Le plus difficile lors d’un entretien d’embauche hormis le fait d’éviter de me faire craquer les articulations, c’est de devoir justifier le choix de mes études.
Sans doute traumatisée par mes cours d’économie du lycée, et par le lycée en lui-même, j’ai cherché sur Montpellier une filière sympa en accord avec mes préoccupations vaguement artistique du moment.
Arts du spectacle.
En voilà des études qui ne sonnent pas très « nuits blanches à bosser ses partiels » ça.
C’est en DEUG option cinéma que j’ai pu mesurer le potentiel si spécial de cette filière : 13 heures de cours par semaine et des profs nous déclamant qu’ils préfèreraient nous voir au cinéma plutôt qu’en cours.
Je ne suis jamais allé autant au cinéma que ces deux premières années d’études.
Ayant été élevée au film de Schwarzenegger et de Jean-Claude Van-Damme j’avais quelques lacunes à rattraper.
Qu’est-ce qu’on apprenait en cours ?
A analyser des séquences plan par plan, à analyser le comique au cinéma, à établir des critiques de films, à faire des courts métrages en équipes.
Les partiels ? La grande rigolade où les 1000 inscrits revenaient par miracle ce jours là et côtoyaient les 250 assumant leurs quelques heures de cours. C‘est donc dans des amphis plein à craquer de gens que nous devions disserter sur l’abécédaire de Derrida.
Il fallait vraiment avoir trop subi l’influence de JCVD pour ne pas avoir son année.
A quoi sert ce genre d’études ? Selon l’Université, à former des futurs professionnels du cinéma si l’on omet de préciser que la condition est de réussir le concours d’entrée à la FEMIS bien-sûr. Ca sert surtout à se faire une bonne culture générale sur le plan cinématographique et sur le plan de l’image en général.
J'ai mis quelques années à faire comprendre à ma mère que je ne cherchais pas à devenir actrice. Trop tard de toute façon, tout mon village était déjà au courant.
Je reste donc pour eux l'actrice ratée.
En ce qui me concerne j'ai choisi ces études car voulais juste apprendre quelque chose de sympa.
J'ai pensé à très court terme au niveau carrière mais je ne le regrette pas ...
... enfin pas trop.