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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 13:14

Je n’ai bénéficié du piston que deux fois dans ma vie. La première, c’était lorsque mon père, connaissant le patron m’a permis de travailler deux étés de suite à l’usine d’œufs de "ma" Trouville. La deuxième, c’est lorsque le père de mon ancien amoureux m’a permis de travailler deux étés de suite dans une grande banque.

 

Je considèrerais plus de l’ordre du piston la proposition numéro 2, laissons à l’autre la qualification d’entourloupe.

 

Chaque été les banques emploient des saisonniers pour remplacer les personnes du guichet parties en vacances, avant qu’elles ne se fassent elles-mêmes remplacer un jour par des machines.

Je n’avais jamais osé imaginer pouvoir y rentrer un jour, pensant (à tort) qu’il fallait sortir au moins de science-po pour travailler ne serait-ce qu’au guichet d’une banque.


Lorsque son père me proposa d’y rentrer, je sautais de joie en voyant s’éloigner très loin les cornets de glaces italiennes de mes étés précédents.

 

Postuler pour ce boulot devenait une formalité dès lors que celui qui sélectionne et celui qui t’héberge tous les week-ends ne se révélaient être qu’une seule et même personne.

Je commencerais donc début juillet dans une petite agence. J’allais enfin pouvoir observer de l’intérieur ce qui se passait dans une banque.


Lorsque j’étais petite, aller à la banque consistait pour moi à appuyer sur un bouton pour qu’on nous laisse rentrer, appuyer sur un second bouton pour qu’on nous laisse enfin rentrer (le sas se sécurité, celui où l’on n’aime pas attendre avec quelqu’un qui vient de fumer un cigare) et marcher avec des chaussures sur la moquette en attendant que ce soit notre tour pour parler avec la personne très sérieuse derrière son bureau.

 

J’allais donc tenir le poste de cette personne, celle qui a un stylo relié à un socle pour faire signer les clients, celle qui dit « donnez-moi votre numéro de compte je vais regarder », celle qui dit « un prêt pour votre bagnole, non mais vous rigolez ou quoi ! ».

 

... Je voudrais 150 euros en billets de 5 euros s’il-vous-plait ? ...

 

... Hein quoi ? Ah oui ... Mon boulot, c’était plutôt ça. Donner l’argent de la semaine à des petits vieux et les informer si leurs pensions étaient ou non passées. Les aider à retirer au distributeur et leur répéter que non ce n’est pas une bonne idée d’écrire le code sur la carte bancaire.

 

Remplir les remises de chèques pour les andouilles qui ont eut la flemme de le faire constituait néanmoins la partie majeure de mon travail.

 

Il y a un rapport très spécial avec les clients, car c'est de leur argent que l'on parle. Il y a les clients sans histoire, ceux qui viennent retirer au compte-goutte leur argent, soucieux de leur bien-être financier. Il y a les gens qui passent leurs temps à virer des sous sur leurs comptes épargne (et oui ça existe !). Il y a aussi ceux qui viennent à la banque pour passer le temps, pour papoter.

Je me souviens d'une petite mamie qui au début refusait que je la serve car j'étais "l'étrangère" puis qui petit à petit m'a prise en affection et me remerciait de ma gentillesse en m'offrant des légumes du jardin et des petits savons .


Et il y a les autres.


Par exemple lorsque l'on entre le numéro de compte d'un de ces clients un "ALERTE" rouge s'affiche sur l'écran de ceux dit "critiques". Un client critique, c'est celui qui est à la fois un "mauvais client" et un bon,  car avec les agios qu'il paie il fait parti de ceux qui sont rentables. Ces clients te voient à la fois comme leur ennemi car tu fais partie de la banque, mais aussi comme leur dernier recours (allié potentiel ?) pour éviter un rejet de chèque.


Ils hésitent donc en permanence entre te traiter de tout les noms ou te masser les pieds.


J'étais mal à l'aise de lire le relevé de leur compte avec sur l’écran leurs dépenses, leur découvert, leurs tentatives désespérées de reboucher grain de sable par grain de sable leur gros trou.


On peut dire que j’ai été le temps d’un été à la place de mon propre banquier !

 

Je tire des bonnes choses de cette expérience à la banque : une bonne gestion de mon compte les 6 mois qui ont suivis, un peu plus d'humanité face à la difficulté de certains clients et des chaussures presque neuves à force de me faire cirer les pompes par mes collègues : n'oublions pas que j'entretenais d'étroites relations avec leur Big Boss. Ils tentaient d'ailleurs régulièrement de me faire passer des messages et autres requêtes jamais abouties genre "tiens, il manquerait bien un micro-onde dans la cuisine ..."


Donc parfois (mais alors juste parfois) les petits boulots, eh bien c'est cool.

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commentaires

marcello 05/03/2009 19:23

oui , je capte ...

Fleub 03/03/2009 02:54

excellent! ça me rappelle les boulots étudiants que je faisais aussi qd j etais jeune.
BRavo, c est tres drole et bien écrit

La Brune 05/03/2009 14:42


Merci! j'espère que tu en es revenu de ces petits boulots et que tu as trouvé un bon job!


Petite Audrey 26/02/2009 14:38

Ah oui ça a l'air sympa ça comme boulot! Mon petit mari faisait ça l'été dans sa jeunesse (pas si lointaine non non). Il a gardé d'assez bons souvenirs!

La Brune 02/03/2009 10:14


Si on tombe dans une bonne agence avec une bonne équipe c'est un boulot trés agréable pour deux mois, mais par contre je n'aimerais pas faire ça tous les jours.