pas, je me suis mise à la peinture sur canevas, au chant muet, au yoga énergique : je n'ar-rê-te pas. »

Mais non.

Il faut apprendre à gérer son temps différemment. Maintenant ce n'est plus « vite faut que j'aille à la poste, mais d'abord il faut que je récupère mes chaussures chez le cordonnier avant que tout ferme ». Non. Maintenant c'est plutôt « tiens faut que j'aille à la poste mais pour ça il faut que j'attende que ça ouvre. Oh et chez le cordonnier j'y passerais demain sinon je n'aurais rien à faire ».

C'est que l'on a un planning de ministre nous les chômeurs.
Je ne généralise bien sur pas, tout le monde n'a pas des chaussures en attente chez le cordonnier ou du courrier à poster.

Lorsque je travaillais, j'avais pourtant plein de projets à mettre en oeuvre pendant mon temps libre, mais maintenant que je peux les réaliser, je ne me souviens plus.
Oui ça porte un nom mais je suis un peu jeune pour ça, non?
Alors  j'essaie de glaner des conseils auprès de mes semblables. Si on me parle de untel qui est au chômage, je ne m'enquerrai pas des conditions de sa situation ni de ses projets, la première question que je poserais c'est « Et … il fait quoi de ses journées? » Cela ne fait que deux jours que je chôme alors je vais voir du côté des anciens comment ils gèrent ça.
C'est vrai que l'on ne sait pas combien de temps dure cette période, alors autant en profiter dès le départ.

J'attends ma convocation au pôle emploi pour enfin enclencher le processus d'une formation. Mais en attendant eh bien … je fais quoi de mes journées ?
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 10:39


Les entretiens d’embauche sont toujours une épreuve. 
Pour mon déodorant tout d'abord. Ce doit être le seul moment où je lui demande de jouer son rôle d'anti-transpi et c’est le seul moment où il oublie.
Pour la confiance en soi les auréoles sous les bras c’est moyen.
Les concepteurs de publicité devraient démontrer dans leurs films, l’efficacité d’un déodorant lors d’un entretien d’embauche. Les ventes exploseraient.

Les entretiens d’embauche, c’est vraiment un moment de séduction où l’on veut à la fois être une candidate professionnellement sexy et intéressante tout en restant vive et à l’esprit critique. C’est une perpétuelle gymnastique du cerveau que d’arriver à énoncer une phrase comportant les mots « je », « formidable »,  « débutante », « entreprise », « améliorer », « rentabilité ».
Qui plus est lorsque l’employeur tiens votre CV entre ses mains et que l’on pense  pourquoi j’ai mis cette photo immonde, j’ai pas justifié ce paragraphe, mon dieu et la police d’écriture ...


Une fois que l’on s’est présenté en se prostituant un peu tout de même, on se prépare aux questions que l’on va nous poser.
En général il y a des questions sur le poste et des questions plus vagues destinées à déstabiliser et tester la personnalité du candidat.
Sur le lot on se doute bien qu’il y en aura auxquelles on ne saura pas répondre, mais parfois il s’avère que l’on ne sait répondre à rien …
C’est le moment des blancs et des « hummmmmmmm » qui font grandir les auréoles sous les bras.


Je ne me prépare jamais pour un entretien, je décide d’y aller moi-même et naturelle en laissant jouer ma spontanéité.
A tord.
Car la spontanéité, ces moments là eh bien elle fout le camp.


Lors de mon dernier entretien d’embauche je pensais aux candidats de « Qui veut gagner des millions » et pensais dans ma tête que jamais ô plus jamais je ne hurlerais « beh il répond ce con ou quoi c’est simple pourtant »
Car lorsque l’on a la pression eh bien répondre à la moindre question ça devient difficile.

Je tiens à préciser que je ne regarde pas « Qui veut gagner des millions » de façon régulière mais que ça m'arrive de tomber dessus par hasard.


Quand on sèche sur des questions telle que « quand est-ce que vous vous êtes sentie plus maligne que les autres ? » ça commence à craindre pour la perception qu’à l’autre de soi. Surtout que l’on a ni envie d’inventer, ni envie de sortir que c’est la fois où l’on a ouvert le pot de confiture à mains nues après en avoir chassé l’air avec un couteau à bout pointu.

C’est généralement après l'entretien, sur le chemin du retour que les réponses aux questions reviennent en vrac. D’anecdotes rigolotes à réponses fines et intelligentes, on hésite à rappeler l’employeur pour demander un deuxième entretien.

Mais on ne le fait pas plus que l'on ne change de déodorant en rentrant chez soi.

Toute la journée fraîcheur Narta. Mes fesses quoi !


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