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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 19:46


Parmi mes expériences j'ai eu l'occasion de côtoyer des patrons cool et adorables et j'ai aussi eu l'occasion de côtoyer des patrons qui ont le don pour vous faire hérisser les poils dès qu'ils pénètrent dans un rayons de 5 km.

Ça saute une génération en fait.

Je me souviens de ma patronne à la boutique de vêtements qui pour reprendre une réplique du film  Pretty Woman  « ferait givrer un iceberg en s'asseyant dessus ».
Je trouve aussi que mes références sont très profondes. Surtout que j'ai une licence en cinéma n'oublions pas.

Avec cette patronne, les rapport se limitaient à « bonjour » et « au revoir » quand j'arrivais en boutique alors qu'elle me répondait par des onomatopées lorsqu'elle daignait me répondre.
Je fus soulagée quand elle m'envoya la deuxième semaine de mon contrat, dans son autre boutique en liquidation, remplacer la fille en vacances. Je sautais de joie intérieurement, être en quarantaine à l'autre bout du quartier me ferait le plus grand bien.

Je m'aperçus assez rapidement qu'elle faisait partie des gens qu'il valait mieux avoir à côté de soi qu'à distance, mon angoisse grandissant tout le long de mon CDD au fil des sonneries du téléphone. Elle avait en effet équipé la boutique d'un téléphone pour lui permettre de se tenir au courant quand bon lui semblait des avancés de son chiffre d'affaire.

Le premier appel ne se fit guère attendre.

- Bonjour Brune de la boutik à l'appareil que puis-je faire pour vous ?

- C'est moi. Vous avez fait combien ?


Je devais toujours trouver des subterfuges pour répondre à ces questions lorsqu'une cliente était en boutique. Il fallait en effet la tenir au courant tout en conservant la discrétion face à une boutique pleine d'oreilles qui traînent. Pour lui faire comprendre le chiffre du milieu de la matinée je feintais en posant des opérations de mathématiques impossible à faire de tête : 200 x 2 -20 /12.

Comme ça si le résultat était dégeulasse cela me laissait un temps de répit le temps qu'elle pose l'opération sur un bout de papier.

Vu que l'addition n'allait pas assez vite elle avait pris le parti de m'appeler toutes les heures, si bien  que ses « c'est moi vous avez fait combien ?» se sont rapidement transformés en des « vous avez fait combien ?» pour terminer en des « combien ».
Il n'y avait même plus le point d'interrogation vous imaginez.

Un jour, 58 minutes après son appel précédent je répondis avec un bref « allo » en décrochant au téléphone.
- Allo mais comment ça allo ? Elle était excédée. Au moins, elle manifestait une quelconque émotion.  

- Euh beh je me doutais que vous appeliez.
- Peu importe vous devez vous présenter tout le temps même quand vous savez que c'est moi.

Je faillis lui rétorquer qu'elle même ne prenait ni la peine de saluer ni de dire au revoir au téléphone mais trop tard elle m'avait déjà raccroché au nez.
Elle aimait bien me raccrocher au nez lorsqu'elle avait eu l'information qu'elle voulait. Je suis pas du genre à aimer les salamalecs mais là c'était violent.

Le calvaire n'a duré que 3 mois moins 3 jours vu qu'elle a pris la peine de me virer avant la fin de mon contrat. Oui, la dernière opération n'était pas à son goût.

Il faut dire que le résultat étant la tête à toto ...

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commentaires

June 31/05/2010 14:58


C'est à se demander si ce genre de patrons ont déjà été sous les ordres de quelqu'un ou si ils sont nés commandants en chef des armées...


Ronuick 21/05/2010 16:08


Effectivement le blog mérite d'être visité en long en large et en travers... Je mets un lien !


rocepe 13/05/2010 16:49


Qu'est ce qu'il faut supporter parfois pour tenter de maintenir son compte bancaire à un niveau raisonnable...


Petite 12/05/2010 22:52


Une vraie caricature cette patronne... dont le seul plaisir doit être de commander. C'est finalement l'un des rares cas où un licenciement peut être perçu comme un soulagement.