Recrutement, chroniques, CV et 2d degré
J’aime repérer les détails qui sont offert aux employés pour les responsabiliser, les intégrer à une équipe.
Chez le Roi de Burger c’est une casquette noire, un pantalon gras et un polo jaune (peut-être fut-il blanc un jour), chez Belle-Marques c’est une jupe, des tee-shirts coûtant la moitié de mon salaire et un demi-millier de collant.
Et chez Standartel c’était le pot à crayon.
Un pot à crayon en plastique bleu, rempli de fourniture de bureau et estampillé de notre prénom.
Ce petit pot est attribué à chaque personne n’ayant pas démissionné après la formation.
J’ai donc eu moi aussi le droit à tout ce matériel.
Ca a été, et restera toujours un mystère pour moi.
J’avais bien remarqué à mon arrivée dans l’entreprise que chaque téléopératrice s’installant à son poste n’oubliait jamais son pot.
Une question me taraudait alors que j’avais moi aussi en main ce curieux objet : pourquoi ?
Travaillant sur ordinateur et par téléphone à quoi pouvait bien servir la colle, la règle, le crayon à papier et les 150 stylos ? Le seul moment de la journée où nous avions à nous servir d’un stylo était le moment où nous notions notre nom sur la sainte feuille de pause.
Un simple Bic aurait pourtant suffit.
Je fis rapidement l’inventaire du contenu de ce que l’on venait de me remettre.
Pourquoi la colle ? Pour enduire les touches du clavier de celle que l’on aime le moins ?
La règle ? Pour la transformer en catapulte et envoyer les capuchons-missiles sur la collègue du bout du plateau ?
Le stabilo ? Pour surligner des informations importantes sur l’écran de l’ordinateur ?
Le pot ? Pour le remplir de vin blanc le soir quand les boss sont partis ?
Ou tout simplement peut être nous donnait-on des fournitures pour faire comme les « vrais » secrétaire et nous différencier de la vulgaire téléopératrice qui doit emmener les stylos de chez elle ?
Le pot à crayon emportera son secret avec lui.
J’ai accepté mon graal sans poser de questions et emmené le soir même les fournitures chez moi, où elles ont trouvé une plus grande utilité.
A quand les entreprises qui intègrent leurs employés par un voyage aux Seychelles ?