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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 14:14

L’autre jour j’ai reçu une demande d’une enseignante pour savoir si je souhaitais venir faire une intervention auprès de sa classe. Mon mandat serait simple : donner aux élèves des pistes sur la façon d’aider les chats errants.

Après avoir dit oui je me suis rendu compte que j’avais oublié de demander une information capitale : l’âge desdits élèves. Sont-ils des mouflets qui pouffent de rire quand on dit « cacaboudin » ou au contraire des pré-boutonneux qui ne pense qu’à snapchatter leur dégoût pour l’école et qui vont me rire à la face? L’enseignante me rassure : ils ont 10 ans. Soit l’âge auquel j’ai commandé ma dernière Barbie pour Noël, ça devrait aller. J’ai néanmoins demandé les conseils d’une amie institutrice sur quoi faire pour ne pas me faire jeter des boulettes de papiers.

Le jour J, alors que j’entrais dans la classe, l’enseignante me demanda de bien m’assurer que tous comprenaient les mots compliqués. J’ai réalisé alors, en me dirigeant vers le tableau, que ma présentation était truffée de « dégriffer », « stériliser », « euthanasier » certains allaient malheureusement réaliser que leurs parents n’avaient peut-être pas amené leur chat/chien/rat/oiseau/escargot « à la campagne ».

Étant habituée à donner des formations à l’intérieur d’un programme pour adultes dont le tiers de l’assistance passaient 70% du temps les yeux rivés à leur téléphone, 20% à regarder par la fenêtre et 10% à sortir remettre de l’argent dans le parcmètre... j’avoue que j’étais un peu intimidé par ces 56 yeux qui me regardaient, attentifs, attendant que je parle.

Comme brise-glace j’avais prévu une entrée en matière avec un Lol cat. Ça aurait provoqué des sourires gênés et peut-être compatissants avec les adultes, mais ça a déclenché un vrai rire franc chez les enfants en face de moi. Ragaillardie, j’ai dispensé mes bons conseils sur les petites choses qu’ils pourront faire pour aider les chats des ruelles. Je sais que les nuits où il va faire très froid et que les enfants diront en pleurant à leurs parents « oui mais la dame, elle a dit que quand il faisait très froid on pouvait faire rentrer les chats errants chez nous » je vais m’en prendre plein la figure en me faisant traiter sans doute « d’ostie d’épaisse mangeuse de marde », mais j’assume.

A la fin de ma présentation, sur les conseils de la professeure, j’ai terminé sur une note plus ludique avec une activité pour construire une cabane pour chats. Il faut savoir une chose : je ne suis pas DU TOUT manuelle, Je me suis engagée à décorer le hall de mon immeuble pour Noël, ça s’est soldé par des guirlandes flasques sur les murs, des boules à hauteurs inégales le long des boîtes aux lettres et du ruban adhésif partout, partout… partout.

L’activité consistait à faire un trou dans une boite en polystyrène et l’envelopper d’un rideau de douche pour la rendre plus étanche et plus jolie. J’avais amené tout le matériel et j’ai dû choisir mes assistants parmi tous les doigts levés de la classe. Le cœur serré, j’ai sélectionné 4 élèves, soit 2 fois trop par rapport aux tâches à faire. N’ayant jamais orchestré d’activité manuelle je n’avais rien préparé et leur ai donné le rideau de douche d’1m 70 x 1m50 pour emballer une boite un peu plus grande qu’une boite à chaussure. Pendant ce temps je m’occupais de creuser le trou au cutter en faisant attention de ne pas éborgner l’enfant à ma gauche.

On a terminé sans faire de blessés. Est-ce que la cabane était moche? Oui. Est-ce que les enfants étaient contents? Oui.

Ça m'aurait presque donné envie de devenir enseignante.

La cabanne
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 13:24

« C’est prévu pour quand ? »

C’est fort étrange de répondre à cette question par « la semaine prochaine ».

La semaine prochaine j’embraye sur le boulot le plus connu, celui occupé par le plus de monde, toutes classes sociales confondues, le moins bien rémunéré et sans congé : celui de parent.
Est-ce que je suis prête ?

Matériellement oui.

Psychologiquement…

Je me console en me disant que j’ai commencé des tas de boulots sans savoir exactement de quoi il retournait. J’ai été téléopératrice en étant terrorisée par le téléphone, vendeuse sans avoir la moindre notion commerciale, chargée SEO sans savoir ce qu’était un « page rank » ou un « linkbaiting ». Chaque fois, on m’a fait confiance et surtout on m’a offert une formation plus ou moins longue afin de pallier mes lacunes.

Et des lacunes pour ce nouveau travail, j’en ai en masse. J’ai bien eu des petits frères et une nièce comme modèle mais il faut savoir qu’à la base, je ne suis pas le genre de personne qui se jette sur les êtres humains de moins de 5 ans. Et si on m’en met un dans les bras, je deviens raide comme un piquet regardant la chose se tortillonner pour me donner toutes les difficultés à ne pas la faire tomber à terre. Puis j’attends alors qu’elle pleure, ce qui arrive à toutes personnes se retrouvant aux prises avec un être raide et stressé.

C’est bien pour ça que sur mon CV il n’y a aucune expérience comme baby sitter et que mon seul entretien en la matière s’est soldé par un échec.

Pendant ces 9 mois, j’ai donc tenté de me former à sa fabrication et à en prendre soin. Comme toutes les futures mamans, j’ai été quelques fois lire des horreurs sur des forums où  l’on parle avec des termes étranges comme « BB1 » et « gygy » (traduire en langage normal « premier enfant » et « le médecin qui me suit pendant ma grossesse »). Puis j’ai arrêté de les lire assez rapidement, la fois où une des participantes s’est mise à décrire la texture de la substance qui tapissait le fond de sa culotte en demandant à la populace « A votre avis C normal ? Lol ».
J’en frémis encore.

Ensuite, j’ai essayé les blogues  triés sur le volet et les livres spécialisés recommandés par mon entourage. Au final, les conseils se contredisent selon l’époque ou le pays où ils sont écrits. Le seul conseil que l’on peut en retirer si on lit entre les lignes : tous les mouflets sont différents.

Mon copain et moi-même n’avons pas eu envie de suivre les cours prénataux de groupe offerts au centre de notre quartier. Lui parce qu’il est traumatisé par cette image dans les films où les couples sont assis par terre à faire la respiration du petit chien en changeant les couches d’une poupée en plastique. Moi parce que je pensais ne rien apprendre de majeur au niveau de la théorie par rapport à toutes les lectures que j’avais faites.

C’est la pratique qui me manque. Alors pour me former, je regarde des  vidéos tutoriels, ce qui fait que mon historique YouTube trouve sa place entre celui de l’apprentie puéricultrice et de celui l’apprenti pédophile : « Donner le bain à un bébé », « nettoyer le nez d’un bébé », « érythème fessier »… et autres réjouissances qui ne me sauveront pas du ridicule mais qui m’éviteront peut-être d’appeler mes copines mamans en panique.

De toutes manières, comme dans tous mes boulots, les premiers jours seront un peu comme des OVNIS, comme dans tous mes boulots, au début, je tâtonnerai, ferai quelques erreurs, me remettrai en question puis rapidement je prendrai mes marques, m’intégrant rapidement et prenant le tout trop à cœur.

Le plus gros boulot de ma vie je sens.

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 10:17

Ils sont là. Il y a 5 ans, je ne les voyais pas pointer le bout de leur nez, ils n’arrivaient pas encore à m’atteindre, devant étoffer leurs CV à coup de stage non rémunérés et d’année sabbatique pour apprendre l’anglais.

Mais ça fait deux ans qu’ils sont là. Humbles, ils commencent par des petits contrats, des postes en dessous de leurs ambitions mais ils te toisent avec leur jeunesse, et leurs yeux qui ne connaissent pas les cernes te lancent un regard qui en dit long sur qui sera le boss de qui dans quelques années.

Ils ont l’âge de nos neveux, sortent de l'université et sont bourrés d’ambition. La relève.

Ils percent le marché avec leurs CV créatifs. Wo… Wor quoi? Word? C’est sooooooooo 2000. Une génération qui a eu un ordinateur avant d’avoir ses premiers poils sous les bras ne fait pas les mêmes CV que celle qui devait se rendre dans des cyber-cafés et appelait sans arrêt à l’aide ce bon vieux Trombi. (Si tu ne sais pas qui est Trombi, c’est que tu es le sujet de ce post, ou que tu es le grand-parent du sujet de ce post. Dans les 2 cas, bienvenue).

Leur CV, en plus d’être plus design et plus hot, sont aussi mieux garnis. Tout d’abord les formations. On a inventé des nouvelles formations adaptées au marché du travail avec un nom qui pourraient inspirer George Lucas s’il se décidait à faire Star Wars 7-8 et 9 « Bachelor Management des dispositifs de communication branding et ROI » ou encore « Bachelor Community management & contents» (plus de noms barbares ici).

Je me suis retrouvée l’autre fois à parler de web avec un jeune de 24 ans, chacun de ses anglicismes et théories appris en cour étaient des coups d’épée à mon autodidactisme de l’époque.

Mais encore plus dangereuses que les formations, ce qui fait le plus mal ce sont les expériences professionnelles.  «Après un voyage ressourçant de 3 mois en Inde  je suis allée aider à bâtir une école au Sri Lanka, puis j’ai rencontré un Argentin qui m’a embauché 6 mois pour l’accompagner dans son entreprise de cyclotourisme en Mongolie. »

À ton âge, moi je partais à Dublin pour le week-end et le défi était de savoir qui boirait le plus de pintes de bière par jour (le record est de 11. Bravo JC).

Hormis leur CV étoffé, et parfois leur insoutenable beauté juvénile qui agace forcement, ils ont d’autres qualités les bougres. Leur nouveauté sur le marché du travail leur confère un enthousiasme pétillant qui jure avec l’air désabusé de leurs aînés et leur intégration du mot «syndicat» 3 fois par phrases.

Trop jeune pour être une vieille de la vieille.

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 23:32

Je viens d’avoir 30 ans. J’aime bien faire des bilans. Quand je fais le ménage, je fais à chaque fois un bilan à mi-parcours de ce que j’ai fait (chiottes, salle de bain, cuisine) et de ce qu’il me reste à faire (lessive, repassage, vider le lave-vaisselle). Là où certains se décourageraient du travail qu’il reste à faire je me félicite plutôt du travail accompli.

Alors à 30 ans je me félicite de quoi?

Je me félicite de m’impliquer réellement pour la cause animale. Du ramassage de crottes dans les litières du refuge, à mon implication au comité de commination de celui-ci, je me bats comme je peux pour faire évoluer la situation des chats abandonnés ainsi que le bien-être des bénévoles. Il y a un travail colossal à faire mais on tient le bon bout.

Je me félicite de me contrefoutre de passer pour une dame aux chats.

Je me félicite d’être une bonne travailleuse, d’aller au travail avec le sourire et de faire mes tâches du mieux possible, depuis mon premier job.

Je me félicite d’avoir fait mon grand trou à Montréal avec un beau et grand appart, des amis géniaux et un compte en banque plus jamais en dessous de 0.

Je me félicite d’être toujours avec le  brun qui m’a arrachée à Barcelone.

Je me félicite de mon parcours et si je pouvais taper dans la main de mon moi de 21 ans qui vendait des fiches de cuisines par téléphone, ou à mon moi de 26 ans qui refermait des attaches de soutien-gorge sur des poitrines pas toujours bien jeunes, je me dirais « t’inquiètes, tout cela va te servir un jour ». Car oui, toutes mes expériences me servent aujourd’hui, j’y reviendrais plus tard.

Je me félicite également d’avoir un métabolisme me permettant de m’empiffrer comme j’aime le faire tout en continuant à rentrer dans mes pantalons de jeune fille.

Je me félicite de tout le chemin parcouru et je ne me décourage pas de celui qu’il reste à faire. Allez, je termine avec la psychologie de comptoir :

Je ne me décourage pas quand je me dis qu’à mon âge certains sont déjà parents, mariés, proprios.

Je ne me décourage pas quand je pense que je n’ai pas envie de me marier ni d’être proprio.

Je ne me décourage pas de ne pas arriver à mettre de côté pour la retraite.

Je ne me décourage pas de dépenser jusqu’à mon dernier dollars pour profiter du moment présent. (Le moment présent étant souvent une bière à proximité d’un babyfoot, ma nouvelle passion)

Je ne me décourage pas d’avoir encore une date de fin sur le permis de travail dans mon passeport.

Je ne me décourage pas d’avoir encore un travail temporaire.

Donc à 30 ans j’aime ma situation actuelle et pourvu que ça dure !

 

 

 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:39

Pendant deux ans j’ai écrit des chroniques pour le site maviepro.fr. On m’a proposé d’écrire sur la recherche d’emploi. Ça tombait bien… je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite.

Ça a commencé d’une manière un peu atypique. Un jour j’ai postulé à un concours de blog emploi. Je déteste les concours mais j’imagine que le community manager du site organisateur avait dû bien faire son travail et j’ai répondu favorablement au bout du 5ème mail. Après tout hein. Pensant que j’allais recevoir un mail « désolé vous avez perdu mais l’important c’est de participer » je n’en ai pas parlé. Et puis un jour je reçois un mail de félicitation. Pour une fois je n’avais pas gagné à la loterie 1 000 000 000 dollars ni une augmentation du pénis gratuite mais j’avais reçu le prix du jury de ce fameux concours. J’étais fière comme un pou que des textes aussi peu prétentieux que les miens reçoivent un prix. Et je dois avouer que de tous les prix en général le prix le plus gratifiant pour moi est celui du jury.

Mais les retombées furent minces, Sarkozy ne m’a pas invité à manger au Fouquets, et je continuais à habiter mon T2 bis à Toulouse à combiner mes 2 mi-temps.

Puis, il s’est passé quelques semaines jusqu’à ce qu’un ami de mon brun m’appelle, chose rare. Car en général les amis de mon brun ne m’appellent que pour me dire après minuit « viens chercher Nico il peut pas rentrer tout seul ».


Sauf que là il était 13h30.


« Je travaille dans les même locaux qu’un magazine en ligne, et j’ai parlé de ton blog à la machine à café. Il s’avère que les filles qui gèrent le magazine le connaissent et adorent. Elles voulaient savoir si tu aimerais écrire pour le site. »

J’étais en pleine période « Sex and the city », autant dire que me rapprocher de près ou de loin de Carrie Bradshaw était un rêve… même si porter des talons ne fut pas un franc succès.


C’est ainsi que j’ai commencé à écrire des chroniques. Des vraies de vraies avec des « contraintes » de longueur, des lettres de commande et des droits d’auteurs.

J’ai adoré faire ça. 

Malheureusement le magazine a dû cesser cette fin d’année. C’est un grand regret, car c’était une vraie source d’information réunie dans un seul et même endroit. Voilà je voulais rendre un petit hommage à Corinne Dillenseger, rédactrice en chef et Fanny Bonnin, journaliste et illustratrice du site, car il est certain qu’on entendra à nouveau parler d’elle ! Merci les filles et plein de succès pour 2012 !

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:06

J’ai toujours cru que je n’avais aucune vocation et aucun désir d’univers professionnel précis mais je dois me rendre à l’évidence, un désir j’en ai un : travailler avec les animaux.

J’aurais pu répondre un truc sexy à paillettes mais non : je pense que je me sentirai bien vivante et heureuse le jour où je pourrais faire quelque chose d’utile pour les sacs à puce tout crottés abandonnés par leurs gros connards de maître.

Oui oui : "gros connards".

Je trouve tous les animaux mignons. Même ceux avec les poils collés et leur yeux amochés qui sont mignons si on a de l’imagination. Les animaux je les aime mais je n’avais jusqu’à aujourd’hui pas l’once d’un courage pour me confronter à la détresse animale. Je ferme les yeux et je me bouche les oreilles lorsqu’un animal est susceptible de mourir dans un film, demandant à mon brun de me tapoter le bras quand je pourrais les rouvrir.

Je suis une mauviette.

Quand je vois un chat ou un chien seul dans la rue je lui invente toujours une belle histoire qui fait qu’il est la par choix et très heureux. Un chat est maigre et sale dans la rue ? Oh c’est qu’il est marginal et qu’il préfère vivre dehors.  C’est naze. Mais ça m’évite d’y penser et me donne un peu de contenance quand je suis en train de la perdre. J’étais encore en train de m’inventer une histoire rocambolesques à propos d’un chat errant en bas de chez nous quand me brun me regarde en soufflant.

"Arrête !"
?!?
"Tu m’énerves avec tes jérémiades à la con, tu dis que tu aimes les animaux alors fonce."

Il me parle comme ça parfois mon brun. C’est vrai que la seule fois où j’ai fait quelque chose pour un animal c’est quand j’ai sauvé mon deuxième d’une expédition pour la SPA et arrêter de manger du boeuf et de l'agneau. Rien d’autre monsieur l’agent.

Il faut que j’utilise ce que je ressens dans le ventre pour faire quelque chose de bien au lien de fuir dans un monde Disney où les animaux parlent et sont heureux. Je n’ai absolument aucune idée de par quel bout je vais prendre tout ça. Commencer à faire du bénévolat dans une association sans doute à côté de mon travail (que je n’ai pas encore trouvé).

Je suis venu à Montréal pour changer de vie alors il serait temps que je m’y mette non ?

Et puis si je peux faire équipe avec Rocco...

 

 

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 12:46

 

Vous avez forcément, un moment ou à un autre, demandé à une vendeuse si vous pouviez utiliser ses toilettes s'il vous plaît. Si vous prenez aujourd'hui vos précautions, c'est alors peut être votre mère qui a eu le regard plaintif alors que, vous tenant l'entrejambe en vous trémoussant comme un vers de terre, vous vous laissiez toiser par l'épicière.

Et chaque fois ces quelques secondes de réflexion de la vendeuse... ces longues secondes qui martèlent votre vessie, la même qui vient de déclencher son radar de toilettes sans champignon à proximité.

Voilà pourquoi vous n'aviez pas eu envie d'y aller quand vous êtes passée à coté de 3 toilettes publique et 2 bars PMU.

Ces secondes en disent long sur notre société, car, pendant que vous contractez votre périnée jusqu'à la crampe pour éviter le tsunami en boutique, la vendeuse, elle, se demande si elle a le droit ou pas de vous laisser pénétrer dans les waters corporate. « Et si la patronne rentre ? » « Et si elle pique un truc dans la réserve ? », « Et si je me faisais virer ? » « Pourquoi moi ? » Sont autant d’interrogations qui diffèrent votre soulagement d'une minute de plus.

Ces longues secondes où la vendeuse se cache derrière l'entreprise où elle travaille, tiraillée entre les deux consciences qui font partie d'un employé : la conscience professionnelle de la gentille vendeuse sous CDD payée au smic, aux cheveux attachés et parfumée mais pas trop et sa conscience propre, celle de la fille faite de chair et de vessie qui a pris ce job en attendant de trouver mieux.
Alors que celle-ci lui clame de cesser toutes ces interrogations débiles et de prendre le droit de faire pisser qui elle veut,la conscience professionnelle, elle, lui dit que si elle la laisse, elle devra alors laisser passer toutes les personnes qui lui demanderont de venir poser une pêche dans l'arrière boutique. Et qui en plus ne se sentiront même pas obligé d'acheter.

Puis, sans le savoir, vous êtes en train d'assister à une victoire, la conscience professionnelle finit souvent par capituler, vaincue par un délivrant « mais bien sûr » qui n'a l'air de rien comme ça mais qui vient de lever un majeur face aux conventions débiles que nous inculque souvent une entreprise. Cela n'empêchera pas la vendeuse de regretter son choix le moment où vous aurez poussé la porte des toilettes, cela ne l'empêchera pas non plus de vérifier que tout est bien en ordre après votre départ mais surtout … cela ne l'empêchera pas de recommencer !

Parfois la conscience professionnelle l'emporte, et on vous dira que les toilettes sont en travaux/partagés avec les boutiques d'à côté/occupés par une autre vendeuse victime de dysenterie. Et parfois même il n'y aura pas de combat tant la conscience professionnelle aura pris toute la place. C'est là que vous pourrez relâcher la pression pour vous lui exprimer vos plus profondes émotions.

Vous voulez vérifier mais n'avez pas envie de faire pipi ? Essayez avec « Pourrais-je faire de la monnaie pour le parking » ou « avoir une coupelle d'eau pour faire boire le chien ».

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:40

« Vous avez la carte du magasin ? »

Grrrrr.

Quoi que je réponde, je ne pourrais pas m'en tenir là. Si je dis oui, je devrais sortir la carte de mon portefeuille déjà encombré de tickets de caisse et de pièces oranges. Or, cette carte est probablement en train de servir de marque page ou de raclette pour récurer l'évier de ma cuisine. Je ferais bien semblant de lui sortir ma carte, pour qu'elle fasse semblant de me la tamponner, au moins tout le monde sera content.

Mais je ne suis pas assez bonne mime.

Il ne me reste qu'une réponse « non je ne l'ai pas ».
J'ai ouvert les vannes.
- Si vous voulez je vous l'a fait c'est gratuit et en plus ça vous donne lieu à plein d'avantages. Bla bla bla bla bla.
- Non je n'en veut pas merci, je la perds toujours et puis j'aime pas les cartes de fidélité.

Yeux ronds.
Serais-je en train de refuser cette carte de de moins d'un milimètre d'épaisseur à peine. Objet tout petit qui me donne pourtant le droit à une multitude d'avantages ?
Oui je refuse.

La vendeuse ne s'en tient pas là.
« Allez c'est gratuit ».

Elle insiste, alors c'est qu'elle doit être commissionnée pour débiter ses cartes. Mais je ne flancherai pas. Je me suis déjà laissée avoir par la vendeuse maquillée à la truelle de chez Séphora et j'ai déjà 5 cartes jamais activées dans ma poubelle.

J'ouvre la bouche en forme de coeur pour lui articuler un « non » mais elle me coupe pour me dire « en plus au dixième vous en avez un gratuit ». Sauf qu'au dixième tampon on y arrive rarement. Entre les oublis, les pertes et le jour où elle a plus d'encre dans le tampon on stagne à 3 cases tamponnées et on ne voit jamais se rapprocher les malheureux 10 % de réduction.

Je commence à m'impatienter attendant qu'elle veuille passer mon chèque dans la machine que je le signe et que cette histoire de carte de fidélité ne soit plus qu'un lointain souvenir. Mais je reste polie car j'ai déjà été dans ce rôle à la boutique de collants sauf que j'avais une méthode beaucoup plus intrusive « Votre nom s'il-vous plait ?
- Madame Michu, mais c'est pourquoi faire ?
- C'est pour conserver l'historique de vos tailles et de vos achats ainsi que vos modèles favoris. (Et surtout pour vous envoyer de la pub.)

- J'aurais besoin de votre email aussi...
- Ah et vous ne me donnez pas de carte ? »

Saletés de cartes qui ne permettent plus de ficher quelqu'un sans leur en donner la preuve.

Je ressors du magasin sans ma carte de fidélité. Je n'aurai pas d'avantages et continuerai à payer ma marchandises au même prix même si j'y vais jusqu'à ma mort. Mais je sais d'ores et déjà que la prochaine fois ce sera pareil. Peut-être qu'un jour elles me captureront et m'entraîneront dans la réserve « tu prends la carte ou tu perds un doigt ». Mais je ne cèderai pas.

Ah mais.




Cat-s-Eyes-Generique-Cat-s-Eyes.jpg






 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 13:15


Quand j'étais jeune et mince et que la cellulite était encore un truc de vieille, je regardais « Retour vers le futur » et m'interrogeais alors sur la pertinence du titre, trouvant qu'il aurait été plus adapté de l'intituler « Retour vers le passé ». Car oui, il passait bien son temps à retourner dans le passé.

Je cogite beaucoup quand je regarde un film, passant beaucoup de temps à relever les incohérences de scénario et à focaliser l'attention de mon partenaire de cinoche sur des détails sans importance. Ce qui me vaut aujourd'hui une solitude méritée lorsque je décide d'aller voir un film.

Et aujourd'hui, je me sens un peu comme Marty Mc Fly qui retourne dans le passé avec avoir pris sa Delorean. Sauf qu'ici la Delorean, c'est pôle emploi qui la remplace. Notre sacré pole emploi et sa décision foutrement molle à me donner une réponse en ce qui concerne mes allocations de survie sans qui rien ne serait arrivé. En effet je suis en train de vivre un véritable revival professionnel. Certains pourront parler de régression mais je préfère le terme de revival qui me va mieux au teint.

J'ai toujours été du genre nostalgique mais je n'ai jamais trop cherché à revivre une expérience passée. Mais la semaine dernière je fus tout d'abord rappelée par mon ancien ancien employeur, qui me proposait de reprendre une petite mission en SEO. Je me suis empressée d'accepter une fois que l'on a retrouvé la voiture emboutie par un demeuré n'ayant pas su gérer son demi-tour. Il était temps que je reprenne du service après 3 semaine d'inaction à rafraîchir mon mur facebook toutes les 10 minutes.

Je ne suis jamais retournée sur un ancien lieu de travail que pour récupérer un solde de tout compte. Je ne me sens plus à ma place dès les premières heures de mon dernier jour, un peu comme quand on se réveille dans une chambre d’hôtel et que l'on doit rendre sa chambre dans 3 heures. On se sent alors à moitié exclu alors que 2 heures avant on mouillait tendrement l'oreiller d'une auréole de bave.

Mais quand je suis retournée bosser chez eux, étrangement ça m'a même pas fait bizarre. Ou plutôt ce qui fait bizarre c'est l'impression que rien ne s'est passé entre temps tellement ça semble normal. Ça c'est bizarre. Vous me suivez toujours ?

Puis 2 jours après je reçus le message d'un ancien ancien ancien employeur. Je ne décrochai pas et levai les yeux à la recherche d'une caméra cachée. C'est « surprise sur prise » ? C'est « perdu de vue » c'est ça ?

« Bonjour Brune c'est la boutique de collants, je voulais savoir si vous étiez libre pour travailler quelques jours avec nous ? »

Glurps.

Elles savaient pourtant que je cherchais à quitter les mi-temps et les petits jobs pour suivre un semblant de carrière dans le web et la communication. Pourquoi me rappellent-elles donc ? Pôle emploi avait-il pris l'initiative de rappeler mes anciens employeur pour leur annoncer que j'étais de nouveau sur le marché ? Je me suis rendue sur les lieux piquée par la curiosité.

Je poussai la porte de la boutique comme on pousse celle d'un ex que l'on a quitté car il n'était pas assez beau. Je discutai un instant avec mon ancienne responsable et mes yeux scrutaient l'horizon repérant les nouveautés et se fixant sur les nouveaux coloris.

Je ne sais pas encore si je vais accepter... Je me suis dis que ça pourrait être rigolo de vendre des soutifs et des mi-bas pendant quelques jours. Et puis pour une fois que je peux aller bosser avec légèreté …

Et vous que feriez-vous ?

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 12:00


Chaque année, un peu avant noël, je dis toujours la même chose : « Nan je crois que je fête pas noël cet année, je vais me trouver une association ou je pourrais faire du bénévolat et passer le réveillon avec des personnes qui sont bien loin de la préoccupation du plan de table et du foie gras mi-cuit ».

Et chaque année, j'organise le réveillon de noël chez moi, sans plan de table, d'accord, mais avec du foie gras mi-cuit dans des assiettes en cartons dorés.

Dorures en cartons et flûtes de champagne en plastique. Je sais recevoir moi.

Je suis toujours pleine de bonnes intentions, projette de donner à telle asso, de faire de bénévolat dans telle autre, de passer un peu plus de temps avec Christian, qui fait la manche devant les Galeries Lafayette avec qui j'échange deux mots de temps en temps... avant de rentrer dans les Galeries pour voir les dernières collections.

Mais je ne fais rien. Je continue d'éviter soigneusement les jeunes de Greenpeace/Sidaction/enfance.

Jamais assez de sous. Jamais assez de temps.
Que je dis.

Il y a bien le don du sang, ça c'est important et utile... Mais la seule fois où je me suis dit « Allez aujourd'hui tu donnes ton sang » je me suis faite gentiment remerciée par l'infirmière car j'étais trop maigre.

Epoque regrettée.

Et puis il y a ce jour où j'ai reçu le mail que vous avez dû tous recevoir si vous êtes blogueurs, celui des Restos du Coeur, qui promet, en association avec Carrefour, 10 repas offert pour 1 billet écrit. Chouette, j'allais enfin pouvoir me rendre utile tout en restant le fessier bien ancré dans mon siège devant mon pc, chose que je ne sais que trop bien faire.

Sans doute ai-je trop attendu car l'opération est maintenant terminée.

Espèce de grosse feignasse de triple buse. C'est bien jolie de vouloir servir la planète mais ne faire qu'y penser ne sert à rien.

Alors aujourd'hui je m'engage devant témoins d'associer ma bonne volonté à de l'action, je suis au chômage je n'ai aucune excuse. Et puis j'en ai envie. Et vous, comment vous rendez-vous utile ?





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