Recrutement, chroniques, CV et 2d degré
Il y a une chose que je ne peux pas maîtriser, c’est mon stress lorsqu’une cliente arrive à 18h58 soit deux minutes avant la fermeture.
Je ne suis pas une feignasse mais j’ai une vie et j’aime bien la retrouver après un boulot où je n’ai pas vraiment envie de faire du zèle avec des heures sup.
Imaginez la situation, je viens de passer 8 heures debout à voir une cliente à l’heure, ce qui m’a laissé tout le temps de fantasmer ma bière de 19h05 en terrasse.
18h57 et 53 secondes.
La caisse est comptée, le doigt fébrile effleure le bouton droit de la souris prés à cliqué sur « clôture », les yeux sont rivés sur l’horloge pour guetter le moment où sonnerait le glas de la libération.
18h58 et 10 secondes.
Huiiiiiiiii fait la porte.
Je lève les yeux et c’est là que je la voie. La cliente qui pousse la porte.
« Vous n’êtes pas fermée alors j’espère ?? Je sors de chez l’esthéticienne je n’ai pas eu encore le temps de veniiiir ». Je ravale mon « si » après m’être rendu compte que la présence de la fraîchement épilée était tout de même légitime pendant 1 minute et 50 secondes.
« De toute manière je viens pour acheter alors c’est bien que je vous fasse travailler un peu plus ».
Dois-je lui préciser que je ne suis qu’une simple vendeuse qui en a plein les talons et qu’à ce moment de la journée je préfère boire de l’eau de javel que de la voir dépenser l’argent de son mari? Je m’apprête à lui lancer ma réplique lorsqu’elle me demande quelles sont les nouveautés.
Ca y est je déconnecte et n’écoute plus que l’alarme dans ma tête « t’es pas sortie ma vieille ! ».
Je lui récite alors les nouveautés de la collection en voyant s’éloigner ma bière, et en n’écoutant pas les questions qu’elle me pose sur chaque article. Vu qu’elle à bien sûr envie de tout essayer je la colle en cabine et analyse les conséquences si je la laisse ici en fermant la porte.
Après tout elle aurait ainsi toute la nuit pour essayer.
19h03
Huuuuuuiiiiiiiiii refait la porte.
Une cliente qui s’est dit que c’était peut être un after privé s’invite à la fête. « Vous n’êtes pas ferrrméééééé ça tombe bien ! »
Le bruit de la clef que je tourne dans la serrure après son entrée l’informe qu’il ne faut pas trop la ramener.
19h10
Elles sont toutes deux en cabines. Des mains sortent des rideaux me tendant les vêtements en boules et des voix me demandent la taille au dessus.
19h30
Je n’ai plus assez de taille ni assez de modèle, on passe à la caisse.
19h40
Elles ont décidé de se faire la conversation entre elles. J’attends et je songe à Dexter.
Après tout 15 ans de prison ça ne peut pas être pire.
19h50
Je leurs suggère de s’échanger leur numéro de téléphone et de revenir à nos moutons.
Elles paient. En liquide bien sûr histoire que je doive recompter ma caisse.
19h 59
Je laisse la boutique dans l’état où elles l’ont laissées et sors, livide.
Je rejoins mes amis et la bière fantasmée laisse sa place à une double téquila.
Si vous voulez préserver les vendeuses d’une cirrhose du foie : venez BIEN avant l’heure de la fermeture.
Ce post est sponsorisé par le comité de la protection des vendeuses.