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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 11:12


- Bonjour pourrais-je parler à Roger Tremblay s’il-vous-plait ?
- Roger Tremblay ne travaille plus là c’est Pierre Dziounh qui s’occupe de ca.
- D’accord je pourrais avoir son adresse courriel ? (on ne dit pas e-mail)
Pierre Dziounh a commercial ( exit le arobase) blablabla point C.A.
- Vous… Vous pouvez m’épeler son nom?
- P.I.E.R.R.E Dziounh.

De toute évidence le Monsieur n’avait pas un nom de famille qui ne s’épelle plus comme Halliday ou Chirac.
Je cherchais au fond de ma culture générale un nom québécois assez connu pour ne pas être épelé …. 

J’ai compris tous les mots…. J’ai bien compris merciiiIIIIiiiiii.

Dion.
D.I.O.N.

Je relevais l’adresse courriel en écrivant de manière approximative ce qui se trouvait après le arobase.
Autant vous dire que j’ai reçu un nombre de mail failed explosant ceux qui cherchent à agrandir votre appareil génital.

Bref, la vente par téléphone, je la sentais pas. Et à moins de vouloir démarrer ma vie professionnelle québécoise sur un échec gratiné, il fallait que je cherche le moyen de me sortir de là. Rapidement, car dès le lendemain je commençais la vente pure et dure. 

Quien no llora no mama. Si il y a une phrase que je me ferais bien tatouer en bas des reins si seulement j'avais pas peur de devenir vieille et ridée serait celle-ci. Cette phrase apprise à Barcelone et qui peut se traduire joliment par « Qui ne pleure pas ne tête pas » est un peu mon guide spirituel.

En gros c’est un peu notre « qui ne tente rien n’a rien » mais en plus maternel.

Je décidais donc de dire que je ne voulais pas faire de vente par téléphone. Au pire je me prendrais une vague de « ostie, tabernacle, calisse » dans la tronche au mieux je prendrais la porte.

Après trois Notre Père et quatre Je vous salue marie, je m’avançais pour parler à l’associé de ma patronne, qui semblait être le moins convaincu à juste titre par mes compétences en matière de télémarketing. « Dîtes, je crois que je ne serais pas très bonne là-dedans, alors je propose de faire plutôt de l’administratif histoire de vous alléger dans votre charge de travail ». Ayant moyennement envie de répéter la même phrase plusieurs fois, je pris ma plus belle intonation d’orthophoniste.

J’argumentais sur mes hypothétiques nouvelles fonctions, me créant moi-même le poste en quelque sorte. Je m’entendis même renégocier mon salaire vu que ne vendant plus, je ne toucherais plus de commission.

Celui qui pense que de toute façon je n’en aurais jamais touché est un médisan.
Perspicace, mais médisant.
La nouvelle fut plutôt bien accueillie et en l’espace de 15 minutes je passais du statut de vendeuse d’espace publicitaire par téléphone à assistante administrative.

Avec 2 dollars de plus par heure.

Quien no llora no mama non ?

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Published by La Brune - dans Cap sur Montréal
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