Il y a des mois qui sont plus difficiles que d’autre.
Décembre par exemple. Avec cette connerie de Noël, il devient alors fort nécessaire d’annexer au boulot déjà existant, une autre activité afin de survivre à ce mois de consommation aigue.
C’est ainsi que l’on se retrouve généralement avec un second petit boulot, encore plus inintéressant que le premier.
Lorsque je suis en recherche d’emploi je sélectionne toujours plus ou moins les endroits où je laisse mon CV. J’ai déposé mon CV en novembre dans la plus belle librairie de la ville en pensant que peut-être ma polyvalence et mes expériences les séduiraient. Quelques semaines plus tard je reçois un message de la personne des ressources humaines « Bonjour Brune votre cv nous intéresse nous aimerions vous proposer un poste à compter du mois de décembre, rappelez-moi ! ».
Ni une ni deux je rappelle le numéro correspondant. -Bippppppp- ça y est on m’a enfin repéré à ma juste valeur, on veut me proposer un vrai travail. -Bippppppppp- travailler dans cette magnifique librairie que demander de plus! -Bipppppppppp- vont-il me mettre aux rayons des arts, ou bien est-ce pour organiser les manifestations culturelles ? -Bipppppppp- Peut -être vont-il me proposer de ...
-DRH librairie bonjour ?
- Bonjour, je suis Brune vous venez de me laisser un message ...
- Ah oui je vous appelais car nous recherchons du monde pour notre stand papier cadeaux en décembre.
Ou se trouve la corde-rasoir-barbiturique-cd de la Star Ac? Mon CV était-il donc aussi insignifiant que ça pour que l’on me propose de faire des emballages cadeaux. Ma lettre de motivation était-elle si désespérée ? J’allais l’envoyer paître lorsque je passais devant ma banque.
-OK ...
-Parfait!
J’ai passé le mois le plus long de toute ma vie. Perchée derrière l’énorme stand papier cadeaux, j’emballais des livres à la chaîne, en faisant bien attention à ne pas mettre plus de deux bouts de scotchs, faisant face à des files de gens aussi détendus par les fêtes que l’était ma nuque après une journée de boulot. Il m’arrivait de ne pas relever la tête pendant six heures, voyant juste les livres se déposer en montagne sur le stand, les papiers se corner, les deux bouts de scotchs se collant aux doigts, les gens râler car ça n’allait pas assez vite et qu’il fallait encore passer chez le pâtissier.
La magie de noël quoi.
Parfois j’envis le temps de nos parents où l’on s’offrait juste une orange.
En même temps va emballer une orange...