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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 12:46

 

Vous avez forcément, un moment ou à un autre, demandé à une vendeuse si vous pouviez utiliser ses toilettes s'il vous plaît. Si vous prenez aujourd'hui vos précautions, c'est alors peut être votre mère qui a eu le regard plaintif alors que, vous tenant l'entrejambe en vous trémoussant comme un vers de terre, vous vous laissiez toiser par l'épicière.

Et chaque fois ces quelques secondes de réflexion de la vendeuse... ces longues secondes qui martèlent votre vessie, la même qui vient de déclencher son radar de toilettes sans champignon à proximité.

Voilà pourquoi vous n'aviez pas eu envie d'y aller quand vous êtes passée à coté de 3 toilettes publique et 2 bars PMU.

Ces secondes en disent long sur notre société, car, pendant que vous contractez votre périnée jusqu'à la crampe pour éviter le tsunami en boutique, la vendeuse, elle, se demande si elle a le droit ou pas de vous laisser pénétrer dans les waters corporate. « Et si la patronne rentre ? » « Et si elle pique un truc dans la réserve ? », « Et si je me faisais virer ? » « Pourquoi moi ? » Sont autant d’interrogations qui diffèrent votre soulagement d'une minute de plus.

Ces longues secondes où la vendeuse se cache derrière l'entreprise où elle travaille, tiraillée entre les deux consciences qui font partie d'un employé : la conscience professionnelle de la gentille vendeuse sous CDD payée au smic, aux cheveux attachés et parfumée mais pas trop et sa conscience propre, celle de la fille faite de chair et de vessie qui a pris ce job en attendant de trouver mieux.
Alors que celle-ci lui clame de cesser toutes ces interrogations débiles et de prendre le droit de faire pisser qui elle veut,la conscience professionnelle, elle, lui dit que si elle la laisse, elle devra alors laisser passer toutes les personnes qui lui demanderont de venir poser une pêche dans l'arrière boutique. Et qui en plus ne se sentiront même pas obligé d'acheter.

Puis, sans le savoir, vous êtes en train d'assister à une victoire, la conscience professionnelle finit souvent par capituler, vaincue par un délivrant « mais bien sûr » qui n'a l'air de rien comme ça mais qui vient de lever un majeur face aux conventions débiles que nous inculque souvent une entreprise. Cela n'empêchera pas la vendeuse de regretter son choix le moment où vous aurez poussé la porte des toilettes, cela ne l'empêchera pas non plus de vérifier que tout est bien en ordre après votre départ mais surtout … cela ne l'empêchera pas de recommencer !

Parfois la conscience professionnelle l'emporte, et on vous dira que les toilettes sont en travaux/partagés avec les boutiques d'à côté/occupés par une autre vendeuse victime de dysenterie. Et parfois même il n'y aura pas de combat tant la conscience professionnelle aura pris toute la place. C'est là que vous pourrez relâcher la pression pour vous lui exprimer vos plus profondes émotions.

Vous voulez vérifier mais n'avez pas envie de faire pipi ? Essayez avec « Pourrais-je faire de la monnaie pour le parking » ou « avoir une coupelle d'eau pour faire boire le chien ».

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Published by La Brune - dans Humeur
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