Recrutement, chroniques, CV et 2d degré
Un dimanche midi, il y a 13 ans environ :
« De toute façon si plus tard je ne trouve pas de travail je passerais des castings »
Qu'est-ce que j'avais pas dit …
Mon frère finit sa bouchée de spaghetti à toute hâte dans l'espoir de me lancer une vanne bien choisie, pendant que mon père s'étrangle avec les siens.
Des castings. Je sentais que j'allais devoir me justifier très vite. On en dit des conneries lorsque l'on à 13 ans, et que l'on regarde « Hélène et les garçon » en se disant que ça ne pourrait pas être pire.
Je me demande combien de vocation d'arrêter le massacre télévisuel sont nées chez les jeunes de ma génération.
Je prononçais cette phrase alors que mon père devenait pressant sur le sort de mon bulletin scolaire tragiquement perdu entre le collège et la maison. Il fallait que je trouve une solution à ses prédictions professionnelles me concernant.
Je passais ce dimanche là le premier casting de ma vie, devant justifier devant mon frère et mon père mon attrait soudain pour le showbiz. Je m'enfonçais progressivement dans les sables mouvants des « ben pourquoi pas », , « j'en suis tout à fait capable », « je vous inviterais au festival de cannes » et autre « non allez j'déconne ».
Je ne me doutais pas à cet instant que cela me collerait à la peau à chaque repas de famille et à chaque coup de téléphone mensuel.
- Tu fais quoi en ce moment ?
- Oh je suis standardiste/téléopératrice/vendeuse.
J'ai préféré être vendeuse. Au moins on peut faire ses courses tranquille.
Je n'ai toujours pas trouvé ma vocation ni remplacé Hélène au milieu des musicos pré-pubert, je n'ai pas obtenu mon brevet des collèges l'année suivante, mais j'espère néanmoins trouver un jour le boulot de mes rêves.
… Au pire il me restera toujours les castings.