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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 10:11

Quand je travaillais chez le Roi du Burger, je savais que l'on ne me laisserait pas débarrasser les tables indéfiniment. Au bout de deux semaines, on me ferait monter en grade. A ce sujet j'avais deux grandes hantises. La première était d'être en caisse, la seconde était de faire les hamburgers. On liquida vite ma première en constatant que mon niveau d'espagnol ne progresserait pas aussi vite que ma bonne volonté. Pour ce qui est de la deuxième, en revanche, tous les éléments étaient là. Je savais ce qu'était un sandwich, je connaissais les ingrédients et n'importe qui est capable d'empiler les ingrédients entre deux tranches de pains.
 
Croït-on.
 
"Bene aki, falta alguiene, vasse acère las ambourguesas" J'écris de la même manière que je comprenais l'espagnol à l'époque. Mal.
 
On entreprit de m'expliquer en 10 minutes comment ça fonctionnait. Le collègue chargée de m'enseigner les rudiments du sandwich n'était pas très pédagogue et voulu m'expliquer le plus difficile en premier : indiquer la fraîcheur de l'hamburger sur l'emballage en papier.
 
Brrrr. Rien que d'y penser j'en ai les poils des bras qui s'hérissent. Tout d'abord je ne comprenais pas pourquoi on devait indiquer la fraîcheur des hamburgers vu que ceux-ci étaient fait sur demande. Bref, je n'allais pas commencer à essayer de la contredire, de toute façon dans mon objection, je ne saurais dire que "porque tenemos que" suivi d'un frañol approximatif. J'écoutais donc la procédure à suivre pour indiquer la fraîcheur de l'hamburger destiné à se manger chaud. Cette procédure consistait à entourer sur l'emballage un chiffre selon l'heure qu'il était au moment où l'on faisait l'hamburger. Mais entourer 2.30 si on le fait à 14h30 étant trop simple, on jugea plus opportun de faire entourer un chiffre n'ayant rien à voir, tellement que je ne me souviens plus duquel. Disons 5. Donc la première chose à faire quand je fais un hamburger est de regarder l'horloge. Puis de m'emparer d'un stylo gras et d'entourer le chiffre.
 
Entendido ?
... No.
 
On embraya sur la composition des sandwichs, toutes plus ou moins la même. Puis ensuite on me montra comment empiler et emballer le tout pour passer au suivant.
 
Ce fut passionnant.
Et ce fut mon tour.
 
On me laissa seule devant les barquettes de nourriture ne demandant qu'à être recouverte d'un steack semelle et de deux tranches de pain.L'écran au dessus de moi me signala que les Bareclonais avaient faim et je devais commencer ma carrière de cuisinière en faisant un Big King.
 
Je pris un papier d'emballage puis je regardais l'heure. J'entourais un chiffre au pif et passais à l'assemblage. Qu'est-ce qu'on met déjà dans un Big King ?... Je regardais les ingrédients, tous plus crédibles les uns que les autres. Un peu de cornichon, de la salade, des tomates, ah et un peu de fromage aussi. Je passe le tout au micro onde pour que le fromage soit bien coulant comme on me l'a montré, en oubliant que cette étape se fait AVANT d'y intégrer la salade. J'embraye en mettant un steack et je referme le tout avec un autre bout de pain. Ca ressemble un peu à une valise trop pleine. J'emballe le tout dans le papier en serrant bien fort je termine en envoyant en caisse cet hamburger surprise, qui je pensais, passerait inaperçue.
 
C'était sans compter  sur les fans de junk food connaissant sur le bout de la langue le goût de tous les hamburgers parait-il si différent.
 
"Broune ?"
Je me retourne et tombe sur ma responsable tenant en ses mains ce qui a l'air de ressembler à un plat mal digéré.
Qu'est-ce que c'est que cet horreur ?
 
Ce fut le seul hamburger jamais fait chez le roi du Burger.
 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 12:46

 

Vous avez forcément, un moment ou à un autre, demandé à une vendeuse si vous pouviez utiliser ses toilettes s'il vous plaît. Si vous prenez aujourd'hui vos précautions, c'est alors peut être votre mère qui a eu le regard plaintif alors que, vous tenant l'entrejambe en vous trémoussant comme un vers de terre, vous vous laissiez toiser par l'épicière.

Et chaque fois ces quelques secondes de réflexion de la vendeuse... ces longues secondes qui martèlent votre vessie, la même qui vient de déclencher son radar de toilettes sans champignon à proximité.

Voilà pourquoi vous n'aviez pas eu envie d'y aller quand vous êtes passée à coté de 3 toilettes publique et 2 bars PMU.

Ces secondes en disent long sur notre société, car, pendant que vous contractez votre périnée jusqu'à la crampe pour éviter le tsunami en boutique, la vendeuse, elle, se demande si elle a le droit ou pas de vous laisser pénétrer dans les waters corporate. « Et si la patronne rentre ? » « Et si elle pique un truc dans la réserve ? », « Et si je me faisais virer ? » « Pourquoi moi ? » Sont autant d’interrogations qui diffèrent votre soulagement d'une minute de plus.

Ces longues secondes où la vendeuse se cache derrière l'entreprise où elle travaille, tiraillée entre les deux consciences qui font partie d'un employé : la conscience professionnelle de la gentille vendeuse sous CDD payée au smic, aux cheveux attachés et parfumée mais pas trop et sa conscience propre, celle de la fille faite de chair et de vessie qui a pris ce job en attendant de trouver mieux.
Alors que celle-ci lui clame de cesser toutes ces interrogations débiles et de prendre le droit de faire pisser qui elle veut,la conscience professionnelle, elle, lui dit que si elle la laisse, elle devra alors laisser passer toutes les personnes qui lui demanderont de venir poser une pêche dans l'arrière boutique. Et qui en plus ne se sentiront même pas obligé d'acheter.

Puis, sans le savoir, vous êtes en train d'assister à une victoire, la conscience professionnelle finit souvent par capituler, vaincue par un délivrant « mais bien sûr » qui n'a l'air de rien comme ça mais qui vient de lever un majeur face aux conventions débiles que nous inculque souvent une entreprise. Cela n'empêchera pas la vendeuse de regretter son choix le moment où vous aurez poussé la porte des toilettes, cela ne l'empêchera pas non plus de vérifier que tout est bien en ordre après votre départ mais surtout … cela ne l'empêchera pas de recommencer !

Parfois la conscience professionnelle l'emporte, et on vous dira que les toilettes sont en travaux/partagés avec les boutiques d'à côté/occupés par une autre vendeuse victime de dysenterie. Et parfois même il n'y aura pas de combat tant la conscience professionnelle aura pris toute la place. C'est là que vous pourrez relâcher la pression pour vous lui exprimer vos plus profondes émotions.

Vous voulez vérifier mais n'avez pas envie de faire pipi ? Essayez avec « Pourrais-je faire de la monnaie pour le parking » ou « avoir une coupelle d'eau pour faire boire le chien ».

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 14:40

« Vous avez la carte du magasin ? »

Grrrrr.

Quoi que je réponde, je ne pourrais pas m'en tenir là. Si je dis oui, je devrais sortir la carte de mon portefeuille déjà encombré de tickets de caisse et de pièces oranges. Or, cette carte est probablement en train de servir de marque page ou de raclette pour récurer l'évier de ma cuisine. Je ferais bien semblant de lui sortir ma carte, pour qu'elle fasse semblant de me la tamponner, au moins tout le monde sera content.

Mais je ne suis pas assez bonne mime.

Il ne me reste qu'une réponse « non je ne l'ai pas ».
J'ai ouvert les vannes.
- Si vous voulez je vous l'a fait c'est gratuit et en plus ça vous donne lieu à plein d'avantages. Bla bla bla bla bla.
- Non je n'en veut pas merci, je la perds toujours et puis j'aime pas les cartes de fidélité.

Yeux ronds.
Serais-je en train de refuser cette carte de de moins d'un milimètre d'épaisseur à peine. Objet tout petit qui me donne pourtant le droit à une multitude d'avantages ?
Oui je refuse.

La vendeuse ne s'en tient pas là.
« Allez c'est gratuit ».

Elle insiste, alors c'est qu'elle doit être commissionnée pour débiter ses cartes. Mais je ne flancherai pas. Je me suis déjà laissée avoir par la vendeuse maquillée à la truelle de chez Séphora et j'ai déjà 5 cartes jamais activées dans ma poubelle.

J'ouvre la bouche en forme de coeur pour lui articuler un « non » mais elle me coupe pour me dire « en plus au dixième vous en avez un gratuit ». Sauf qu'au dixième tampon on y arrive rarement. Entre les oublis, les pertes et le jour où elle a plus d'encre dans le tampon on stagne à 3 cases tamponnées et on ne voit jamais se rapprocher les malheureux 10 % de réduction.

Je commence à m'impatienter attendant qu'elle veuille passer mon chèque dans la machine que je le signe et que cette histoire de carte de fidélité ne soit plus qu'un lointain souvenir. Mais je reste polie car j'ai déjà été dans ce rôle à la boutique de collants sauf que j'avais une méthode beaucoup plus intrusive « Votre nom s'il-vous plait ?
- Madame Michu, mais c'est pourquoi faire ?
- C'est pour conserver l'historique de vos tailles et de vos achats ainsi que vos modèles favoris. (Et surtout pour vous envoyer de la pub.)

- J'aurais besoin de votre email aussi...
- Ah et vous ne me donnez pas de carte ? »

Saletés de cartes qui ne permettent plus de ficher quelqu'un sans leur en donner la preuve.

Je ressors du magasin sans ma carte de fidélité. Je n'aurai pas d'avantages et continuerai à payer ma marchandises au même prix même si j'y vais jusqu'à ma mort. Mais je sais d'ores et déjà que la prochaine fois ce sera pareil. Peut-être qu'un jour elles me captureront et m'entraîneront dans la réserve « tu prends la carte ou tu perds un doigt ». Mais je ne cèderai pas.

Ah mais.




Cat-s-Eyes-Generique-Cat-s-Eyes.jpg






 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 13:27

A l'époque, quand j'étais devant la télé, je me demandais toujours où ils trouvaient les zigotos qui peuplent les reportages télévisés des émissions passionnantes que je regarde. Qui pouvait bien vouloir offrir son visage à des sujets tels que « je suis chef de projet et je porte les guêpières de ma femme quand je suis en réunion », « ma femme est prostituée mais je suis jaloux » ?

Maintenant j'ai ma réponse : les « journalistes » (a-t-on vraiment sa carte de presse lorsque l'on cherche un homme qui porte les guêpières de sa femme ?) parcourent les blogs, viviers de personnalités et pathologies diverses et variées. Gens passionnés de collage de PQ, entrepreneurs chevronnés, homme fan de bottes et cuissardes, jeunes actifs habitués aux petits jobs …

J'imagine dans les rédactions, un sous-chef en train de dire à son stagiaire : « Bon Julien, non Sébastien ? Bref. Trouve moi une nana ou un gars qui vivraient que de petits jobs car je dois meubler le reportage sur la crise chez les jeunes. » Julien/Sébastien/Machin s’exécute et parcoure tous les blogs en recherche d'un galérien.

Nous y voilà.

Lorsque j'ai été contactée par commentaire pour raconter mon expérience entre 2 pages publicitaires devant des millions de téléspectateurs assoiffés de récit de vies pire que la leur, c'est avec plaisir que j'ai répondu oui.

L'idée d'apparaître dans un reportage raconté par une voix off dramatique et des extraits de chansons qui changent toutes les 15 secondes à cause des droits ne me branchait guère, mais je me disais que ça pouvait faire la blague auprès de mes amis et ma famille. Et puis ça aurait pu faire décomplexer quelques travailleurs dans la même situation que moi au passage.

Je racontais ma vie au gars de l’émission que j'avais au téléphone lui disant ce qu'il voulait savoir, ce que je faisais, pourquoi, où j'habitais, quel jour j'étais libre. Puis à la fin de l'appel il se ravisa « non je crois que ça ira pas je vois pas comment je peux mettre tout ça en image. »  C'est vrai qu'il ne faut pas oublier qu'un reportage, ça se regarde, et même si la tension dramatique des images des reportages télévisés se rapproche plus de « Bienvenue chez les Ch'tis » que de « Black Swan » il faut bien arriver à raconter visuellement une histoire en 10 min. Attardez-vous sur les reportages, il ne se passe rien, les protagonistes cuisinent, ouvrent des portes, font semblant de travailler ou de lire des papiers importants.

Et c'est vrai que l'idée de me faire filmer naturellement en déambulant dans les rues de Toulouse ou sur mon lieu de travail m'angoissait quand même un peu. J'évitais donc de lui suggérer des idées d'image, bien trop préoccupée par la mienne et me déprimant d'avance à l'idée d'apparaître à l'écran comme  une fille crispée à qui on aurait enfoncé un manche à balai dans le derrière.

« Mouai je sais pas trop je vous rappelle demain » me dis le « journaliste ».
Il ne m'a jamais rappelé.

J'ai perdu mon quart d'heure de gloire. Mais j'ai aussi peut-être sauvé mon honneur.

Je tiens à préciser que ce n'est pas « Confessions intimes » qui m'a appelé. Faut pas déconner j'aurais pas dit oui.

Enfin je crois.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 13:15


Quand j'étais jeune et mince et que la cellulite était encore un truc de vieille, je regardais « Retour vers le futur » et m'interrogeais alors sur la pertinence du titre, trouvant qu'il aurait été plus adapté de l'intituler « Retour vers le passé ». Car oui, il passait bien son temps à retourner dans le passé.

Je cogite beaucoup quand je regarde un film, passant beaucoup de temps à relever les incohérences de scénario et à focaliser l'attention de mon partenaire de cinoche sur des détails sans importance. Ce qui me vaut aujourd'hui une solitude méritée lorsque je décide d'aller voir un film.

Et aujourd'hui, je me sens un peu comme Marty Mc Fly qui retourne dans le passé avec avoir pris sa Delorean. Sauf qu'ici la Delorean, c'est pôle emploi qui la remplace. Notre sacré pole emploi et sa décision foutrement molle à me donner une réponse en ce qui concerne mes allocations de survie sans qui rien ne serait arrivé. En effet je suis en train de vivre un véritable revival professionnel. Certains pourront parler de régression mais je préfère le terme de revival qui me va mieux au teint.

J'ai toujours été du genre nostalgique mais je n'ai jamais trop cherché à revivre une expérience passée. Mais la semaine dernière je fus tout d'abord rappelée par mon ancien ancien employeur, qui me proposait de reprendre une petite mission en SEO. Je me suis empressée d'accepter une fois que l'on a retrouvé la voiture emboutie par un demeuré n'ayant pas su gérer son demi-tour. Il était temps que je reprenne du service après 3 semaine d'inaction à rafraîchir mon mur facebook toutes les 10 minutes.

Je ne suis jamais retournée sur un ancien lieu de travail que pour récupérer un solde de tout compte. Je ne me sens plus à ma place dès les premières heures de mon dernier jour, un peu comme quand on se réveille dans une chambre d’hôtel et que l'on doit rendre sa chambre dans 3 heures. On se sent alors à moitié exclu alors que 2 heures avant on mouillait tendrement l'oreiller d'une auréole de bave.

Mais quand je suis retournée bosser chez eux, étrangement ça m'a même pas fait bizarre. Ou plutôt ce qui fait bizarre c'est l'impression que rien ne s'est passé entre temps tellement ça semble normal. Ça c'est bizarre. Vous me suivez toujours ?

Puis 2 jours après je reçus le message d'un ancien ancien ancien employeur. Je ne décrochai pas et levai les yeux à la recherche d'une caméra cachée. C'est « surprise sur prise » ? C'est « perdu de vue » c'est ça ?

« Bonjour Brune c'est la boutique de collants, je voulais savoir si vous étiez libre pour travailler quelques jours avec nous ? »

Glurps.

Elles savaient pourtant que je cherchais à quitter les mi-temps et les petits jobs pour suivre un semblant de carrière dans le web et la communication. Pourquoi me rappellent-elles donc ? Pôle emploi avait-il pris l'initiative de rappeler mes anciens employeur pour leur annoncer que j'étais de nouveau sur le marché ? Je me suis rendue sur les lieux piquée par la curiosité.

Je poussai la porte de la boutique comme on pousse celle d'un ex que l'on a quitté car il n'était pas assez beau. Je discutai un instant avec mon ancienne responsable et mes yeux scrutaient l'horizon repérant les nouveautés et se fixant sur les nouveaux coloris.

Je ne sais pas encore si je vais accepter... Je me suis dis que ça pourrait être rigolo de vendre des soutifs et des mi-bas pendant quelques jours. Et puis pour une fois que je peux aller bosser avec légèreté …

Et vous que feriez-vous ?

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 14:40

 

En voilà un petit boulot dans lequel je n'ai pas fait carrière. Vendeuse de tout et n'importe quoi pendant des années, téléopératrice en tout genre : oui. Mais nounou … non.

 

« Fais un peu de baby sitting ». Mon entourage était unanime, pour me faire 4 sous je devais garder des mouflets. Sauf que mon entourage ne m'avait jamais vu avec un être de moins de 5 ans. Quand je porte un enfant, je me comporte comme si je portais une cagette de nitroglycérine, et si je me retrouve à devoir agir avec (jouer, le faire manger ou pire le laver) je suis aussi à l'aise que si je portais une cagette de nitoglycérine, le tout sur une piste de dancefloor.

 

Les gamins sont certes des choses mignonnes, mais j'ai l'impression que dès que j'en porte un il tortille, pleure, devient tout rouge, bref des choses que je ne peux gérer qu'en interpellant la maman « il fait des trucs bizarre là tu peux le reprendre » et d'être après stressée comme si j'avais commis la tentative d'un homicide involotaire.

 

J'ai appris plus tard que quand ils deviennent rouge ils sont probablement en train de couler un bronze, ce qui ne me réconforte guère.

 

Le baby sitting donc c'était niet, nada, never. J'aurais bien trop peur de me retrouver en prison. En revanche, le baby sitting de nuit me rassurait, à condition que le mouflet dorme. Il suffit dans ce cas d'arriver, de souhaiter bonne soirée aux parents, de s'installer dans le canapé et de mater un film en attendant leur retour du cinéma.

Ajoutons à cela une demi-douzaine d'aller-retour dans la chambre du chieur pour vérifier qu'il respire toujours et on a là une soirée à peu près tranquille et pas trop mal payée.

 

J'ai souvent gardé ma nièce en toute tranquilité, pensant que si il arrivait quoi que ce soit, étant de sa famille, je pouvais toujours la transfuser ou appeler mon frère en hurlant pour qu'il laisse tomber sa soirée « elle a fait cacaaa je sais pas faire », chose que l'on ne peut faire avec des parents inconnus.

 

Le baby sitting est donc resté pour moi une activité ponctuelle et nocturne, et c'était très bien comme ça pour la sécurité des enfants et ma tranquilité.

 

Sauf qu'un jour, je reçu une offre sérieuse de baby sitting lorsque je vivais à Barcelone « vous devrez le chercher à l'école, le faire jouer, manger en attendant que ses parents rentrent » me dit la femme du consulat qui n'avait probablement pas lu mon cv.

 

N'étant pas en mesure de refuser une quelconque offre d'emploi, j'acceptais de me rendre à l'entretien fixé chez la maman même. Et puis le gamin était relativement grand si il allait à l'école, il arriverait à parler si quelque chose ne tournait pas rond.

 

J'arrivais chez la mère, un peu stressée à l'idée qu'elle mette la vie de son garçon entre mes mains tremblantes. « Vous avez déjà fait du baby sitting ». « Oui, non, enfin un peu » … Mais j'avais des petits frères, avec qui ne n'avais pas vécu certes mais psychologiquement ca aide non ?

 

Elle me présenta le mouflet, et je fus alors plus intimidée encore que quand j'ai rencontré la mère. Je lui tendis ma main alors et me souvenu qu'on ne serre pas la poigne à un môme. Mais on fait quoi alors ? Mince, je lui fais la bise ?

Le môme et sa mère attendaient une quelconque réaction de ma part, je décidais alors de laisser le choix au mome en lui proposant de me faire un bisou, chose qu'il refusa achevant de me mettre mal à l'aise.

 

Nous avons conclut l'entretien pour la forme mais je su que l'on ne me rappelerait pas.

 

Le baby sitting c'est pas pour moi.

 

La-baby-sitter.jpg

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 14:43

 

Comme vous le savez, je suis en chômage prématuré. Ayant annoncé avec un peu trop d'avance mon départ pour Montréal, je me suis retrouvée contrainte à quitter mon job la semaine suivante, vu que de toute manière je ne comptais pas rester. Cette période de liberté contractuelle va me servir principalement à préparer mon départ. Il va aussi me servir à être bronzée avant tout le monde et à avoir un corps de Brithney lors de la sortie d'un nouveau single au vu des nombreuses séances de cafés au soleil et de sport en salle qui rythme mes journées.

 

Mais le premier objectif de ce chômage est à la base de trouver un appart et un job au Québec. En théorie. Mais on y reviendra.

 

La question que l'on me pose régulièrement vu que comme je suis au chômage j'ai du temps à tuer est :« alors ce départ, ça se prépare ? ». Beh 3 mois avant, y a pas grand chose à faire. Je sais que les journées hyperactives, elles arriveront 2 semaines avant le départ, quand il faudra vendre les meubles dans un ordre logique, c'est à dire ne pas dire « oui » début mai à l'acheteur du matelas, du frigo et du canapé au risque de finir par dormir en boule sur une étagère et de ne manger que des boîtes de conserve ou des gâteaux secs. Il faudra aussi faire les bagages et choisir les fringues et les chaussures que je devrais emporter, ce qui n'est pas une mince affaire. Et il faudra aussi stocker quelque part tout ce que nous ne serons pas résolu à voir partir. « Non pas l'étagère noire, elle a fait tous mes appart, j'vous en supplie laissez-la moi …. ». J'attends avec impatience ces journées qui auront un goût de départ où j'hurlerai « Putain mais pourquoi j'ai pas fait ça avant ! ».

 

Mais il y a néanmoins des choses que nous avons déjà faites, qui nécessitent de l'anticipation et des économies : la préparation des chats. Tous nos amis nous rient au nez quand on leurs dit qu'on embarque les bestiaux, chacun y allant de sa suggestion : « fais-en des pantoufles », « vous pouvez toujours les congeler », « laisse-les chez le père de machin, il est allergique »... Bref, cela paraît abérrant qu'on les emporte mais en même temps pour nous c'est tout naturel...

 

...Enfin jusqu'à ce que l'on se renseigne du comment fait on passer la frontière sans encombre à deux chats français. Notre bouche s'est allongée au fil de l'énumération de tout ce qu'il fallait faire, et notre lèvre inférieure à atteint le carrelage à l'annonce du prix. Nous avons donc fait pucer, passorteuropéaniser, vacciner les félins pour une somme frôlant l'indécence. On a hésité à vendre un rein mais en même temps on s'est dit qu'un rein de trop pouvait nous servir si je ne trouve pas de boulot tout de suite.

 

Alors en attendant je fais beaucoup de choses, mais dans ma tête, des listes à n'en plus finir de choses qu'il faudra faire. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui il fait beau.

 

Je crois que je me la coule douce. Un peu trop peut-être non ?

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 15:49

 

 

Imaginons un instant que ce blog s'appelle mespetitsappart que je puisse lancer une petite bouteille à la mer. Promis je le ferai qu'une fois.

 

Je recherche un appartement avec 2 chambres afin de nous abriter moi, mon brun, une amie et mes deux gros chats lorsque nous arrivons tous à Montréal début juin.

 

La répartition se fera équitablement moi, mon brun et les deux fauves dans une chambre, notre amie dans l'autre. On cherche un appart pour le mois de juin, le temps de poser nos valises, de pleurer deux ou trois fois et d'hurler de joie 4 heures par jour.

 

Je profiterai aussi de ce mois de juin pour chercher un appart fixe qui nous abritera, moi et mon arche de Noé.

 

L'appartement serait meublé, car nos 23 kilos de bagages ne nous permettront pas d'emporter notre clic clac et autre étagères suédoises que nous aimons tant.

 

Nous vous rendrons l'appartement dans l'état auquel nous l'avons trouvé, au poil de cul dans la baignoire près. En revanche je ne garantis pas que ce soit le poil de cul d'origine. Les meubles seront respectés et choyés comme si c'étaient les notres.

 

Vous partez en vacances ? Rassurez vous, les plantes vertes seront arrosées et les lieux aérés plusieurs fois par jour. Nous relèverons votre courier et en feront un petit tas qui vous attendra à votre arrivée. On fera peur aux voleurs aussi car je vous l'ai pas dit mais je suis ceinture jaune de karaté.

 

Nous avons de l'argent, enfin juste assez pour ne pas se retrouver avec un parpaing attaché aux pieds lestés au fond du fleuve par vos soins. Nous pouvons mettre 1200 dollars dans cette location temporaire. Si l'appart est vraiment super top méga cool alors on pourra gonfler nos prix, mais dans la limite du raisonnable.

Ou vous faire un massage du dos. Ou des pieds. Mais pas plus.

 

En gros il faut lire entre les lignes mais si tu vis dans un 4 ½ , que tu pais ton loyer pas trop cher et que tu veux te faire un peu de sous avant de partir en vacances, et si tu as des amis qui peuvent t'héberger 4 semaines, alors sous-loue nous ton appart !

 

(Si tu as un superbe 3 ½ à partir de juillet ça marche aussi (pour 1000 $ maxi par contre))

Envois un e-mail à mespetitsboulots@free.fr 

 

Photo des lol cats concernés :

 

lol-cat-2.JPG

 

Edit : les moustachus ci-dessus et moi-même avons trouvé un logement temporaire. Nous sommes forts heureux.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:50

Aujourd'hui, j'ai eu mon premier rendez-vous à Pôle emploi pour me réinscrire officiellement comme chômeuse et faire ma demande d'allocation. Je n'y suis jamais entrée en pensant y trouver un travail, surtout pas maintenant que je compte mettre les voiles, mais tout de même aujourd'hui, j'ai pris une claque.
Aller à Pôle emploi, c'est un peu comme se baigner dans une piscine d'huile de friture : on en ressort toujours un peu alourdi en se disant « putain je veux pas y retourner ». Aujourd'hui j'ai eu l'impression de me baigner dans de l'huile ayant servi à faire frire les potatoes de toute la France depuis 1994.
L'horreur quoi.

Tout d'abord les locaux. Pour mon premier rendez-vous l'année dernière, les locaux étaient des préfabriqués, et avaient donc une excuse toute trouvée pour être glauquissime. Mais là, … qui dit « préfabriqués » sous entend « travaux » tout de même. Je les cherche toujours...
Architecte est pourtant un métier répandu non ?

Allez, vous voudrez bien une visite guidée !
Le hall d'entrée tout d'abord, montre ce à quoi on a affaire. Sinistre, lugubre, avec des plantes vertes en plastique qui ne sont pas sans rappeler celles qui décorent les tombes. Quelques fascicules, représentant la seules touches colorées de l'ambiance, viennent agresser dès la file d'attente rappelant pourquoi on est là.

Au loin, une table et quatre chaises pour s'asseoir et éviter de tomber dans les pommes à la vision de temps de sinistrose. Je me demande si les lieux n'auraient pas servi de tournage pour Saw 1 (2, 3, 4, 5 et 6 aussi peut être), le déménagement dans des préfabriqués expliquant sans doute cela.

Derrière moi, sur la gauche, se trouve une alcôve où sont emmenés les jeunes premiers qui ne savent pas encore ce à quoi sert Pôle emploi. Ils s'assoient alors 4 par 4 et regardent un écran fixé au mur (ambiance hôpital ou motel miteux, au choix) où une animation leur explique en 10 longues minutes ce à quoi sert Pôle emploi. La première fois où l'on m'a parquée dans un endroit de ce type j'ai d'abord cru à une blague.

Mais non.

Je vous passe les guichets, les affiches décollées au mur pour que nous en arrivions directement aux bureaux.
Après avoir décliné mon numéro d'identifiant, je suis convoquée dans des bureaux individuels pour me faire réinscrire à 2 doigts sur un ordinateur qui « fait que planter aujourd'hui ». Les cloisons ne sont pas totalement fermées, ce qui fait que je peux écouter mon semblable de la cellule d'à côté qui cherche un boulot comme mécanicien. On lui propose un 18h par semaine, un peu loin certes, mais ça vous intéresse ou pas ? CA VOUS INTERESSE OU PAS ? Euh on a le droit de dire non ? Il esquive intelligemment. Je suis fière de lui. Passons à l'annonce suivante.
Je regarde par les lamelles de fenêtre au travers des lamelles de stores perpétuellement entrouverts et mon regard s'arrête sur des arbres qui me redonnent un peu goût à la vie.

La personne en face de moi fait son job et me pose les mêmes questions que l'on m'a posé l'année dernière.
Puis après avoir fini la procédure, elle fait des bruits de bureau : elle agraffe, elle ouvre et ferme des tiroirs, elle clique, elle photocopie, elle imprime, elle plie, et pose mon petit dossier de demandeuse d'emploi et sur le bureau en imitation bois de chêne.

Dans ce dossier se trouve des fascicules en veux tu ben en voilà, des papiers que je ne lirai jamais et une grosse brochure sur la recherche d'emploi avec un gars qui sourit. Je songe à combien d'arbres on abat chaque année pour fournir en dossiers inutiles les demandeurs d'emploi et ça finit de m'achever.

Je m'avance vers la sortie et tiens la porte à une femme d'une cinquantaine d'année, sans doute récemment licenciée. Elle met peut-être tout ses espoirs dans cette structure. C'est probablement sa première visite, elle aura donc le droit à la représentation vidéo de ce qui l'attend. Bonne chance Madame.

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 12:00


Chaque année, un peu avant noël, je dis toujours la même chose : « Nan je crois que je fête pas noël cet année, je vais me trouver une association ou je pourrais faire du bénévolat et passer le réveillon avec des personnes qui sont bien loin de la préoccupation du plan de table et du foie gras mi-cuit ».

Et chaque année, j'organise le réveillon de noël chez moi, sans plan de table, d'accord, mais avec du foie gras mi-cuit dans des assiettes en cartons dorés.

Dorures en cartons et flûtes de champagne en plastique. Je sais recevoir moi.

Je suis toujours pleine de bonnes intentions, projette de donner à telle asso, de faire de bénévolat dans telle autre, de passer un peu plus de temps avec Christian, qui fait la manche devant les Galeries Lafayette avec qui j'échange deux mots de temps en temps... avant de rentrer dans les Galeries pour voir les dernières collections.

Mais je ne fais rien. Je continue d'éviter soigneusement les jeunes de Greenpeace/Sidaction/enfance.

Jamais assez de sous. Jamais assez de temps.
Que je dis.

Il y a bien le don du sang, ça c'est important et utile... Mais la seule fois où je me suis dit « Allez aujourd'hui tu donnes ton sang » je me suis faite gentiment remerciée par l'infirmière car j'étais trop maigre.

Epoque regrettée.

Et puis il y a ce jour où j'ai reçu le mail que vous avez dû tous recevoir si vous êtes blogueurs, celui des Restos du Coeur, qui promet, en association avec Carrefour, 10 repas offert pour 1 billet écrit. Chouette, j'allais enfin pouvoir me rendre utile tout en restant le fessier bien ancré dans mon siège devant mon pc, chose que je ne sais que trop bien faire.

Sans doute ai-je trop attendu car l'opération est maintenant terminée.

Espèce de grosse feignasse de triple buse. C'est bien jolie de vouloir servir la planète mais ne faire qu'y penser ne sert à rien.

Alors aujourd'hui je m'engage devant témoins d'associer ma bonne volonté à de l'action, je suis au chômage je n'ai aucune excuse. Et puis j'en ai envie. Et vous, comment vous rendez-vous utile ?





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Published by La Brune - dans Humeur
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