Recrutement, chroniques, CV et 2d degré
Il existe un moment dans la vie de tout collégiens ou lycéens où l’on se retrouve bien obligé de planifier nos prochaines 45 années. Ou au moins de déblayer le terrain pour ceux qui ont le malheur de ne pas savoir où se diriger.
C’est le moment où l’on nous envoie prendre un rendez-vous avec un conseiller d’orientation.
Le conseiller d’orientation, on se souvient que c’est celui qui est venu la semaine d’avant nous faire une présentation des filières existantes qui donnent l’impression d’avoir le choix de donner un sens à ta carrière. Généralement il rend cela tellement chiant que l’on projette même d’arrêter les études avant la fin de la journée.
Mais le fait est que, comme le moment est venu de cocher les cases sur la feuille d’inscription en vue d’un prochain passage en seconde, le conseiller est aujourd’hui de nouveau dans le collège. Chacun d’entre nous aura la chance de bénéficier d’un petit entretien individuel avec lui, pour qu’il lise dans la boule de cristal des stats vers où l’on devrait s’orienter pour ne pas avoir à le revoir les années suivantes.
C’est à mon tour.
Je m’avance vers le conseiller qui tient mes bulletins en mains. Je me dis qu’ils ont fait les choses bien au collège, mais qu’il n’aurait pas dû prendre cette peine. M’entendre dire que désolé mais vu le niveau catastrophique de mon bulletin, mieux vaudrait que j’aille tout de suite pointer à l’usine d’œufs ne me chantait guère.
J’étais en troisième et je n’ai pas obtenu mon brevet des collèges.
Ca c’est dit.
Le conseiller me demande tout d’abord ce que je veux faire. Je lui explique que je m’intéresse à la photo et à diverses choses qui ne plaisent pas bien à un conseiller d’orientation, car ça correspond pas tout le temps aux papiers qu’il à prévu sur les formations du lycée du coin.
Il fouille dans mes notes pour me trouver un avenir. Et c’est là qu’il tombe sur ma seule bonne moyenne du bulletin : 17 en technologie.
Ce 17 en techno à faillit faire basculer ma carrière. C’est ce jour là que j’aurais pu prendre le chemin des ateliers de mécano.
Faisant du vent avec mes vocations de photographe, le conseiller m’annonce que vu que j’étais douée en technologie, un parcours était tout tracé pour moi : TSA productique ou Technique des Système Automatisés. Et comme par hasard cette filière existe au lycée du coin.
Je rappelle qu’il me dit cela pile au moment où l’on était censé remplir la feuille d’inscription en seconde.
Le bougre.
J’ai reporté son choix sur la feuille d’inscription.
Heureusement que mon frère est tombé dessus, il me dit, écarlate : « tu veux te retrouver en bleu de travail dans la cour à boire des bières ? Non mais ça ne va pas ! »
Il rectifia lui-même le tir en m’inscrivant en ES sans me demander mon avis.
Je pense que je peux lui dire merci.