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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 13:15

Etant bien décidé à me sortir de mon esclavagisme téléphonique, je cherchais du travail assidûment... ce qui consistait à en parler assidûment à tous mes amis. Une amie m’informa que sa mère, responsable dans une boutique de décoration, cherchait une vendeuse à temps partiel. Je ne pouvais plus reculer, il me fallait bien un jour ou l’autre apprendre à travailler en Espagnol.

Je serais vendeuse dans une boutique de décoration et c’était plutôt cool, moins nul que de récupérer des palettes du moins. J’allais donc me présenter à l'entretien avec les 18 mots de vocabulaire dont je disposais. La patronne parlant français, je ne fus pas recalée tout de suite et je fus embauchée car mon accent français faisait chic et collait bien au quartier tout aussi chic et à la réputation française que voulait se donner la boutique.

J’allais pouvoir jouer à la marchande avec une vraie caisse enregistreuse, un vrai comptoir et des vrais clients !

Niveau logistique je conservais mon boulot chez FLOP au cas où ma nouvelle patronne regretterait d’avoir embauché une française sans expérience. Je cumulais donc deux temps partiel et réussissais à défier toutes les lois des mathématiques : 45 heures par semaine pour 800 euros par mois.

Ceux qui diront qu’à ce stade on ne parle plus de maths mais d’exploitation auront peut être raison.

Mon premier jour était arrivé et ma responsable m’expliqua le fonctionnement de la boutique et du million de produit à connaître. L’art de la table ne consistant alors pour moi qu’en une assiette, une fourchette, peut-être un couteau et accessoirement un verre, je devais savoir à quoi servent par exemple les petits bouts de nappe que l’on nomme chemin de table, les outils de torture pour servir le vin… J’hésitais à partir en courant lorsque mon attention se porta sur le plafond… truffé de caméras.

La taille de la boutique exigeait certes une certaine sécurité contre le vol mais de là à avoir l’impression de débarquer dans un casino! Ma responsable devant ma mine perplexe me montra qu’elles étaient toutes reliées à une télévision située devant la caisse. Nous avions ainsi la joie de pouvoir surveiller les clients dans les moindre recoins.

Après quelques mois passés là-bas, je m’apperçus que, tiens au fait, nous n’avions jamais touché à la télécommande pour changer les prises de vues…

Elles étaient donc toutes reliées à l’inutile télévision… sauf cette caméra là.

Cette caméra là, située juste au dessus de la caisse n’était pas une caméra classique, mais elle était semblable à celle que l’on trouve au dessus des distributeurs de billets : une demi-sphère collée au plafond qui offre à celui qui regarde une belle vue panoramique.

Je demandais à ma responsable la raison de la présence de cette demi-boule: es porque Dios nos ve  ... Dieu nous voit ?... étais-je donc tombé dans une boutique catho-pro-française ?

Non, j'aurais préféré.

Dieu était en fait la patronne, qui préférait maintenir un œil sur eux depuis sa résidence.
Je me rassurais en pensant qu’elle ne devait pas se servir de cette caméra, qu’elle avait bien d’autres choses à faire tout de même lorsque je reçus un appel qui me glaçait d’effroi.
Bonjour Brune, dis, tu peux me dire ce qu’il y a là sur cette étagère, qui dépasse…. Non…. Plus à gauche…. Lève la tête…. Oui là voilà !….

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Les mois passèrent et comme les habitants du loft (oui j’ose me comparer à une participante de jeu de téléréalité) la caméra fit bientôt partie des meubles. Trop peut-être. Je compris que j’avais perdu toute crédibilité avec ma patronne un lundi où ma responsable vint me dire Brune, quand tu te goinfres de chips fais-le plus discrètement… et pas derrière la caisse. Oups.

Il est vrai que, lors de l'appel quotidien où l'on devait rapporter le chiffre d'affaire je m’étais plaint le samedi d’une personne un peu bizarre venant m’accoster à la caisse. Ma patronne soucieuse de mon bien-être à jugé bon de jeter un coup d'œil à cet énergumène en remontant le temps avec son magnétoscope.
Le samedi était le jour des chips et de la visite des potes.

Je n’ai jamais était augmentée. Foutue caméra.





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commentaires

Benoit 01/02/2009 14:16

J'ai eu aussi une caméra "de surveillance" à l'usine où je bossai. J'ai arrêter de lire au boulot le jour où je l'ai appris....et j'ai repris deux semaines plus tard quand j'ai compris que personne ne la regardait, et qu'elle n'était là qu'en cas d'incident eventuel...

Brune 01/02/2009 18:25


Et si lire un livre était un incident! En tout cas se sentir observé est vraiment désagréable.


BritBrit 29/01/2009 16:42

C'est dangereux une chips ; cela peut te faire perdre ton job !

Brune 30/01/2009 10:05


Surtout mangée derrière la caisse avec la classe et le glamour qui me caractérise