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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 02:31

« Ostie, tabarnacle, calisse ». Lundi Matin, je pousse la porte de mon nouveau travail. Ma patronne, jure au téléphone tout en me saluant de la main, dessinant des arcs-en-ciel de fumée avec son mégot. Une boite où on jure et où on fume, le rêve de bien des gens pour une première journée.

On est lundi et à part savoir que je vais souffrir de tabagisme passif, je ne sais toujours pas ce que je vais devoir faire.
J’attends que ma patronne raccroche, prête à écouter son speech sur mes nouvelles fonctions. « Prends-toi un café après tu viens avec moi à mes rendez-vous. »

Cool.

J’ai passé ma première semaine à boire du café et à suivre ma patronne partout, toujours aussi peu fixée sur mon avenir dans cette boite éditrice d’un magazine de construction. Rendez-vous avec des architectes, magasins de bricolage, resto… Je savais qu’une grosse soirée allait être organisée en octobre par ma patronne pour fêter le milieu de la construction, que j’étais là en grande partie pour ça et puis c’est tout.

Chaque soir, j’étais incapable de dire en quoi consisterait mon boulot, et c’était un brin bizarre.

La deuxième semaine, on nomma enfin ce que j’allais faire : si j’étais d’accord, je vendrais l’espace publicitaire pour le magazine/livre qui sortira à l’occasion de la soirée. Ça c’est parce que j’ai écrit sur mon CV que j’étais à l’aise avec le téléphone. Cette ligne était juste là pour résumer toutes ces années de télémarketing. Le téléphone, je maîtrise mais de là à vendre de l’espace publicitaire à un québécois avec mon accent français de campagne il y a un monde.

Je redoutais cette fonction, faisant déjà répéter ma patronne 3 fois à chaque fois qu’elle m’adresse la parole.
Au début je prends un air vague qui lui montre que je n’ai rien compris, ensuite je lui réponds à côté ce qui la pousse à répéter sa question et enfin, je lui demande de reformuler en avouant que je n’ai rien compris.

Je vis une vie de malentendant. Sauf que j’entends très bien.

Au téléphone, je ne pourrais pas prendre un air septique ni mimer mon argumentaire. En clair j’étais perdue d’avance.



Je pris la nouvelle avec un grand sourire « Moi avec le téléphone ! No problem ».
Je détecte un air septique sur ma patronne à travers les volutes de sa fumée de marlboro.
-  J’ai pas de problème avec le téléphone, ça me va », reformulai-je.
- Tu veux manger du gaspacho ?
- D’accord pour vendre de la publicité pour le magazine/livre par téléphone, je suis ravie
- Cool, tu commences tes nouvelles fonctions demain

Ostie, j’étais mal barrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by La Brune - dans Cap sur Montréal
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