Jeudi 13 janvier 2011
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Depuis hier ont commencé des jours de « Hiiiiii » de « Hooooooooooo » et de « Haaaaaaaaaa », j'ai
nommé les soldes. Les soldes j'en ai déjà parlé pour les avoir vécus des coulisses. Et ce n’est pas beau
à voir.
Hier matin je pensais aux pauvres vendeuses qui allaient subir l'assaut des clientes baveuses, le porte monnaie en bandoulière prête
à tout acheter du moment que ça porte la mention 50 %. Alors aujourd'hui j'ai eu envie de vous parler des coulisses des soldes.
Il faut savoir que dans une année de vendeuses il y a 4 moments importants :
· l'inventaire
· les soldes d'été
· les soldes d'hiver
· les vacances
Mais les soldes c'est un peu LE moment de l'année, celui où l'on peut sauver miraculeusement la dignité du chiffre d'affaire et
liquider les stocks commandés un jour de manque d'inspiration. Pendant les soldes, il faut le savoir, il est interdit à la vendeuse d'être malade, enceinte ou veuve. Il lui faut laisser toute sa
vie de côté pour se concentrer sur l'essentiel : les prix barrés.
Cette période, chez les vendeuses, dure bien plus qu'un petit mois. Elle commence 2 semaines avant avec « l'opération
soldes » qui se met en place. Les soldes ça s'organise, il faut mettre en place la boutique c'est à dire rayonner les vêtements par pourcentages ou par modèles ça dépend de l'humeur de la
direction. Et il faut aussi (et ça c'est le pire) écrire toutes les étiquettes avec les prix barrés et le prix soldé en rouge. Les prix originaux sont barré en noir c’est important et les
nouveaux prix écrits en rouge. C’est important. Et au feutre pour que ça se voit bien. Sauf qu’écrire avec un feutre sur du papier glacé je vous le donne en mille : ça bave.
C'est ainsi que pendant des heures, armé d'une calculatrice et de deux feutres rouge et noir, on sacrifie des vêtements
en prenant de laisser sécher le feutre pour qu'il ne tâche pas le vêtement. Ca bave, tout ça vous me suivez ? Vers la fin de la journée on fait des erreurs de calcul suivi de ratures et les
étiquettes deviennent dégelasses mais on s'en fout un peu.
Cette période pré-soldes est aussi le moment où l'on va mettre de côté les meilleures affaires pour toute sa famille. « On en a
plus en stock » dès le deuxième jour des soldes, vous pensez que c'est dû à quoi ?
En ce qui concerne m'après soldes c'est un peu différent.
D’abord le rayon solde devient de plus en plus petit et se trouve dévalorisé au fil des jours par la nouvelle collection qui arrive.
Alors il faut trouver la bonne organisation pour avoir des soldes attractives et visibles qui servent à vendre les nouveaux vêtements cher « Ce top à 70 % est très bien oui, mais regardez
comme celui de la nouvelle collection vous fait rajeunir de 10 ans. »
Puis au bout de quelques temps, il ne reste que quelques rougnes. Les rougnes, ce sont les fringues restantes, dont on ne sait plus
quoi faire alors qu'un mois avant nous étiquetons avec soin. Avec quelques boutons en moins et une allure de torchon à vaisselle, on les prend du bout des doigts pour les mettre dans des
cartons. Et là se pose LA question : on les mets au pressing et on les ressort aux soldes d'été ? Ou on les range en boules et on les ressort aux soldes d'été ? La deuxième option remporte
en général l’approbation de toutes. Et c’est ainsi que né une collection de fringue freak qui vit dans le noir de la réserve toute l'année pour ne ressortir que pendant les soldes, puant un peu
plus à chaque saison.
Pas très glamour hein ?
Enfin je ne suis sûre que ça ne vous empêchera pas de faire les soldes pour autant …
Par La Brune
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Publié dans : La boutique de collants
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Lundi 3 janvier 2011
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Comme vous le savez j'ai toujours détesté la question « et tu fais quoi dans la vie
? ». Avant c'était parce que je n'assumais pas de faire des sondages par téléphone ou de vendre des culottes gainantes mais aujourd'hui c'est pour deux raisons. La première : je suis
incapable d'abréger et me transforme en moulin en parole qui détaille les moindres faits et gestes de sa journée. Vous savez comme ces personnes qui vous racontent un truc en insistant sur les
détails dont on en a rien à carrer ?
Oui je déteste quand quelqu'un me raconte comment la cousine de sa belle-sœur à chopé le palu au Kenya en allant fêter son 5ème divorce.
La deuxième c'est parce que je n'aime pas beaucoup l'intitulé de ma profession.
Community manager.
Brrrrr.
Chaque fois que je réponds en marmonnant « community manager » à quelqu'un je suis sûre de m'entendre rétorquer un « hein ? ». Keskidi ?
Je suis alors obligée de répliquer plus fort « COMMUNITY MANAGER » passant alors pour la fille qui se la pète grave depuis qu'elle est allée 2 jours à New York.
Je rétorquerais bien « manageuse de communautés » mais je trouve que c'est un peu l'équivalent du « technicienne de surface » des professions du ménage.
Parfois je répond par une phrase, ou deux ou trois ce qui nous ramène à ma première raison en concluant toujours par un « tu sais ce sont les nouveaux métiers du net, on appelle ça
« community manager » avec les doigts qui mime les « » d'un air un peu hautain du genre « nan mais pourquoi pas GO du net aussi non ».
Quand je faisais du référencement j'annonçais fièrement ma profession telle une justicière sans foi ni lois bien contente de mettre sa pâté à google de temps à autre. Et puis « je fais du
référencement » c'est clair mais pas trop ce qui me laisse tout le plaisir de développer et de revenir encore une fois à la première raison.
Pour finir voici la scène du film qui est sans doute à l'origine de toute cette tourmente terminologique.
PS : Bonne année
Par La Brune
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Publié dans : L'agence
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Mercredi 22 décembre 2010
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13:49
Est-ce que vous aussi quand vous étiez petits vous rêviez de porter des lunettes ?
Je me souviens qu’à l’âge de 4 ans je chipais les lunettes de ma mère, et, observant le monde à travers sa myopie, lui disais à quel point elle avait de la chance.
Ainsi soit-il, 2 ans plus tard on me détectait un astigmatisme qui m’obligeait à porter des lunettes. Avec ma paire de lunettes rose je faisais moins la maligne à devoir les porter tous les jours
alors que mes copines n’avaient les leurs que pour lire et regarder la télé.
Une fois affublée de mes lunettes, je commençais à lorgner sur mes camarades qui avaient des appareils dentaires ou une jambe plâtrée. Le comble de la classe était alors de porter un appareil
dentaire (celui avec le palais qui s’enlève pour dégouter tout le monde à table) et un plâtre, ce qui me ferait au moins oublier que je portais des lunettes. J’avais à l’époque une vision du
bonheur assez particulière, mais je me serais bien cassé un truc histoire d’avoir un plâtre sur lequel tout le monde aurait pu écrire.
Le sort m’a épargné en ce qui concerne le plâtre, et pour l’appareil dentaire, c’est mon compte en banque qui m’en préserve alors que je reçois tous les 6 mois l’appel de mon orthodontiste qui me
demande si oui ou non je suis enfin prête pour qu’elle me passe la bague aux dents.
Je n’ai pas la possibilité de l’enlever à table ? Alors non.
Il y a 3 ans, alors que je travaillais debout en boutique, je ne rêvais que d’une chose c’était de travailler dans un bureau. Le cul posé dans un fauteuil à roulette, la souris dans la main
droite et un mug dans la main gauche. Je rêvais de faire claquer mes talons dans les couloirs avec un dossier sous le bras.
Ainsi soit-il je travaille aujourd’hui le cul posé dans une chaise à roulette une souris dans la main droite un mug dans la main gauche. Maintenant que mon rêve de bureaucrate est exaucé, je
marche sur la pointe des pieds dans les couloirs me reliant des toilettes à ma chaise à roulettes. Le bruit des talons qui veut dire « je vais pisser », « j’ai fini de
pisser » et «vu le temps que ça a duré c’était bien plus qu’un simple pipi » très peu pour moi. Je fais aussi moins la belle quand à 16 h je commence à m’étirer dans tous les sens, au
bord de la raideur cadavérique. Je ne supporte pas d’être assise si longtemps, j’ai l’impression que mes fesses rentrent à l’intérieur et que mes bras vont rester pliés en angle droit toute la
vie.
On rêve toujours de ce que l’on n’a pas. Normal une fois qu’on l’a atteint c’est plus un rêve mais une réalité. Ou alors je suis juste qu’une grosse chieuse…
Et vous, avez-vous des rêves bizarres que vous avez atteint … ou pas ?
Par La Brune
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Publié dans : Humeur
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Vendredi 12 novembre 2010
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09:00
Aujourd’hui j’ai 28 ans. Chaque anniversaire est pour moi l’occasion de faire un retour sur moi-même purement égocentrique histoire
de voir le chemin parcouru. Un peu comme lorsque l’on dessine au stylo sur un plan le trajet que l’on vient de faire en se disant « ouah quand même ». Cela fait un peu plus d’1 an
que j’ai arrêté les petits boulots. A 26 ans et des brouettes j’étais encore en train de régler des bretelles de soutiens gorge à des femmes pas toujours bien fraîches en rêvant de jours
meilleurs. Aujourd’hui j’ai un job qui me plait mais j’ai pris goût à tester de nouveaux jobs et comptent bien multiplier les expériences jusqu’à ma retraite à 80 ans.
Si je devrais résumer quelques faits « marquants » pouvant expliquer ce que je suis j’énumèrerais la liste
ci-dessous.
5 ans et demi : J’apprends à lire grâce à l’émission « des chiffres et des lettres » et devient
l’exception à la règle comme quoi la télé rend con.
10 ans : J’écris son premier livre avec ma meilleure amie. 15 pages avec illustrations aux feutres succès
mondial dans ma classe de CM1.
14 ans : Je vis l’âge difficile où on a envie de rouler sa première galoche, d’être danseuse, d’arrêter de
porter des lunettes et de rencontrer les Wolds Appart.
15 ans : Je rate mon brevet des collèges et me dis que je suis quand même mal barrée. Et puis je n’ai encore
pas roulé de galoche.
15 ans et demi : je commence à mettre un pied dans le monde fascinant du travail en étant employé deux étés de
suite à l’usine d’œufs.
16 ans : je redouble la seconde et me dis que j’ai dû péter un miroir l’année dernière. Merde 7 ans dans la
mouise, ça fait long. Ceci-dit, entre temps je l’ai roulé cette galoche !
19 ans : J’ai mon bac sans mention. A moi Montpellier, ses Cité U et la vie étudiante ! J’étais rassuré
je n’avais finalement pas pété de miroir.
23 ans : j’obtiens ma licence et me dis que ça ne sers un peu à rien tout ça. Je file vivre à
Barcelone.
23-25 ans : Les petits boulots ne sont plus réservés aux 2 mois d’étés et deviennent mon pain
quotidien.
25 ans : Je quitte Barcelone pour Toulouse non par envie mais parce que j’ai rencontré un garçon et parce que je souhaite reprendre ma « vie en main ».
25-27 ans : Pour la « vie en main » on repassera et on repart pour 2 ans de petits jobs. J’ouvre un
blog pour en rire et parce que je me dis que ça m’aidera peut-être à me trouver du boulot.
27 ans : Je suis contactée par l'adorable rédactrice en chef de maviepro pour écrire des chroniques sur la recherche d'emploi. Je rencontre dans la foulée la première personne qui me
fait confiance et qui m’embauche pour un CDD de 3 mois. Mon CV devient crédible et je trouve un domaine qui me plait … grâce à mon blog.
28 ans : Maintenant que je ne me préoccupe plus de mon boulot je me préoccupe d’un tas d’autre trucs comme
l’envie de faire le tour du monde, les 30 ans qui se rapprochent, le fait que je ne sache toujours pas négocier mon salaire etc.
Il y a bien d’autres faits marquants mais ils n’ont pas leurs places ici (genre première règle, tout ça …). J’entends au fond de la
salle qu’on me demande ce que je souhaite pour mon anniversaire ?
Un petit commentaire ou un chèque.
Par La Brune
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Publié dans : Humeur
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Dimanche 7 novembre 2010
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20:26
« Bon et tu fais quoi maintenant comme boulot ? » Depuis mes jeunes années j'ai habitué ma mère à des changements
furtifs d'emploi, l'informant à chaque appel de ma nouvelle situation professionnelle : « ah ce boulot ? Noooon j'ai laissé tombé, maintenant je suis téléopératrice mais cette fois-ci
je vends des fiches de cuisine ».
Lorsque j'étais étudiante j'avais toujours le droit à un : « tu fais quelle études déjà ? » parce que arts du
spectacle on a un peu de mal à y croire. Je ne sais pas si c'est parce que j'explique mal ou parce que l'intitulé de mes études faisait très bling bling, toujours est-il que ma mère s'était mis
dans la tête que je voulais devenir actrice et que j'avais choisi les études dans ce but. Dans le village de mon enfance, les informations se répandent comme une traînée de poudre, j'imagine
comment la nouvelle devait résonner dans la tête des gens qui me connaissent comme une ado trop maigre avec de grosses lunettes.
De mon temps, les lunettes à la Camélia Jordana étaient loin d'être à la mode bien au contraire.
Lorsque ma mère me demandait dernièrement « et tu travailles dans quoi là ? » je pris une longue inspiration afin de
trouver facilement les mots pour expliquer ce qu'était un community manager. Pour situer, ma mère fait partie des gens n'ayant encore ni ordinateur, ni téléphone portable et donc bien
loin des réseaux sociaux. Je décidais de lui répondre le plus clairement possible,tenant à ma réputation et ne voulant pas que tout le monde me pense que j'étais « hackeuse » ou
« créatrice de facebook ».
Car si je ne fais pas attention à la manière dont j'explique mon métier, tout le village croira ma mère quand elle dira
« ma fille fait de l'informatique, elle a créé fessebouc pour des marques et fais des trucs pas bien clairs pour leurs attirer des visites ».
Je me devais d'être bien claire. « Alors tu vois, il y a des personnes qui se retrouvent sur internet sur des espaces que
l'on appelle réseaux sociaux ... sur ces réseaux sociaux il y a plein de consommateurs, et ces gens là passent beaucoup de temps dessus à espionner les autres et à dire ce qu'ils font… Oui c'est
vrai c'est un peu bizarre moi j'adore (hum, ne brouille pas les pistes tiens-toi en au fait). Nous alors on travaille pour des marques et on est aussi dessus... C'est un peu comme quand
on lis un magazine et qu'il y a des pubs. En fait c'est comme si les pubs, elles te parlaient pendant que tu lis ton magazines et que tu pouvais parler avec elles. (Ou là je m'avance sur un
terrain dangeureux du type « ma fille est folle » trouves une autre comparaison) … en fait on représente le visage humain des marques. Tu vois, une basket, par exemple, et bien, il
y a des gens derrière, et on veut pas que les consommateurs nous voit juste comme une basket tu vois, mais plus comme une basket qui a du coeur (Non non non la tu t'enfonces ma
pauvre...). Et puis on organise des concours pour que les gens nous trouvent cool et sympas. Enfin voilà quoi. Comme ça les gens, ils savent qu'on est proche d'eux et ils viennent visiter le
site internet où on vend des trucs et dans le meilleur des cas ils achètent. Voilà quoi …
- Oui oui je vois, je vois …euh ... et sinon tes chats vont bien ? »
Je laissais ma mère sceptique et préoccupée par la santé mentale de sa fille. Soyons réaliste, j'explique très mal ce que je fais.
Je peux dire adieu à ma réputation, au mieux j'aurais le droit à « ma fille elle croit qu'elle fait parler les pubs sur internet, pour que les gens la trouve cool. Elle a l'air en mal
d'affection, j'ai toujours su qu'elle était bizarre. De toute manière quand on veut devenir actrice ... »
J'aurais au moins essayé.
P.S. : Maman, j'exagère un peu hein tu le sais ...
Par La Brune
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Publié dans : Humeur
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