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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:31

En juin 2010, alors que grimpions sur le Mont Royal avec mon brun, en arrivant en haut et en nage nous sommes arrivés au constat suivant :

- Il faut qu'on vienne vivre ici !
- Oui, et en plus ON TRANSPIRE en juin à Montréal, c'est cool.
- Et puis il y a la poutine bordel, je suis prêt à troquer le cassoulet contre la poutine.
- Et les festivals à profusion, la nature à deux pas et New York à seulement 10 heures d'autobus !

Notre décision était prise, en ce jour d'ascension et de transpiration excessive, nous irions vivre au Québec. Tôt ou tard.

« Tôt ou tard » pour moi veut autant dire le mois prochain que avant la fin de l'année. Et quand on me dit « on ira ici ou là-bas tôt ou tard » je suis un peu comme une gamine a qui on aurait dit « on va tôt ou tard aller à Dysneland » et qui demande chaque matin « bon c'est quand qu'on y va ? Hein dis hein hein ? ».

Vu que j'ai attendu d'avoir 24 balais pour aller à Dysneland je ne voulais pas arriver à Montréal le jour de ma pré-retraite...

… Sauf qu'on part pas s'installer à Montréal comme on part s'installer à Villeneuve-Saint-Georges . Non. Il faut les papiers nécessaires pour passer la frontière en toute tranquillité et pouvoir travailler.
On a opté pour le permis vacances travail facile et rapide à obtenir à condition d'être prêt pour se jeter sur une des 7000 places dès l'ouverture. Cette année, les places ont été ouvertes le jour de mon anniversaire, c'était un signe.

Entre le jour où on s'est dit « on va partir » et le jour où l'on a commencé les formalités pour le faire, la vie à été un peu plus compliquée vu que j'ai été licenciée et réembauchée ailleurs. En bref j'étais un peu dans le flou. « Est-ce que c'est le bon moment », « Faut-il partir ou rester ? » « Mais en même temps j'en ai tellement envie ... » …  j'étais en proie à des réflexions digne d'un titre de livre de Guillaume Musso.

Pour m'aider à prendre ma décision, je décidais de jouer sur tous les tableaux, travaillant et entamant la procédure pour partir. Une fois le dossier pour le PVT envoyé je savais que c'était la bonne décision. Je cliquais alors chaque minute sur la touche « rafraîchir » de ma boîte mail pour voir si je n'avais pas reçu la confirmation positive m'informant que je pourrais moi aussi me goinfrer de sirop d'érable et de beurre de cacahuète.

La confirmation s'est fait désirer mais je l'ai enfin reçu en janvier. J'achetais les billets d'avion dans la foulée, direction Montréal début juin.

Depuis que j'ai annoncé mon départ à ma famille et mon entourage on me pose toujours les mêmes questions :
- Tu as trouvé un pied-à-terre là bas ? Non. Je compte trouver un logement temporaire via internet mais chercher un appart à nous une fois là-bas.
-As-tu trouvé du travail ? Non. Je chercherai sur place mais je suis ouverte à toute proposition dès aujourd'hui.
- Et tes chats ? Beh je les embarque.

Tout quitter alors que je viens à peine de tout trouver et embarquer 2 gros chats de l'autre côté de l'Atlantique c'est pas très logique mais en même temps on s'en fout non ?

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:06

Vous vous rappelez du jour du bulletin ? Le jour du bulletin c’est celui où l’on passe plus de temps que de coutume devant la porte de la maison, la boule au ventre, imaginant des plans d’évasion, loin, à 10 kilomètres au moins, le temps que tout le monde s’inquiète et oublie le 9/20 en math.

Je me rappelle d’un jour du bulletin, le pire de mon histoire de collégienne, où je me payais un 0 en grammaire. Un 0. Sur un bulletin. Je digérais ma colique devant la porte, trempant le bulletin de mes mains moites. Je songeais à ce que je pourrais faire pour détourner l’attention du 0. Les autres notes, un peu au dessus de la moyenne, ne feraient pas le poids. Le pouvoir du zéro est quelque chose de très fort. Je serrais mon bulletin très fort dans ma main, avec un peu de chance, la sueur effacerait l’encre.

Je pourrais sinon déchirer la partie concernée, mentionnant que j’avais croisé Marc Dutroux sur mon trajet, qu’il avait voulu m’enlever mais que je m’étais bien défendue, oh ça oui. Et que malheureusement, le bulletin s’est trouvé amputé dans la bagarre. Quel dommage.

Je pouvais aussi la jouer psychologue, que le 0 en grammaire venait peut-être du fait que ma propre grand-mère avait refusé de me donner un bonbon l’été 1990.

Ou bien dire que de toute façon, j’étais une matheuse, que je comptais devenir médecin, et que vu que je sauverai des vies mon 0 en grammaire hein bon.

Mais la seule solution possible était de pousser la poignée, tendre mon bulletin et serrer les dents, lorsqu’à la lecture de la deuxième ligne, le 0 viendrait occulter toutes les autres notes et appréciations. Je baisserai la tête et oscillerai des « oui oui » lorsque mon père me dirait que désormais le samedi après midi, je le passerai le nez dans le livre, un zéro, non mais.

Tout ça, c’est un peu ce que j’ai ressenti la semaine dernière devant la porte du bureau de mon boss alors que je m’apprêtais à lui annoncer quelque chose. Stressée par le « comment va-t-il le prendre ? Annoncer ça au bout de 6 mois à peine … »

Et puis je me suis dit que de toute façon, je lui annoncerai tôt ou tard alors autant faire cesser le mal de ventre tout de suite.

 « Boss, je pars m’installer à Montréal » dis-je sans tourner autour du pot.

Changement de vie donc.

Mais j’aurais bien le temps de vous en reparler, vu que vendredi j’arrête de travailler et que j'aurais tout le temps du monde pour tout vous raconter…

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 12:40


S’il y a une chose que j'ai appris de mes différents petits jobs c'est savoir partir à l'heure. Par partir à l’heure, j’entends être sur mon vélo 15 minutes après l’heure de fin inscrite sur mon contrat. Et vu que je tiens à ce que les éventuels employeurs lisent ce post jusqu'au bout avant de me prendre pour une branleuse je précise : en arrivant toujours à l'heure le matin.

Y compris les lendemains d’anniversaires ou de fêtes de la musique.

Sauf que je me rends compte que partir à l’heure n’est plus vraiment dans la normalité de nos jours…

« Eh oh tu prends ton après midi ? » Qui n'a jamais entendu cette phrase très à la mode dans les open space lorsque l'on commencer à ranger ses affaires alors qu’il fait à peine nuit ? C'est tout nouveau pour moi cette « pression » de rester après l'heure. Et puis rester pour faire quoi?

Lorsque j'étais téléopératrice, on devait se « loguer » à son téléphone dès son arrivée, c'est à dire rentrer son code attribué (« je ne suis pas un numéro ») sur le clavier pour dire que oui, c'était bien moi, le 1273, qui était là pour vous vendre des fiches de cuisine et vous énerver à l'heure du fromage. Il fallait donc se loguer à l'heure pile sans quoi on se prenait des réflexions voire des avertissements. Autant dire que si on ne tolérait aucun retard en amont alors je ne tolérais aucun retard en aval. Venue l'heure de la délivrance, je me déloguais en tapotant le même code perso suivi d’un dièse, en utilisant mes 5 doigts aussi rapidement qu’Uma Turman pour faire passer l'arme à gauche au vieux Bill.

Vous n’avez pas vu Kill Bill ? Beh désolé, il meurt à la fin oui. En même temps c’était dans le titre non ?

En résumé quand on me répète que « l'heure c'est l'heure » ça ne tombe pas dans l'oreille d'une sourde.

Quand je travaillais en boutique, pareil. Il était impensable d’arriver en retard, il fallait ouvrir les portes à 10 heures pétantes ce qui supposait aussi d’arriver en avance  le temps de mettre ma tenue de femme fatale obligatoire.

Autant dire qu'après avoir fait essayer des culottes gainantes et vendu des collants toute la journée, à 18h30 le processus de fermeture commençait à s’enclencher automatiquement : vider la poubelle, remettre les cintres en ordre, compter la caisse. Bref, tout ce qui pouvait me permettre d’être dehors à 19h01.

Pour dissuader les clientes tardives, je lançais un regard menaçant à quiconque s'aventurait à pousser la porte. Pour info, les clientes de 19h, ne sont là que pour flâner jusqu'à 19h15, le temps que leur mari vienne les récupérer à l'angle avec le Porsche Cayenne. Au mieux elles achèteront le truc le moins cher et le paieront par carte, au pire, elles essaieront toute la boutique, choisiront le truc le moins cher, le paieront avec un billet, exigeront la monnaie en pièce de 2 euros et de 1 cts pour la boulangerie. Ce qui nous obligera à recompter la caisse pour vérifier que tout tombe juste.

Vous avez déjà vu dans les boutiques les vendeuses qui vous disent passé une certaine heure « ah par contre je ne prends que la carte bleu ». C'est juste qu'elle a compté sa caisse et qu'elle préfère perdre une vente et plutôt que de tout recompter, risquer de faire une erreur, re-recompter, et finalement laisser sa lettre de démission sur le comptoir.

Sauf de sombres exceptions, je suis toujours partie à l'heure.

Je pensais que j'associais envie de partir à l'heure à petits boulots, mais en fait non. C'est juste que j'ai appris à savoir m'arrêter de bosser. Mon boulot à beau me plaire, j'éprouve le besoin de dire « stop ». Et si ce besoin correspond avec le moment où j'arrête d'être payée ne doit pas être un hasard non plus. Mais toujours est-il que je fais mes tâches de la journée dans le temps escompté, sans bâcler, et que je ne pars jamais en laissant un collègue dans la merde.

Je précise à tous employeurs qui seraient arrivé jusqu'ici que s’il y a vraiment du boulot, des trucs urgents à faire, je reste le temps qu'il faut. Mais tout ce qui concerne le travail n’est pas forcément une urgence. Il y a toujours des trucs à faire, il faut juste savoir en garder pour la journée qui suit.

Le boulot c'est bien, mais ce qui compte le plus pour moi c'est ma deuxième journée, celle qui commence autour d'une bonne bière ou lors d'un cours de sport. Je n'apprécierais pas autant ces moments si je ne travaillais pas mais je n'apprécierais pas autant mon travail si je ne les avais pas.

Rassurez-moi, il y a des gens comme moi parmi vous ou ne suis-je qu'une petite branleuse ?

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:36

Derrière un titre tout droit issu d'un fascicule pour alcoolique anonyme se cache un fléau très répandu et redoutable à savoir : comment gérer les apéros quand on est jeunes, sociables, et dans la vie active.

Sachant qu'il est devenu de plus en plus difficile de cumuler les 3 quand on les a, autant le fêter.

J'entends 3 personnes qui s'offusquent là au fond alors je leurs réponds : « Oh hein bon. »

Vous connaissez tous les apéros de milieu de semaine organisés par ceux qui ne travaillent pas ou qui ont passé une mauvaise journée. "Tu viens boire un verre ?"

D'accord mais pas longtemps alors.

7h30 le lendemain matin.
Maux de tête, nausées, douleurs dans tout le corps, sensation de bouche pâteuse. C'est au moment où l'on s'auto-diagnostique une grippe A que l'on se demande mais qui a pu renverser une bouteille de rhum dans cette pièce ? Ouch. Et là, la soirée revient à notre mémoire, ou en partie au moins. Ça a commencé par un happy hour et ça s'est terminé dans un bar à rhum. Entre temps. Trou noir, black out. Sans doute un bon resto arrosé de rouge.

Enfin. Heureusement que l'on est samedi.
Ah.
Le « mer » à côté du 7h30 de l'écran de notre téléphone prouve le contraire. « mer » comme « mercredi » ? Ou comme « merde ». La première option semble la plus crédible, même si l'on aurait préféré que notre portable nous insulte à demi-mot. Mais il faut aller travailler.

Je suis toujours allée au travail les jours de gueule de bois. Certaines fois restent mémorables, comme lorsque la fois où j'ai dû travailler seule avec la responsable de la boutique de collant. Je devais alors m'asseoir toutes les 10 minutes sur le tabouret en cabine afin de retarder mon repas de la veille qui ne demandait qu'à refaire surface. Tout en servant les clientes bien entendu.

Je dû inventer une excuse après avoir soldé mes trop nombreux aller-retours aux toilettes pour exaucer le vœu de celui qui avait l'air d'être un malheureux Kébab et non un bon gueuleton. "J'ai trop bu hier, je rends mon Kebab par petit bout depuis tout à l'heure c'est atroce plus jamais je ne boirai PLUS JAMAIS... snif … Est-ce que je peux rentrer chez moi ? »
« Bien sûr mon enfant, rentre décuver tranquillement devant les Simpson."
Ca, c'est bien sûr le dialogue dont je rêvais.

Sauf qu'en lieu et place de cela, sorti de ma bouche un "Je sais pas ce qui m'arrive j'ai dû manger un sandwich périmé".
Un sandwich périmé. Sandwich. Périmé !

Dans ce cas là ce sont des sushis avariés ou de la viande un peu limite limite qu'il faut mentionner mais pas un sandwich !

Ce fut néanmoins une excuse crédible car ma responsable m'accorda 30 minutes de pause (faut pas déconner non plus). Peut-être avait-elle déjà mangé des "sandwichs périmés" elle aussi.

L'alcool au travail c'est aussi les pots entre collègues. Ceux-là je les redoute. J'y vais même à reculons. Non pas que je n'aime pas mes collègues mais les quelques verres destinés à faire monter un peu l'ambiance m'emmènent vite vers des histoires du type "Bon, c'est l'histoire d'une bite, elle rentre dans un bar et là elle rencontre ... " aux antipodes de l'image que je cherche à donner à l'open space.
C'est pour cette raison que je m'éclipse toujours un peu trop tôt pour éviter d'en arriver à des situations sus-mentionnées que même l'histoire du sandwich le plus périmé n'arriverait pas à éclipser.

Et vous, l'alcool au travail, comment ça se passe ?

 

alcool-au-travail.jpg

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 12:58

Je travaille au 5ème et dernier étage d’un immeuble tout entier réservé aux entreprises. Personne ne se connaît évidemment et le seul moment où l’on partage une petite intimité est le voyage en ascenseur.

L'ascenseur, c'est un peu le territoire international appartenant à tous. Sans règles et sans lois. Là où les conversations continuent loin des oreilles indiscrètes du bureau.
 
L'avantage de le prendre à partir du dernier étage c'est que l'on est témoin de tout ce qui se passe et surtout que l'on peut en profiter un peu seul. Moi par exemple lorsque je m’en vais et que les portes de l'ascenseur se referment sur moi je me retourne illico vers le miroir et vérifie à la lumière du néon blafard si je n’ai pas un truc coincé entre les dents ou une crotte qui dépasserait du nez.
 
Petite parenthèse : il y a un gros malaise dans notre société qui empêche les gens de dire "t’as une crotte qui te sort du nez » et on préfère laisser tout le monde baigner dans un léger malaise en attendant que le malheureux veuille bien s’en rendre compte. Fin de la parenthèse.
 
L'ascenseur c'est un peu le café du commerce, où les personnes qui montent en groupe ragotent en allant fumer sur ceux qui sont encore au bureau. Et moi j'aime profiter du voyage.
5ème étage, je check ma mine blafarde en remerciant les lumières de me montrer à quoi je ressemblerai si j’étais un zombie. Je tente de me recoiffer avec les doigts tant bien que mal avant que l’ascenseur ne s’arrête au 4ème. Entre un homme ni jeune ni vieux ni beau ni laid. Comme on est poli on se dit « Bonjour », je lui dit « ah, pardon » et me dégage du passage pour qu’il puisse s’installer confortablement lui et sa mallette en cuir. Le temps de me demander si c’est du vrai cuir qu’on arrive au 3ème étage. On continue le voyage avec ce que j’imagine être Janine et Michelle de la compta qui cancanent sur Martine ça c’est sûr parce que « Rhô t’as vu quand même elle est pas chié d’avoir terminé le café  sans en refaire couler». Pas le temps de me dire qu’elles n’ont pas dit « Bonjour » qu’on arrive au 2ème et que monte une connaissance de pause cloppe de Janine et Michelle car elles se saluent gaiment « tu vas fumer, ça tombe bien nous aussi ». Je me dit que je suis bien contente de pas fumer quand l’ascenseur s’ouvre au 1er pour laisser rentrer la feignasse qui aurait pu descendre à pied tout de même. Echo de Bonjour. Puis rez-de chaussée, et le groupe se disperse, les plus polis disant « au-revoir », les autres s’allumant leurs cigarettes dans le hall.
J’aime bien l’ascenseur.

 

Edit : Un grand merci à JC qui m'a fait découvrir le skecth de l'ascenseur de Pierre Désproges que je vous invite à voir ici.

Aiga_elevator.gif

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:55

Depuis hier ont commencé des jours de « Hiiiiii » de « Hooooooooooo » et de « Haaaaaaaaaa », j'ai nommé les soldes. Les soldes j'en ai déjà parlé pour les avoir vécus des coulisses. Et ce n’est pas beau à voir.

Hier matin je pensais aux pauvres vendeuses qui allaient subir l'assaut des clientes baveuses, le porte monnaie en bandoulière prête à tout acheter du moment que ça porte la mention 50 %. Alors aujourd'hui j'ai eu envie de vous parler des coulisses des soldes.

Il faut savoir que dans une année de vendeuses il y a 4 moments importants :
·    l'inventaire
·    les soldes d'été
·    les soldes d'hiver
·    les vacances


Mais les soldes c'est un peu LE moment de l'année, celui où l'on peut sauver miraculeusement la dignité du chiffre d'affaire et liquider les stocks commandés un jour de manque d'inspiration. Pendant les soldes, il faut le savoir, il est interdit à la vendeuse d'être malade, enceinte ou veuve. Il lui faut laisser toute sa vie de côté pour se concentrer sur l'essentiel : les prix barrés.

Cette période, chez les vendeuses, dure bien plus qu'un petit mois. Elle commence 2 semaines avant avec « l'opération soldes » qui se met en place. Les soldes ça s'organise, il faut mettre en place la boutique c'est à dire rayonner les vêtements par pourcentages ou par modèles ça dépend de l'humeur de la direction. Et il faut aussi (et ça c'est le pire) écrire toutes les étiquettes avec les prix barrés et le prix soldé en rouge. Les prix originaux sont barré en noir c’est important et les nouveaux prix écrits en rouge. C’est important. Et au feutre pour que ça se voit bien. Sauf qu’écrire avec un feutre sur du papier glacé je vous le donne en mille : ça bave.

C'est ainsi que pendant des heures, armé d'une calculatrice et de deux  feutres rouge et noir, on sacrifie des vêtements en prenant de laisser sécher le feutre pour qu'il ne tâche pas le vêtement. Ca bave, tout ça vous me suivez ? Vers la fin de la journée on fait des erreurs de calcul suivi de ratures et les étiquettes deviennent dégelasses mais on s'en fout un peu.

Cette période pré-soldes est aussi le moment où l'on va mettre de côté les meilleures affaires pour toute sa famille. « On en a plus en stock » dès le deuxième jour des soldes, vous pensez que c'est dû à quoi ?

En ce qui concerne m'après soldes c'est un peu différent.
D’abord le rayon solde devient de plus en plus petit et se trouve dévalorisé au fil des jours par la nouvelle collection qui arrive. Alors il faut trouver la bonne organisation pour avoir des soldes attractives et visibles qui servent à vendre les nouveaux vêtements cher « Ce top à 70 % est très bien oui, mais regardez comme celui de la nouvelle collection vous fait rajeunir de 10 ans. »
Puis au bout de quelques temps, il ne reste que quelques rougnes. Les rougnes, ce sont les fringues restantes, dont on ne sait plus quoi faire  alors qu'un mois avant nous étiquetons avec soin. Avec quelques boutons en moins et une allure de torchon à vaisselle, on les prend du bout des doigts pour les mettre dans des cartons. Et là se pose LA question : on les mets au pressing et on les ressort aux soldes d'été ? Ou on les range en boules et on les ressort aux soldes d'été ? La deuxième option remporte en général l’approbation de toutes. Et c’est ainsi que né une collection de fringue freak qui vit dans le noir de la réserve toute l'année pour ne ressortir que pendant les soldes, puant un peu plus à chaque saison.
Pas très glamour hein ?
Enfin je ne suis sûre que ça ne vous empêchera pas de faire les soldes pour autant …

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 19:09

Comme vous le savez j'ai toujours détesté la question « et tu fais quoi dans la vie ? ». Avant c'était parce que je n'assumais pas de faire des sondages par téléphone ou de vendre des culottes gainantes mais aujourd'hui c'est pour deux raisons. La première : je suis incapable d'abréger et me transforme en moulin en parole qui détaille les moindres faits et gestes de sa journée. Vous savez comme ces personnes qui vous racontent un truc en insistant sur les détails dont on en a rien à carrer ?

Oui je déteste quand quelqu'un me raconte comment la cousine de sa belle-sœur à chopé le palu au Kenya en allant fêter son 5ème divorce.

La deuxième c'est parce que je n'aime pas beaucoup l'intitulé de ma profession.

Community manager.

Brrrrr.

Chaque fois que je réponds en marmonnant « community manager » à quelqu'un je suis sûre de m'entendre rétorquer un « hein ? ». Keskidi ?
Je suis alors obligée de répliquer plus fort « COMMUNITY MANAGER » passant alors pour la fille qui se la pète grave depuis qu'elle est allée 2 jours à New York.
Je rétorquerais bien « manageuse de communautés » mais je trouve que c'est un peu l'équivalent du « technicienne de surface » des professions du ménage.

Parfois je répond par une phrase, ou deux ou trois ce qui nous ramène à ma première raison en concluant toujours par un « tu sais ce sont les nouveaux métiers du net, on appelle ça « community manager » avec les doigts qui mime les « » d'un air un peu hautain du genre « nan mais pourquoi pas GO du net aussi non ».

Quand je faisais du référencement j'annonçais fièrement ma profession telle une justicière sans foi ni lois bien contente de mettre sa pâté à google de temps à autre. Et puis « je fais du référencement » c'est clair mais pas trop ce qui me laisse tout le plaisir de développer et de revenir encore une fois à la première raison.

Pour finir voici la scène du film qui est sans doute à l'origine de toute cette tourmente terminologique.

 

 

 

 

PS : Bonne année

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:49

Est-ce que vous aussi quand vous étiez petits vous rêviez de porter des lunettes ?

Je me souviens qu’à l’âge de 4 ans je chipais les lunettes de ma mère, et, observant le monde à travers sa myopie, lui disais à quel point elle avait de la chance.

Ainsi soit-il, 2 ans plus tard on me détectait un astigmatisme qui m’obligeait à porter des lunettes. Avec ma paire de lunettes rose je faisais moins la maligne à devoir les porter tous les jours alors que mes copines n’avaient les leurs que pour lire et regarder la télé.

Une fois affublée de mes lunettes, je commençais à lorgner sur mes camarades qui avaient des appareils dentaires ou une jambe plâtrée. Le comble de la classe était alors de porter un appareil dentaire (celui avec le palais qui s’enlève pour dégouter tout le monde à table) et un plâtre, ce qui me ferait au moins oublier que je portais des lunettes. J’avais à l’époque une vision du bonheur assez particulière, mais je me serais bien cassé un truc histoire d’avoir un plâtre sur lequel tout le monde aurait pu écrire.

Le sort m’a épargné en ce qui concerne le plâtre, et pour l’appareil dentaire, c’est mon compte en banque qui m’en préserve alors que je reçois tous les 6 mois l’appel de mon orthodontiste qui me demande si oui ou non je suis enfin prête pour qu’elle me passe la bague aux dents.

Je n’ai pas la possibilité de l’enlever à table ? Alors non.

Il y a 3 ans, alors que je travaillais debout en boutique, je ne rêvais que d’une chose c’était de travailler dans un bureau. Le cul posé dans un fauteuil à roulette, la souris dans la main droite et un mug dans la main gauche. Je rêvais de faire claquer mes talons dans les couloirs avec un dossier sous le bras.

Ainsi soit-il je travaille aujourd’hui le cul posé dans une chaise à roulette une souris dans la main droite un mug dans la main gauche. Maintenant que mon rêve de bureaucrate est exaucé, je marche sur la pointe des pieds dans les couloirs me reliant des toilettes à ma chaise à roulettes. Le bruit des talons qui veut dire « je vais pisser », « j’ai fini de pisser » et «vu le temps que ça a duré c’était bien plus qu’un simple pipi » très peu pour moi. Je fais aussi moins la belle quand à 16 h je commence à m’étirer dans tous les sens, au bord de la raideur cadavérique. Je ne supporte pas d’être assise si longtemps, j’ai l’impression que mes fesses rentrent à l’intérieur et que mes bras vont rester pliés en angle droit toute la vie.

On rêve toujours de ce que l’on n’a pas. Normal une fois qu’on l’a atteint c’est plus un rêve mais une réalité. Ou alors je suis juste qu’une grosse chieuse…

Et vous, avez-vous des rêves bizarres que vous avez atteint … ou pas ?


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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 08:00

Aujourd’hui j’ai 28 ans. Chaque anniversaire est pour moi l’occasion de faire un retour sur moi-même purement égocentrique histoire de voir le chemin parcouru. Un peu comme lorsque l’on dessine au stylo sur un plan  le trajet que l’on vient de faire en se disant « ouah quand même ». Cela fait un peu plus d’1 an que j’ai arrêté les petits boulots. A 26 ans et des brouettes j’étais encore en train de régler des bretelles de soutiens gorge à des femmes pas toujours bien fraîches en rêvant de jours meilleurs.  Aujourd’hui j’ai un job qui me plait mais j’ai pris goût à tester de nouveaux jobs et comptent bien multiplier les expériences jusqu’à ma retraite à 80 ans.

Si je devrais résumer quelques faits « marquants » pouvant expliquer ce que je suis j’énumèrerais la liste ci-dessous.

5 ans et demi : J’apprends à lire grâce à l’émission « des chiffres et des lettres » et devient l’exception à la règle comme quoi la télé rend con.

10 ans : J’écris son premier livre avec ma meilleure amie. 15 pages avec illustrations aux feutres succès mondial dans ma classe de CM1.

14 ans : Je vis l’âge difficile où on a envie de rouler sa première galoche, d’être danseuse, d’arrêter de porter des lunettes et de rencontrer les Wolds Appart.

15 ans : Je rate mon brevet des collèges et me dis que je suis quand même mal barrée. Et puis je n’ai encore pas roulé de galoche.

15 ans et demi : je commence à mettre un pied dans le monde fascinant du travail en étant employé deux étés de suite à l’usine d’œufs.

16 ans  : je redouble la seconde et me dis que j’ai dû péter un miroir l’année dernière. Merde 7 ans dans la mouise, ça fait long. Ceci-dit, entre temps je l’ai roulé cette galoche !

19 ans : J’ai mon bac sans mention. A moi Montpellier, ses Cité U et la vie étudiante ! J’étais rassuré je n’avais finalement pas pété de miroir.

23 ans : j’obtiens ma licence et me dis que ça ne sers un peu à rien tout ça. Je file vivre à Barcelone.

23-25 ans : Les petits boulots ne sont plus réservés aux 2 mois d’étés et deviennent mon pain quotidien.

25 ans : Je quitte Barcelone pour Toulouse non par envie mais parce que j’ai rencontré un garçon et parce que je souhaite reprendre ma « vie en main ».

25-27 ans : Pour la « vie en main » on repassera et on repart pour 2 ans de petits jobs. J’ouvre un blog pour en rire et parce que je me dis que ça m’aidera peut-être à me trouver du boulot.

27 ans : Je suis contactée par l'adorable rédactrice en chef de maviepro pour écrire des chroniques sur la recherche d'emploi. Je rencontre dans la foulée la première personne qui me fait confiance et qui m’embauche pour un CDD de 3 mois. Mon CV devient crédible et je trouve un domaine qui me plait … grâce à mon blog.

28 ans : Maintenant que je ne me préoccupe plus de mon boulot je me préoccupe d’un tas d’autre trucs comme l’envie de faire le tour du monde, les 30 ans qui se rapprochent, le fait que je ne sache toujours pas négocier mon salaire etc.

Il y a bien d’autres faits marquants mais ils n’ont pas leurs places ici (genre première règle, tout ça …). J’entends au fond de la salle qu’on me demande ce que je souhaite pour mon anniversaire ?

Un petit commentaire ou un chèque.




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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 19:26

« Bon et tu fais quoi maintenant comme boulot ? » Depuis mes jeunes années j'ai habitué ma mère à des changements furtifs d'emploi, l'informant à chaque appel de ma nouvelle situation professionnelle : « ah ce boulot ? Noooon j'ai laissé tombé, maintenant je suis téléopératrice mais cette fois-ci je vends des fiches de cuisine ».

Lorsque j'étais étudiante j'avais toujours le droit à un : « tu fais quelle études déjà ? » parce que arts du spectacle on a un peu de mal à y croire. Je ne sais pas si c'est parce que j'explique mal ou parce que l'intitulé de mes études faisait très bling bling, toujours est-il que ma mère s'était mis dans la tête que je voulais devenir actrice et que j'avais choisi les études dans ce but. Dans le village de mon enfance, les informations se répandent comme une traînée de poudre, j'imagine comment la nouvelle devait résonner dans la tête des gens qui me connaissent comme une ado trop maigre avec de grosses lunettes.

De mon temps, les lunettes à la Camélia Jordana étaient loin d'être à la mode bien au contraire.

Lorsque ma mère me demandait dernièrement « et tu travailles dans quoi là ? » je pris une longue inspiration afin de trouver facilement les mots pour expliquer ce qu'était un community manager. Pour situer, ma mère fait partie des gens n'ayant encore ni ordinateur, ni téléphone portable et donc bien loin des réseaux sociaux. Je décidais de lui répondre le plus clairement possible,tenant à ma réputation et ne voulant pas que tout le monde me pense que j'étais « hackeuse » ou « créatrice de facebook ».

Car si je ne fais pas attention à la manière dont j'explique mon métier, tout le village croira ma mère quand elle dira « ma fille fait de l'informatique, elle a créé fessebouc pour des marques et fais des trucs pas bien clairs pour leurs attirer des visites ».

Je me devais d'être bien claire. « Alors tu vois, il y a des personnes qui se retrouvent sur internet sur des espaces que l'on appelle réseaux sociaux ... sur ces réseaux sociaux il y a plein de consommateurs, et ces gens là passent beaucoup de temps dessus à espionner les autres et à dire ce qu'ils font… Oui c'est vrai c'est un peu bizarre moi j'adore (hum, ne brouille pas les pistes tiens-toi en au fait). Nous alors on travaille pour des marques et on est aussi dessus... C'est un peu comme quand on lis un magazine et qu'il y a des pubs. En fait c'est comme si les pubs, elles te parlaient pendant que tu lis ton magazines et que tu pouvais parler avec elles. (Ou là je m'avance sur un terrain dangeureux du type « ma fille est folle » trouves une autre comparaison) … en fait on représente le visage humain des marques. Tu vois, une basket, par exemple, et bien, il y a des gens derrière, et on veut pas que les consommateurs nous voit juste comme une basket tu vois, mais plus comme une basket qui a du coeur  (Non non non la tu t'enfonces ma pauvre...). Et puis on organise des concours pour que les gens nous trouvent cool et sympas. Enfin voilà quoi. Comme ça les gens, ils savent qu'on est proche d'eux et ils viennent visiter le site internet où on vend des trucs et dans le meilleur des cas ils achètent. Voilà quoi …

- Oui oui je vois, je vois …euh ... et sinon tes chats vont bien ? »

Je laissais ma mère sceptique et préoccupée par la santé mentale de sa fille. Soyons réaliste, j'explique très mal ce que je fais. Je peux dire adieu à ma réputation, au mieux j'aurais le droit à « ma fille elle croit qu'elle fait parler les pubs sur internet, pour que les gens la trouve cool. Elle a l'air en mal d'affection, j'ai toujours su qu'elle était bizarre. De toute manière quand on veut devenir actrice ... »

J'aurais au moins essayé.

 

 

P.S. : Maman, j'exagère un peu hein tu le sais ...

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Published by La Brune - dans Humeur
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