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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 12:10

J’ai trois hantises dans ma vie : les araignées, Etienne Daho et parler devant du monde. Quand j’étais petite, j’étais atteinte de timidité maladive, terrorisée entre autre, à l’idée que le professeur me fasse parler devant la classe. Je sursautais à chaque fois qu’il prononçait le mot « quatre » ou « carton » ayant peur d’entendre venu de nulle part « Carole au tableau ».


Car la Carole qui va au tableau est un phénomène à lui tout seul.


Tout d’abord tout le sang de mon corps se dirige d’un coup vers ma tête ce qui fait que j’ai les jambes aussi résistantes qu’une feuille de papier et la tête rouge comme une serviette hygiénique que l’on aurait laissé un peu trop longtemps.
Bon appétit en passant.


Un parkinson chronique s’empare alors de moi me rendant incapable de faire un trait droit à la craie.


Ça commence mal donc.


Ajoutons-y un sentiment de ne plus rien savoir et on obtient un très bon moment.


Je me souviens d’un professeur particulièrement tordu qui, les jours de récitage de poésie, nous les faisait mimer, sans doute par sadisme de voir des enfants timides et gênés oublier leur poésie en tentant de mimer des agneaux bouffés par des loups, des soldats découverts morts et autres choses qui plaisent aux enfants.


C’est sans doute pour ça que mon unique expérience théâtrale à l’Université fut un échec. Nous avions nous-même monté un semblant d’histoire, et j’interprétais une enfant, chose relativement aisée et naturelle quand on a 19 ans et que l’on a été traumatisée par un professeur sadique quelques années plus tôt. Je ne conviais aucun de mes amis, pour ne pas avoir de témoin en cas désastre… Ce fut un désastre, mais au moins j’ai pu m’en aller digne et seule comme une artiste maudit.


Puis après j’ai eu des boulots où on parlait derrière un téléphone, derrière un clavier ou en face à face avec une cliente… jusqu’à aujourd’hui : « Bon ça ira pour cette fois mais la prochaine fois c’est toi qui animera l’évènement a et aussi n’oublie pas de passer dans les salles de cours pour présenter ce que tu fais ».


J’en transpire d’avance.


Affaire à suivre.

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Published by La Brune - dans Cap sur Montréal
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commentaires

aktionjog 22/08/2014 13:06

Bonjour Carole , c'est un plaisir de lire votre histoire, moi aussi durant toute mon enfance toute entière, aller au tableau était la chose qui me fait le plus peur ,j'ai horreur de parler devant
le public même encore aujourd'hui mais il faut bien s'adapter.

Un partageux 11/05/2012 16:25

Allongez-vous là. Fermez les yeux. Oubliez tout. Détendez-vous. Et dites-moi pourquoi Étienne Daho vous procure de telles transpirations. Chanter lui semble aussi facile que, pour vous, aller au
tableau. Est-ce cette commune difficulté publique qui vous rend moite et rougissante ?

C'est fini pour aujourd'hui et ça fera 150 euros en espèces. ;o)

Laurent Raufaste 30/03/2012 05:54

"ayant peut d’entendre"

La Brune 01/04/2012 23:14



Je corrige; merci !



audrey 30/03/2012 05:08

scolaire avec un S, c'est mieux ;) sorry

audrey 30/03/2012 05:07

Cette peur panique de prendre la parole en public n'est pas définitive. Une jour, la mienne s'est envolée, j'avais 28 ans... j'ai eu un déclic et j'ai réalisé que les choses que j'avais à dire
pouvaient intéresser d'autres personnes. Alors j'ai commencé à parler devant les autres sans tous les symptômes que tu décris !
Et crois moi, je partais avec un sacré passif : sur un de mes bulletins scolaire, une prof avait même parlé de "mutisme"... véridique ;)
Courage Carole, le premier pas est difficile, mais comme ce que tu dis est pertinent (car tu es une femme intelligente), tu n'as pas à redouter de le dire à haute voix.
c'est sûr que si c'est pour dire de la m..., abstiens toi ! ça, c'est cadeau, c'était la pensée du jour qui est aussi ma façon de voir les choses ;)
xo

La Brune 01/04/2012 23:16



Oui c'est une histoire de confiance en soi et de maitrise de ce que l'on dit. En tout cas, les profs n'ont pas peur des mots : "mutisme" allons-y gaiement !