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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 10:11

Quand je travaillais chez le Roi du Burger, je savais que l'on ne me laisserait pas débarrasser les tables indéfiniment. Au bout de deux semaines, on me ferait monter en grade. A ce sujet j'avais deux grandes hantises. La première était d'être en caisse, la seconde était de faire les hamburgers. On liquida vite ma première en constatant que mon niveau d'espagnol ne progresserait pas aussi vite que ma bonne volonté. Pour ce qui est de la deuxième, en revanche, tous les éléments étaient là. Je savais ce qu'était un sandwich, je connaissais les ingrédients et n'importe qui est capable d'empiler les ingrédients entre deux tranches de pains.
 
Croït-on.
 
"Bene aki, falta alguiene, vasse acère las ambourguesas" J'écris de la même manière que je comprenais l'espagnol à l'époque. Mal.
 
On entreprit de m'expliquer en 10 minutes comment ça fonctionnait. Le collègue chargée de m'enseigner les rudiments du sandwich n'était pas très pédagogue et voulu m'expliquer le plus difficile en premier : indiquer la fraîcheur de l'hamburger sur l'emballage en papier.
 
Brrrr. Rien que d'y penser j'en ai les poils des bras qui s'hérissent. Tout d'abord je ne comprenais pas pourquoi on devait indiquer la fraîcheur des hamburgers vu que ceux-ci étaient fait sur demande. Bref, je n'allais pas commencer à essayer de la contredire, de toute façon dans mon objection, je ne saurais dire que "porque tenemos que" suivi d'un frañol approximatif. J'écoutais donc la procédure à suivre pour indiquer la fraîcheur de l'hamburger destiné à se manger chaud. Cette procédure consistait à entourer sur l'emballage un chiffre selon l'heure qu'il était au moment où l'on faisait l'hamburger. Mais entourer 2.30 si on le fait à 14h30 étant trop simple, on jugea plus opportun de faire entourer un chiffre n'ayant rien à voir, tellement que je ne me souviens plus duquel. Disons 5. Donc la première chose à faire quand je fais un hamburger est de regarder l'horloge. Puis de m'emparer d'un stylo gras et d'entourer le chiffre.
 
Entendido ?
... No.
 
On embraya sur la composition des sandwichs, toutes plus ou moins la même. Puis ensuite on me montra comment empiler et emballer le tout pour passer au suivant.
 
Ce fut passionnant.
Et ce fut mon tour.
 
On me laissa seule devant les barquettes de nourriture ne demandant qu'à être recouverte d'un steack semelle et de deux tranches de pain.L'écran au dessus de moi me signala que les Bareclonais avaient faim et je devais commencer ma carrière de cuisinière en faisant un Big King.
 
Je pris un papier d'emballage puis je regardais l'heure. J'entourais un chiffre au pif et passais à l'assemblage. Qu'est-ce qu'on met déjà dans un Big King ?... Je regardais les ingrédients, tous plus crédibles les uns que les autres. Un peu de cornichon, de la salade, des tomates, ah et un peu de fromage aussi. Je passe le tout au micro onde pour que le fromage soit bien coulant comme on me l'a montré, en oubliant que cette étape se fait AVANT d'y intégrer la salade. J'embraye en mettant un steack et je referme le tout avec un autre bout de pain. Ca ressemble un peu à une valise trop pleine. J'emballe le tout dans le papier en serrant bien fort je termine en envoyant en caisse cet hamburger surprise, qui je pensais, passerait inaperçue.
 
C'était sans compter  sur les fans de junk food connaissant sur le bout de la langue le goût de tous les hamburgers parait-il si différent.
 
"Broune ?"
Je me retourne et tombe sur ma responsable tenant en ses mains ce qui a l'air de ressembler à un plat mal digéré.
Qu'est-ce que c'est que cet horreur ?
 
Ce fut le seul hamburger jamais fait chez le roi du Burger.
 

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 09:34

Une agitation certaine et inhabituelle règne dans la cuisine aujourd’hui à mon arrivée.

Des charlottes en plastique et des casquettes ont remplacé les cheveux gras en liberté. Des gants habillent les mains. J’essaye de former dans ma tête une phrase correcte en espagnol pour comparer la situation à celle que l’on pourrait trouver à la NASA, quand je vois leurs mines se blêmir en me voyant.

De toute évidence ils avaient oublié ma venue.

J’arrive donc avec mon polo jaune tâché de graisse de la veille, ma casquette trop petite et mon pantalon trop grand.
Au point où j’en étais du respect de moi-même, le look n’avait plus trop d’importance.

Ma responsable s’avance vers moi et me chuchote une phrase où je ne compris que les mots inspecciòn et mierda. Je fis rapidement la reconstitution l’inspection est là! ça va être la merde. Faisant partie de la communauté européenne et ayant tout de même signé un contrat, je trouvais sa réaction exagérée pour une simple visite de l’inspection du travail.
On m’affuble d’un tablier, pour je supposais alors, camoufler les tâches de graisses et être présentable. On troque ma casquette pour une charlotte en plastique. Alors là je ne comprends plus.

Puis je les vois.
Les inspecteurs sont là avec des thermomètres et des mines perplexes. Ils étaient donc plutôt présent pour contrôler les microbes clandestins. Ils ne seront pas déçus.
J’eus une pensée rapide pour les cafards à taille transgénique, qui, morts ou vivants jonchaient le sol du restaurant.
Les inspecteurs s’avancent, ma responsable ne se décolle pas de moi, tant mieux, elle me servira de traductrice si je dois répondre à des questions trop pointues. Mais non, elle préfère me mettre une pince en plastique dans les mains, me présenter aux inspecteurs et retourner à sa crise cardiaque.

Je me retrouve donc face aux steaks hachés, avec deux inspecteurs de l’hygiène m’observant et avec une pince en plastique dans la main. J’analyse rapidement la situation et me dis que poser cette pince pour faire comme tous les jours, c'est-à-dire frôler la gangrène en décollant les steaks dans le congélateur avec les doigts nus avant de les mettre à chauffer serait une erreur. J’allai donc utiliser cette pince pour faire mon travail.
Faites le test dans votre congélateur. Prenez une pince et essayez de séparer des aliments congelés entre eux sans y mettre les doigts... j’ai du mettre 5 minutes à faire chauffer le premier steak, décrédibilisant donc rapidement l’ambiance sérieuse et efficace du restaurant.

Je n’ose même pas savoir ce qui a été dit sur moi ce jour là pour justifier la lenteur de production.

Il n’est pas étonnant que l’hygiène soit un peu laissée de côté parfois, sinon il faudrait vraiment doubler les effectifs pour que ça tourne normalement. Par exemple après avoir ramassé les plateaux dans la salle, les jours normaux, on y passe rapidement un coup de torchon humide avant de les remettre aux caisses. Là il fallait les mettre à tremper dans trois bains différents dont un de désinfectant. Chose impossible à faire en période de rush.

Le restaurant ne ferma pas, je suppose donc que l'expèrience fut concluante. Le point positif est que je n'eus pas à faire de tour obscur et que je restais en cuisine.

L'inspection devrait quans même être là plus souvent.

Vu dans culturepub.fr hier... des gens qui militent pour le retour du Roi du Burger en France ... les inconscients.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 21:20

Il est un métier que tous les étudiants (sauf quelques exceptions aux parents généreux ou aux relations plus efficaces)  ont un jour exercé : travailler dans le grand monde de la restauration rapide, alias "Coéquipier de fast food".

Dans restauration rapide j’inclus les faiseurs d’hamburger, de pizzas, et toutes les autres structures où une fois au comptoir on s’adresse aux menus et pas à la personne qui vous fait face. Si vous faites partie de ceux qui commandent leur menu en regardant droit dans les yeux la personne en caisse au lieu de continuer à lire leur composition au dessus : chapeau !

Il y a  un été lointain, à Barcelone, je débarquais pour deux mois et avec assez d’argent pour tenir une semaine. Il me fallait donc trouver un travail rapidement. Mes cv traduit au mot à mot à l’aide d’un mini-dictionnaire sous le bras je m’en allais les répartir dans toute la ville, attendant que mon avenir professionnel me sourit enfin...

...Sur une cinquantaine de cv, juste le Burger King m’a rappelé. Il faut dire que mon Espagnol de l’époque n’était pas très crédible, mais suffisant pour travailler dans la cuisine du roi des burgers.
Je devins donc la préposée à la cuisson des steaks hachés et au ravitaillement de produits surgelés, entrecoupé de passage en salle. Il faut savoir que les gens là-bas ayant pour coutume de laisser leurs plateaux sur les tables, les renforts de passage en salle sont donc très fréquents.
Heureuse d’échapper à la caisse et à la préparation des hamburgers (le seul que je n’ai jamais fait ayant été retourné en cuisine par le client), j’effectuai mon travail avec les quatre mots d’espagnol que je savais.

Mais en caisse il aurait mieux valut être. Je n’aurais jamais eut à devoir déboucher les chiottes plusieurs fois par jour. Je m'explique.

Ames sensibles s’abstenir de lire la suite. Pour les courageux je remplacerais merde par rose, ça sera plus facile pour tout le monde.

On m’expliqua rapidement que dar una vuelta en la sala (faire un tour dans la salle nettoyer les tables des estomacs repus et vider les poubelles pleines et percées) signifiait aussi dar una vuelta en los lavabos (aller voir si il reste toujours du papier et si les toilettes sont dignes de nos respectueux clients). Les gens s’en allant en laissant les tables pleines je doutais fortement de l’état des lavabos.
Je ne sais pas si la nourriture que nous servions était douteuse, mais les gens avait pour coutume de laisser la cuvette des toilettes pleine de rose et les gens suivant peu farouches, venaient compléter le bouquet, en y déposant eux-mêmes leurs roses par-dessus ce qui rend l’évacuation plus difficile n’est ce pas, si l’un d’eux venait à avoir l’idée saugrenue d’appuyer sur la chasse d’eau.
Entre deux steaks hachés je devais donc me transformer en plombière à l’aide d’un balai espagnol SANS LES FRANGES. Ca peut paraître évident mais la première démonstration par une de mes collègues sur le pourquoi du comment du débouchage de toilettes avait était fait AVEC les franges du balai. Je vous laisse imaginer l’ambiance, j’en cauchemarde encore.

Le mode d’emploi était simple.

Premièrement : tu saisis un balai espagnol et tu prends la délicatesse de dévisser la tête du balai.
Deuxièmement : tu le plonges dans l’amas de rose.
Troisièmement : tu secoues celui-ci vigoureusement en prenant soin de t’écarter suffisamment des projectiles.
Quatrièmement : tu évites de vomir et tu prépares mentalement ta lettre de démission.
Cinquièmement : tu retournes à la cuisson de tes steaks. 

Mais comme d’habitude je restais et eut même la larmette à l’œil pour mon dernier jour de boulot.
Parfois je ne me comprends pas.

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