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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 02:59

Si j’ai bien appris une chose ces derniers jours, c’est que l’on ne s’improvise pas assistante administrative. Le fait qu’il existe une flopée d’étude pour ce boulot aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Mais n’oublions pas que je fais partie de ceux qui ont appris à nager tout seul et non au terme de longue session avec un maître-nageur en moule bite.

Mais on ne s’improvise pas assistante administrative.
 
Encore moins dans une boite où on est tous nouveaux et où l’on cherche tous à travailler ensemble, du mieux que l’on peut dans une organisation où la logique n’est connue que de la boss, et des stagiaires précédents.

Ça c’est pour les circonstances atténuantes.

Les ennuis ont commencé le jour où ma boss m’a dit « J’y vais, transfère-moi les appels importants sur mon cell (portable) ».
« Ok pas de soucis. »
Un transfert d’appel, pas de quoi se créer un ulcère.

« Tu appuies sur liaison, tu mets la dinde au four et tu raccroches. »

Ce n’est pas exactement ce que ma dit ma boss pour m’expliquer la procédure visant à la mettre en relation avec quelqu’un à distance en passant par moi mais rappelez-vous l’accent, tout ça.

Un appel.
« Pourrais-je parler à ta boss ? »
« Euh… un instant ! »

Alors … liaison… dinde au four…..

Évidemment, ça marche pas. Je me suis retrouvée à faire des aller-retour entre ma patronne, son interlocuteur, ma patronne irritée, son interlocuteur poli, ma patronne excédée, son interlocuteur septique.

Et de finir par prendre un message sur un bout de papier.
Une valeur sûre le papier.

Ca a continué avec l’imprimante. Une imprimante c’est un peu pour moi un robot qui froisse le papier, en fait une boule et imprime parfois. Je déteste les imprimantes. Dès que j’en touche une il se passe un truc pas net, des voyants qui ne s’allument jamais s’allument en rouge ou orange, les couleurs où l’on s’inquiète, ça bloque, ça fait du bruit. Et n’essayons même pas de voir ce qui se passe dedans car toutes les pièces mobiles ne le sont pas assez pour voir à l’intérieur et si on s’amuse à en sortir une on ne peut plus la remettre, comme si elle avait gagné 2 centimètres à l’air libre.

Et quand tout refonctionne enfin, on s’aperçoit que ce robot cracheur de papier a entreprit d’imprimer autant d’exemplaires que mes doigts frénétiques ont cliqué pensant que ça résoudrait le problème. C’est vrai qu’imprimer 515 fois un tableau peut-être utile au cas où si on renverse son café sur les 514 autres exemplaires.

J’ai aussi dû apprendre la facturation de A à Z. Enfin surtout de A à D ou à E.
C’est vrai, jusqu’à il y a pas longtemps, la comptabilité était un écriteau sur le bureau d’où sortaient mes fiches de paie. Rien de plus.
Je m’en suis pas trop mal sortie si l’on oublie la demi-douzaine d’appels par jour à la comptable et à la maintenance du logiciel de compta.

Tout le reste, je le fais bien.
Enfin je crois.

Ou plutôt je le faisais.

Car je me suis faite licenciée hier.

Je reviens dessus très vite.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 11:12


- Bonjour pourrais-je parler à Roger Tremblay s’il-vous-plait ?
- Roger Tremblay ne travaille plus là c’est Pierre Dziounh qui s’occupe de ca.
- D’accord je pourrais avoir son adresse courriel ? (on ne dit pas e-mail)
Pierre Dziounh a commercial ( exit le arobase) blablabla point C.A.
- Vous… Vous pouvez m’épeler son nom?
- P.I.E.R.R.E Dziounh.

De toute évidence le Monsieur n’avait pas un nom de famille qui ne s’épelle plus comme Halliday ou Chirac.
Je cherchais au fond de ma culture générale un nom québécois assez connu pour ne pas être épelé …. 

J’ai compris tous les mots…. J’ai bien compris merciiiIIIIiiiiii.

Dion.
D.I.O.N.

Je relevais l’adresse courriel en écrivant de manière approximative ce qui se trouvait après le arobase.
Autant vous dire que j’ai reçu un nombre de mail failed explosant ceux qui cherchent à agrandir votre appareil génital.

Bref, la vente par téléphone, je la sentais pas. Et à moins de vouloir démarrer ma vie professionnelle québécoise sur un échec gratiné, il fallait que je cherche le moyen de me sortir de là. Rapidement, car dès le lendemain je commençais la vente pure et dure. 

Quien no llora no mama. Si il y a une phrase que je me ferais bien tatouer en bas des reins si seulement j'avais pas peur de devenir vieille et ridée serait celle-ci. Cette phrase apprise à Barcelone et qui peut se traduire joliment par « Qui ne pleure pas ne tête pas » est un peu mon guide spirituel.

En gros c’est un peu notre « qui ne tente rien n’a rien » mais en plus maternel.

Je décidais donc de dire que je ne voulais pas faire de vente par téléphone. Au pire je me prendrais une vague de « ostie, tabernacle, calisse » dans la tronche au mieux je prendrais la porte.

Après trois Notre Père et quatre Je vous salue marie, je m’avançais pour parler à l’associé de ma patronne, qui semblait être le moins convaincu à juste titre par mes compétences en matière de télémarketing. « Dîtes, je crois que je ne serais pas très bonne là-dedans, alors je propose de faire plutôt de l’administratif histoire de vous alléger dans votre charge de travail ». Ayant moyennement envie de répéter la même phrase plusieurs fois, je pris ma plus belle intonation d’orthophoniste.

J’argumentais sur mes hypothétiques nouvelles fonctions, me créant moi-même le poste en quelque sorte. Je m’entendis même renégocier mon salaire vu que ne vendant plus, je ne toucherais plus de commission.

Celui qui pense que de toute façon je n’en aurais jamais touché est un médisan.
Perspicace, mais médisant.
La nouvelle fut plutôt bien accueillie et en l’espace de 15 minutes je passais du statut de vendeuse d’espace publicitaire par téléphone à assistante administrative.

Avec 2 dollars de plus par heure.

Quien no llora no mama non ?

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 02:31

« Ostie, tabarnacle, calisse ». Lundi Matin, je pousse la porte de mon nouveau travail. Ma patronne, jure au téléphone tout en me saluant de la main, dessinant des arcs-en-ciel de fumée avec son mégot. Une boite où on jure et où on fume, le rêve de bien des gens pour une première journée.

On est lundi et à part savoir que je vais souffrir de tabagisme passif, je ne sais toujours pas ce que je vais devoir faire.
J’attends que ma patronne raccroche, prête à écouter son speech sur mes nouvelles fonctions. « Prends-toi un café après tu viens avec moi à mes rendez-vous. »

Cool.

J’ai passé ma première semaine à boire du café et à suivre ma patronne partout, toujours aussi peu fixée sur mon avenir dans cette boite éditrice d’un magazine de construction. Rendez-vous avec des architectes, magasins de bricolage, resto… Je savais qu’une grosse soirée allait être organisée en octobre par ma patronne pour fêter le milieu de la construction, que j’étais là en grande partie pour ça et puis c’est tout.

Chaque soir, j’étais incapable de dire en quoi consisterait mon boulot, et c’était un brin bizarre.

La deuxième semaine, on nomma enfin ce que j’allais faire : si j’étais d’accord, je vendrais l’espace publicitaire pour le magazine/livre qui sortira à l’occasion de la soirée. Ça c’est parce que j’ai écrit sur mon CV que j’étais à l’aise avec le téléphone. Cette ligne était juste là pour résumer toutes ces années de télémarketing. Le téléphone, je maîtrise mais de là à vendre de l’espace publicitaire à un québécois avec mon accent français de campagne il y a un monde.

Je redoutais cette fonction, faisant déjà répéter ma patronne 3 fois à chaque fois qu’elle m’adresse la parole.
Au début je prends un air vague qui lui montre que je n’ai rien compris, ensuite je lui réponds à côté ce qui la pousse à répéter sa question et enfin, je lui demande de reformuler en avouant que je n’ai rien compris.

Je vis une vie de malentendant. Sauf que j’entends très bien.

Au téléphone, je ne pourrais pas prendre un air septique ni mimer mon argumentaire. En clair j’étais perdue d’avance.



Je pris la nouvelle avec un grand sourire « Moi avec le téléphone ! No problem ».
Je détecte un air septique sur ma patronne à travers les volutes de sa fumée de marlboro.
-  J’ai pas de problème avec le téléphone, ça me va », reformulai-je.
- Tu veux manger du gaspacho ?
- D’accord pour vendre de la publicité pour le magazine/livre par téléphone, je suis ravie
- Cool, tu commences tes nouvelles fonctions demain

Ostie, j’étais mal barrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 13:47

Un entretien d’embauche. Ça faisait au moins 10 mois que je n’en avais pas passé. Autant dire que j’étais plutôt anxieuse. Est-ce que j’allais me rappeler comment on fait ? J’arrive je serre la main ou bien ? Et puis comment je m’habille déjà ? Parenthèse chiffon : étant venu avec 30 kilos de fringues sous le bras autant dire que je n’ai pas vraiment l’occasion de faire des effet de style : spartiate/jupe/débardeur uni ou spartiate/jupe/débardeur à rayures. J’optais plutôt pour le trio gagnant spartiate/jupe/débardeur à rayures.

Dehors, il pleuvait des cordes. Je pris donc mon parapluie pour couvrir ce qui situerait au-dessus de la table, c’est-à-dire le haut du corps et surtout la tête. Et s’il n’y avait pas de table ? Je marchais sous la pluie en espérant que le temps aurait rebuté les candidats. Je m’étais mis dans la tête que l’entretien serait collectif, bien trop traumatisée sans doute par les visites d’appartements où l’on était 10 par pièce, jouant des coudes pour arriver à voir quelque chose. J’arrivais à l’entretien les cheveux préservés quoi qu’un peu mousseux et la jupe faisant 2 kilos de plus et collant aux jambes.


J’étais seule. Et il y avait une table. Transparente.

Malgré le fait que j’avais l’air de sortir d’une piscine d’huile ils ne m’ont rien fait remarqué, m’invitant à m’asseoir sur un joli fauteuil rembourré chose que je ne fis qu’à demi-fesse pour éviter les "splochs" et les "ploufs" douteux.

Je postulais pour un magazine de construction. On me remit naturellement un magazine entre les mains.

Et là une grande question : suis-je censée feuilleter le magazine en écoutant la personne me parler quitte, à paraitre impolie ou bien j’écoute la personne en feuilletant distraitement le magazine ? Arf. Je me sentais comme un enfant chez un psychologue à qui l’on confie un jouet dont l’utilisation sera source d’interprétation.

J’ouvrais le magazine et commençais à lire l’édito en prenant l’air le plus passionnée possible pendant que je réagissais par des "hum" et des mouvements de têtes positifs à la présentation. Je n’arrivais bien sûr pas à lire les mots ni à voir les images qui représentaient des tâches de couleurs entourées de barres noires. J’entrepris alors de feuilleter le magazine et celui-ci fut-il en cyrillique cela n’aurait rien changé à mon expression perplexe.

Mince vient le moment où l’on me pose des questions, il faut que j’arrête avec le magazine. Je souhaitais néanmoins leur montrer que je considérais le produit et le conservais alors sous mes doigts, le caressant gentiment des mains comme si j’avais un chat sur les genoux. Je m’expliquais sur mon parcours en caressant le papier glacé. Mettant la main de temps à autre au milieu comme pour y puiser les bonnes réponses.

On m’expliqua les fonctions du poste, un peu d’administratif, un peu de ci ou un peu de ça. Et puis vu que je sais faire d’autre truc alors il y aura aussi un peu de ça. Je répondais avec aisance, le stress canalisé par le magazine.

Puis le ton est passé du conditionnel au futur et j’ai su que j’étais prise, comme ça naturellement. "J’ai un bon feeling, on va rappeler les autres pour les annuler."

Désolé les autres …

J’ai bien sûr négocié mon salaire comme une débutante et je suis partie sans savoir très bien en quoi consistait le poste.

Mais j’étais contente.

Je commence lundi prochain.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 13:54

 

Depuis mon arrivée à Montréal, je mange, je sors, je déménage. Et je cherche du boulot. Relax, mon café à la main, 2 heures par jour sur les sites d’offres d’emploi. De la même manière que mon père ne croyait pas qu’il était possible de réviser avec 2 fiches et non avec 3 livres et 2 classeurs ouverts devant soi, mon brun était sceptique de ne pas me voir avec une chemise de CV sous le bras et des chaussures de marche, prête à arpenter Montréal pour décrocher un job.

Ça ne se voit pas mais je cherche.

Hormis la proposition du dentiste consulté en urgence, je recevais peu de réponse et trouvais surtout peu d’annonce où je pouvais me permettre d’envoyer mon CV. A chaque fois, c’est pareil, l’annonce est faite pour moi jusqu’à ce que ma vue se brouille, et j’ai alors la même expression que lorsque je vois un trou de mite sur mon tee-shirt : Bilingue anglais exigé.

Sure. Je crois que j'imaginais les Québecquois comme un mélange entre les catalans, les corses et les basques prêts à tout pour éradiquer l'anglais de leur région. Ben non. On a beau dire "magasiner" au lieu de "faire du shopping" il faut parler anglais et pis c'est tout.

Je me suis donc mise à répondre aux offres où l’anglais baragouiné suffisait soit 15 offres. C’est tout. J’ai commencé les cours d’anglais aussi. Et c’est pas du luxe. C’est la première fois depuis longtemps que je me retrouve dernière de la classe.

Je viens de faire une révélation là. La seconde est une classe qu’il faudrait abolir.

J’étais en train de gentiment culpabiliser autour d’une piscine quand je recevais un appel.

"Venez lundi pour 17h pour un entretien".

Je venais d’obtenir mon premier entretien d’embauche.

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:06

J’ai toujours cru que je n’avais aucune vocation et aucun désir d’univers professionnel précis mais je dois me rendre à l’évidence, un désir j’en ai un : travailler avec les animaux.

J’aurais pu répondre un truc sexy à paillettes mais non : je pense que je me sentirai bien vivante et heureuse le jour où je pourrais faire quelque chose d’utile pour les sacs à puce tout crottés abandonnés par leurs gros connards de maître.

Oui oui : "gros connards".

Je trouve tous les animaux mignons. Même ceux avec les poils collés et leur yeux amochés qui sont mignons si on a de l’imagination. Les animaux je les aime mais je n’avais jusqu’à aujourd’hui pas l’once d’un courage pour me confronter à la détresse animale. Je ferme les yeux et je me bouche les oreilles lorsqu’un animal est susceptible de mourir dans un film, demandant à mon brun de me tapoter le bras quand je pourrais les rouvrir.

Je suis une mauviette.

Quand je vois un chat ou un chien seul dans la rue je lui invente toujours une belle histoire qui fait qu’il est la par choix et très heureux. Un chat est maigre et sale dans la rue ? Oh c’est qu’il est marginal et qu’il préfère vivre dehors.  C’est naze. Mais ça m’évite d’y penser et me donne un peu de contenance quand je suis en train de la perdre. J’étais encore en train de m’inventer une histoire rocambolesques à propos d’un chat errant en bas de chez nous quand me brun me regarde en soufflant.

"Arrête !"
?!?
"Tu m’énerves avec tes jérémiades à la con, tu dis que tu aimes les animaux alors fonce."

Il me parle comme ça parfois mon brun. C’est vrai que la seule fois où j’ai fait quelque chose pour un animal c’est quand j’ai sauvé mon deuxième d’une expédition pour la SPA et arrêter de manger du boeuf et de l'agneau. Rien d’autre monsieur l’agent.

Il faut que j’utilise ce que je ressens dans le ventre pour faire quelque chose de bien au lien de fuir dans un monde Disney où les animaux parlent et sont heureux. Je n’ai absolument aucune idée de par quel bout je vais prendre tout ça. Commencer à faire du bénévolat dans une association sans doute à côté de mon travail (que je n’ai pas encore trouvé).

Je suis venu à Montréal pour changer de vie alors il serait temps que je m’y mette non ?

Et puis si je peux faire équipe avec Rocco...

 

 

 

roccofake.jpg

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 02:24

« Brune, tu as un iPhone ou un iPad ? » je dégainais la loque qui me servait de téléphone alors, daignant me mettre en communication à la condition de le taper contre la table avant de s’en servir.   

« Bon ok on te trouvera ce qu’il faut en attendant tu vas quand même aller à Paris pour couvrir le salon des micro-entreprises pour notre client. »

Cool, j’aime les voyages d’affaires.

Je me demandais cependant où était le piège. Pourquoi m’envoyait-on moi, nouvelle, faire un truc chouette alors que je n’avais même pas d’iPhone ni d’iPad. Mais j’étais prête à me faire rouler dans la farine pour voir un peu du pays, ça faisait un moment que je n’avais pas pris l’avion tout frais payé pour faire la working girl. Ça commençait à me manquer.

« Réserves-toi un hôtel et un billet d’avion, mais dans la limite du raisonnable. » 

Dans la limite du raisonnable. Hum. Est-ce qu’acheter un billet sur Air France à un demi-smic était raisonnable ? Est-ce que prendre un hôtel à côté de la Sorbonne était raisonnable ? C’est vrai que je pourrais toujours y aller en covoiturage et dormir chez une cousine éloignée mais bon. C’est le client qui paie. Et le client ne veut pas que j’arrive fatiguée. Hein dis ?

Je tranchais en prenant un aller avec Air France et le retour avec Easyjet ce qui reviens à peu près au même mais en un peu moins cher et conservais la chambre d’hôtel. Et pour finir de décharger la note, je mangerais des sandwichs.

Je m’en allais sur Paris 3 jours après avec un ordinateur portable prêté et une caméra flip.  Autant dire que je me la pétais. Genre working girl high tech. High tech d’il y a quelques années ok mais high tech quand même.

Ma mission une fois là-bas si je l’acceptais était de twitter en direct ce qui se passait pendant les conférences et d’interviewer des créateurs d’entreprise à la volée. D’où l’équipement.

J’arrivais à la première conférence avec un siège  réservé juste a cote du câble pour brancher mon pc. J’avais enfin la notion d’être une VIP dans ma vie. Toute fière, je brandissais mon pc alors que le reste de l’assistance était en train de pianoter sur des iChoses. Les crâneurs. Moi au moins j’ai une place réservée. Loin certes, avec un câble qui me relie au mur certes, mais réservée quand même.

Je twittais les conférences un peu nerveuse du fait que mon voisin d’à côté et celui de derrière jetaient un œil régulier sur ce que je faisais. Je déteste qu’on lise par-dessus mon épaule. Surtout quand je cherche mes conjugaisons sur google.

Bref.

Être sur Twitter est un truc que je sais faire et je n’ai pas eu de problème pour m’en sortir. Restait à interviewer et filmer les entrepreneurs qui se baladaient au salon. Je n’avais pas vraiment pensé à cette seconde tâche. Aborder les gens n’est pas un truc que je fais tous les quatre matins et autant j’écris des mails avec des :) et des ^^ mais aborder les gens avec l’assurance d’une journaliste et l’aplomb d’un Castaldi…

Je regardais les gens autour de moi, attendant de croiser un regard pour embrayer. Personne ne me regardait. C’était bien ma veine. Je savais que j’aurais pas dû mettre ce pull il monte trop haut j’ai l’air d’une gamine. Alors qu’avec ce top un peu plus décolleté j’aurais sans doute…

« Brune ? » C’était la cliente qui me tirait de mes rêveries allumeuses.

Elle voulait savoir comment j’allais mais aussi comment je dépensais son fric là appuyée contre un poteau les mains poisseuses. « Venez je vais vous présenter une entrepreneuse ». Voilà comment j’ai filmé ma première interview.

Le stress passé, je commençais à aborder les gens, en oubliant qu’il fut un temps j’étais timide. J’ai su rassurer les gens avec ma caméra pas plus grande qu’un iPhone et j’ai obtenu facilement toutes les interviews demandées par le client. Comme une grande.

C’est comblée et épanouie que je mangeais mon sandwich dans ma chambre d’hôtel. Je venais de vivre une de mes expériences pro les plus sympas.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 23:29

"Avez-vous quelques choses à déclarer ?". "Non, non."  Je songeais aux deux boites de foie gras coincées entre 2 culottes et une paire de moufles dans ma valise.
Pressée de voir si mes chats avaient survécu à 7h15 d’avion dans la soute, j’expédiais d’un revers de la main toutes les propositions de la douanière sur ce que j’aurais pu avoir à déclarer : plantes, animaux, nourriture… "Non, rien du tout". 

Animaux. Autant j’étais consciente de mentir sur les parties d’animaux mort se trouvant en boite de conserve dans ma valise autant j’oubliais complètement que le terme animaux désignait aussi les deux rouquins qui m’ont coûté un demi rein à traverser l’atlantique.

La deuxième douanière nous a jeté un regard dubitatif quand elle nous a vu débarquer avec  nos 2 caisses et notre papier coché, signé, tamponné, certifié "rien à déclarer".
 "Vous n’avez pas déclaré vos animaux, normalement c’est 1200 dollars d’amende. Par chat." Je regardais les chats les plus chers de la planète et les tournais vers la douanière. A nous 3 on pouvait lui faire le regard en forme de bille et la moue implorante. Surtout moi la moue implorante.

 Je crois que "bon ça ira pour cette fois" est la plus belle phrase au monde.

Je sortais de l’aéroport  avec l’envie de sauter, de pleurer, de rire, de manger de la poutine, de voir Ottawa, Toronto, New-York, Vancouver là maintenant tout de suite.

Un peu  perdue quoi.

Il faut dire que quelques heures avant je dispersais encore en pleine nuit sur le trottoir les affaires que je n’avais pas réussi à vendre ou à stocker. En chialant comme une madeleine of course.  Casseroles/verres/vêtements/livres dans la main droite, kleenex dans la gauche, je transformais11 heures plus tôt la place de mon anicien chez moi en décharge publique en me demandant si je faisais le bon choix de tout abandonner comme ça.
Dès que j’ai posé ma spartiate sur le bitume québécois j’ai su que j’avais fait le bon choix.


Car c’est le top !

 

Dedicace-Ced.jpg

 

Ceci est la dédicace du talentueux Ced sur son dernier et très bon album "Un an sans internet".

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 17:40


"Et tu comptes faire quoi comme boulot à Montréal ?" Voilà la phrase que j'entends le plus en ce moment après "Alors où en sont ces préparatifs ?" et "Tu es bien sûre de vouloir embarquer tes chats ?". A ces deux dernières il m'est bien aisé de répondre "Plus je fais des cartons plus je trouve l'appart rempli" et "oui sauf si tu me les garde". Par contre il m'est beaucoup moins facile de répondre à la première.
 
Car je n'en sais rien.
 
Arrivant avec autant de réseau sur place qu'un DSK en prison new yorkaise,  une chose est sûre je ne vais pas me mettre de suite à la recherche de l'emploi idéal. Et puis l'emploi idéal je dois avouer que je ne l'ai pas encore trouvé.
 
Alors je réponds toujours à cette question une réponse qui étonne mon interlocuteur qui a pour unique réaction une surélévation de la lèvre supérieure et une phrase, toujours la même "Mais tu es sûre ?"
 
Oui, je vais reprendre les petits jobs.


Et je dois avouer que cette perspective ne me déplaît pas. J’ai bien envie d’être insouciante quelques temps, de ne plus parler de " dossier ", de " timing ", et de laisser le mot " rentabilité " dans la bouche d’un supérieur ou d’un petit chef qui lui, aura la pression. Je veux pouvoir pouffer de rire avec des collègues de tous les horizons : des étudiants, des paumés, des immigrants, des qui aiment ça, des qui font des petits jobs en attendant de trouver mieux.


Je me verrais bien être serveuse quelques temps à mi-temps par exemple. J’ai jamais été serveuse et je trouve ce métier charismatique. Si tant est qu’un métier puisse avoir du charisme. Je me verrai bien travailler en plein air aussi avant de subir des températures polaires cet hiver.


Je veux prendre du plaisir avant de me lancer à nouveau dans la recherche d’un nouveau job dans lequel je resterai de longues années. Je me rends compte que je parle comme une fille qui vient de se séparer et qui a envie de se taper tout le pays avant de se recaser. C’est un peu se que je ressens oui.


Sauf que lorsque ça m’est arrivé je me suis recasée de suite.


Donc on verra bien.


Je pars donc dans l’insouciance la plus totale et ça me stimule beaucoup. Je peux me permettre cette insouciance car je conserve à distance le SEO et mes chroniques comme activités à mi-temps. On pourrait considérer ça comme des plans cul réguliers si on continue dans la comparaison.

Sinon le départ est dimanche, mon appart est toujours anormalement rempli et on fait soirées de départ sur soirées de départ ce qui ne m’aide pas à continuer mes préparatifs.

En même temps, qu’est-ce que je suis contente !

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 16:03

Il y a quelques temps j’étais contacté par Anna Sam, l’auteure du blog " Les tribulations d’une caissière " qui est devenu un livre et bientôt un film, la veinarde. Anna, chargée d’écrire un nouveau livre sur les blogueurs, m’a gentiment contactée en vue de faire mon portrait. Pour une fois que l’on s’intéresse à mon modeste blog... j’ai tout de suite dit oui.


Ça s’est fait très vite et le lendemain elle était sur mon canapé, une tasse de café à la main et mes deux chats sur sa valise. En plein dans mon décors.


J’ai parlé de mon blog, en long et en large, j’ai raconté mes petites anecdotes de petits boulots comme une maman parlerait de son enfant qui vient de finir son premier petit pot de concassé de pois chiche.


Non sans une pointe de nostalgie.


Après on a des dents alors et mange ses aliments tout seul comme un grand en se rappelant vaguement qu’avant on prenait quand même un peu de plaisir à manger cette compote molle et beige que l’on pensait détester.


Vous ne voyez pas le rapport ? Repensez-y quand vous aurez bu 3 mojitos.


Quand j’ai reçu un exemplaire du livre j’étais fière comme un pour de voir mon nom apparaître dans un livre.
Anna a dressé le portrait de plusieurs blogueurs de tous les style et de toute la France, connus ou non. On y retrouve entre autre Corinne, la rédactrice en chef du génial maviepro qui m’a offert l’opportunité d’écrire 2 chronique par mois sur ce site. Je suis aussi fière comme un pou d’apparaître à quelques page de ioudgine et Boulet que je vénère.


Et puis voir son nom dans un livre, à défaut de l’avoir sur la couverture, ça fait toujours bien plaisir.
Je vous conseille vivement la lecture du livre d’Anna Sam, qui vous offre au travers de ses portraits, une jolie définition du mot "bloguer".

 

 

mes-petits-boulots.JPG

 

 

On remplacera bientôt Toulouse par Montréal...

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