Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 22:59
Des personnes tombent sur mon blog en cherchant sur google: comment déboucher chiottes avec balai espagnol.
Je ne pensais pas être si utile à l'humanité.

Je suis tellement flattée et émue.
Je voudrais remercier le Roi du Burger sans qui rien n'ait été possible ainsi que la fédération espagnole des canalisations de merde.

Merci!

Par Brune - Publié dans : Humeur
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 17:04

Travailler dans un centre d’appel, c’est souvent travailler par "campagne".
 
Il y a les campagnes sympas, où l’on doit appeler les personnes en fin de collection pour leur proposer de recevoir les quelques paquets restant d’un coup, et en plus avec une réduction non négligeable, le tout payable en plusieurs fois. Ces clients disent rarement non, car ils sont contents du produit et du service proposé. Les rares qui refusaient était ceux qui considéraient comme un "plaisir" à continuer à les recevoir au compte goutte.
Lors de ces campagnes, nos primes augmentaient autant que leurs satisfactions donc.

Il y a ensuite les campagnes où l'on doit appeler les personnes qui viennent d'arrêter leur engagement pour leur proposer de revenir chez nous, et que s'ils reviennent, et bien ils auront une belle montre sport en cadeau. Nous nous faisions généralement recevoir par des phrases commençant par des « Ecoutez moi bien » ou encore «  Vous vous foutez de ma gueule ». En effet, ces clients n’étaient pas contents d’avoir continué à recevoir des paquets et des prélèvements après leur cinquième lettre de résiliation, alors forcément, les déranger après une journée de boulot pour les relancer ...

... Et puis il y avait enfin les drôles de campagnes sorties tout droit de la tête du chef de projet un soir de cuite ou d’abus quelconque.

C’est ainsi qu’un soir, on nous a exposé la nouvelle campagne qui durerait 3 semaines : vous rappelez les clients qui ont commandé les 3 premiers paquets de nos fiches sexuelles, et vous leurs proposerez de continuer la collection en les appâtant avec des cadeaux.

Oui nous avions bien tous compris : S-E-X-U-E-L-L-E-S.

Ainsi nous n’interférons pas seulement dans la vie de cuisinières chevronnées.

Le script en main, nous prenons rapidement connaissance des cadeaux à proposer à ces gentils messieurs pour leur faire cracher … leur pognon. Un kit de massage, un string, et un autre paquet de fiches gratuites devaient pour le chef de projet, faire l’affaire.
Notre formation était complétée d’une présentation de ces fiches. Nous constatons que pour une fois il ne se foutait pas (trop) de la gueule des gens, les fiches étant remplies de conseils et illustrées de photos plus que suggestives d’un couple composé d’une actrice porno et d’un bodybuildé.
Le petit conseil d’Estelle en bas de chaque fiche venait peaufiner l’explication pour ceux qui n’aurait pas encore tout capté.

Nous retournons à nos postes à reculons et les appels lancés, nous guettons quel sera le premier qui aura la joie d’inaugurer cette nouvelle campagne.

Il faut savoir une chose : dans les ménages, c’est généralement la femme qui décroche le téléphone.
... Et c’était généralement le mari qui se faisait envoyer ces fiches sous pli discret.

- Bonjour pourrais-je parler à Monsieur Dupont s’il vous plaît? (téléopératrice mal assurée).
- Je suis sa femme. C’est pour quoi ? ( Femme à voix sèche).
- Je suis Brune des éditions Arnak c’est à propos d’un début de collection que nous lui avons envoyé ( téléopératrice gênée).
- Je ne suis pas au courant, une collection de quoi ? (Femme à voix énervée).
- ....de fiches d’éducation sexuelles (téléopératrice qui murmure).

Nous étions obligé de prononcer cette formule très classe qui a due créer pas mal de remous dans les ménages.

Lorsque nous arrivions à avoir un homme à l’autre bout de la ligne, c’était alors le moment où nous devions faire preuve de toute la persuasion possible pour atteindre les inateignables objectifs.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez (Monsieur a la mémoire courte).
-Vous nous avez renvoyé un coupon afin de recevoir 3 paquets de fiches gratuites (téléopératrice dans son argumentaire).
-Oui... ben...  je les ai jeté ! C’est inadmissible de recevoir ça ! (Monsieur lunatique).
-Nous vous proposons néanmoins de continuer à les recevoir, et je vous offre en plus un paquet gratuit, un kit de massage et un string (téléopératrice qui prononce cette phrase à toute vitesse car elle doit la caser).
-Bip, bip. (téléphone)

... Je perdais généralement mon sérieux au moment de prononcer le mot string et partais dans un fou rire nerveux à chaque appel.

Nous avions aussi le cas de messieurs qui prenaient un malin plaisir à nous exposer l’intérêt de ces fiches sur leurs vies sexuelles.

J'en frémis encore.

Devant tant d’efficacité, la campagne ne dura que trois jour.

Par Brune - Publié dans : Expériences barcelonaises : le télémarketing
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 01:30

Le temps des petits boulots d’été a pris fin un beau jour en même temps que mes études. L’expérience chez le roi de burger ayant été trop belle, je décidais de tout claquer et de reprendre le chemin de Barcelone pour une durée indéterminée.

Il est facile de trouver un travail à Barcelone quand on est français et même si on a eu 8 de moyenne toute sa scolarité dans la langue de Cervantès.

Enfin quand on n’est pas trop exigeant bien sûr.


Quand on n’est pas très exigeant et pas trop bilingue donc, il y a le choix de travailler dans des fast food, ou bien dans des grands centres d’appel ouverts par des sociétés se rappelant à quel point le smic espagnol est si éloigné de leur pays d’origine. Je choisis la deuxième option et commençais une longue série de télémarketing.
Barcelone étant bourrée de français, les bons plans é
taient tout aussi faciles à trouver que la main d’œuvre ayant oubliée toutes ses prétentions salariales. Je commençais donc assez rapidement dans un centre d’appel où l’on devait vendre toutes sortes de fiches pour collectionneurs malgré eux.

A Barcelone le boulot d’un récent expatrié étant secondaire par rapport aux sorties chupito/bravas/mojito, je fus tout de même surprise par l’ambiance de mon nouveau travail. Un centre d’appel énorme, où se côtoyait sur de grandes tables, des  pôles portugais, italien, espagnol, anglais et bien sûr français… la jeunesse européenne comme collègue, que rêver de mieux ? ...Un chef d’équipe tout nouveau tout beau ne cherchant qu’une chose : s’intégrer dans ce magma de gens et ne pas se mettre son équipe à dos à la première mission.

C’est ainsi que, ravie, je commençais avec une équipe d’une quinzaine de français à travailler avec un chef à nos pieds.
Mais le travail n’était quand même pas de la crotte. Une brève formation de trois heures m’enseigna rapidement que nous devions vendre la fin de collection à des gens ne recevant leurs fiches de cuisine qu’au petit rythme de 3 paquets toutes les trois semaines.
Nous étions donc là pour aider les gens :          « n’attendez plus que le facteur vous apporte vos fiches, recevez les en une seules fois, c’est génial en plus je vous offre une fabuleuse ristourne car au lieu de débourser un énorme chèque de 20 euros toutes les trois semaines pendant 7 ans nous vous proposons un petit prélèvement de 1500 euros soit une économie de 200 euros ! Vous vous rendez compte ! ».
Peu convaincue par les arguments, je me laissais néanmoins porter par l’ambiance et commençais à appeler les français pour leur échanger un rein contre 800 fiches de cuisine.

Parfois il vaut mieux cocher la case qui dit je désire ne recevoir que 3 paquets à 1,50 et après j’arrête car il ne faut pas déconner quand même. Car cette case existe sur tous les fascicules attrape-nigauds.

Ce fut ma première expérience de télémarketing réussie. Grâce à moi, vos mamans ou tatas ont pu vous faire de généreux petits plats, et même si vous n’avez pas eu de cadeaux à noël car les temps étaient dur, et bien la dinde elle devait être meilleure que l’an dernier non ?

On vendait bien. Surtout le vendredi. C’est parce qu’on avait un bon boss. Son intégration a été lente mais il a trouvé la bonne manière de nous motiver tout en resta
nt notre pote. Vu que nous étions les derniers à partir le soir car nous terminions à 21h (inutile de préciser que le français est ravi qu’on l’appelle pour lui vendre des trucs à 21h), il amenait le vendredi de quoi nous détendre de notre semaine, soit une bouteille de rhum. Chaque personne qui faisait une vente se voyait donc récompensée d’un chupito d’alcool.

Les ventes explosaient le vendredi.










Par Brune - Publié dans : Expériences barcelonaises : le télémarketing
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 22:20

Il est un métier que tous les étudiants (sauf quelques exceptions aux parents généreux ou aux relations plus efficaces)  ont un jour exercé : travailler dans le grand monde de la restauration rapide, alias "Coéquipier de fast food".

Dans restauration rapide j’inclus les faiseurs d’hamburger, de pizzas, et toutes les autres structures où une fois au comptoir on s’adresse aux menus et pas à la personne qui vous fait face. Si vous faites partie de ceux qui commandent leur menu en regardant droit dans les yeux la personne en caisse au lieu de continuer à lire leur composition au dessus : chapeau !

Il y a  un été lointain, à Barcelone, je débarquais pour deux mois et avec assez d’argent pour tenir une semaine. Il me fallait donc trouver un travail rapidement. Mes cv traduit au mot à mot à l’aide d’un mini-dictionnaire sous le bras je m’en allais les répartir dans toute la ville, attendant que mon avenir professionnel me sourit enfin...

...Sur une cinquantaine de cv, juste le Burger King m’a rappelé. Il faut dire que mon Espagnol de l’époque n’était pas très crédible, mais suffisant pour travailler dans la cuisine du roi des burgers.
Je devins donc la préposée à la cuisson des steaks hachés et aux ravitaillements de surgelé, entrecoupé de passage en salle. Il faut savoir que les gens là-bas ayant pour coutume de laisser leurs plateaux sur les tables, les renforts de passage en salle sont donc très fréquents.
Heureuse d’échapper à la caisse et à la préparation des hamburgers (le seul que je n’ai jamais fait ayant été retourné en cuisine par le client), j’effectuai mon travail avec les quatre mots d’espagnol que je savais.

Mais en caisse il aurait mieux valut être. Je n’aurais jamais eut à devoir déboucher les chiottes plusieurs fois par jour.

Ames sensibles s’abstenir de lire la suite. Pour les courageux je remplacerais merde par rose, ça sera plus facile pour tout le monde.

On m’expliqua rapidement que dar una vuelta en la sala (faire un tour dans la salle nettoyer le caca-boudin des autres et vider les poubelles pleines et percées) signifiait aussi dar una vuelta en los lavabos (aller voir si il reste toujours du papier et si les toilettes sont dignes de nos respectueux clients). Les gens s’en allant en laissant les tables pleines je doutais fortement de l’état des lavabos.
Je ne sais pas si la nourriture que nous servions était douteuse, mais les gens avait pour coutume de laisser la cuvette des toilettes pleine de rose et les gens suivant peu farouches, venaient compléter le bouquet, en y déposant eux-mêmes leurs roses par-dessus ce qui rend l’évacuation plus difficile n’est ce pas, si l’un d’eux venait à avoir l’idée saugrenue d’appuyer sur la chasse d’eau.
Entre deux steaks hachés je devais donc me transformer en plombière à l’aide d’un balai espagnol sans les franges. Ca peut paraître évident mais la première démonstration par une de mes collègues sur le pourquoi du comment du débouchage de toilettes avait était fait AVEC les franges du balai. Je vous laisse imaginer l’ambiance, j’en cauchemarde encore.

Le mode d’emploi était simple.

Premièrement : tu saisis un balai espagnol et tu prends la délicatesse de dévisser la tête du balai.
Deuxièmement : tu le plonges dans l’amas de rose.
Troisièmement : tu secoues celui-ci vigoureusement en prenant soin de t’écarter suffisamment des projectiles.
Quatrièmement : tu évites de vomir et tu prépares mentalement ta lettre de démission.
Cinquièmement : tu retournes à la cuisson de tes steaks. 

Mais comme d’habitude je restais et eut même la larmette à l’œil pour mon dernier jour de boulot.
Parfois je ne me comprends pas.

Par Brune - Publié dans : Expériences barcelonaises variées
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 15:22
Il fut un temps lointain où les petits boulots ne duraient que l’été. Ils servaient à amasser l’argent de poche que je dépenserais l’année d’après. Ca a commencé à 16 ans, le jour où le travail devient légal et obligatoire pour toutes les filles de famille d'ouvriers.

Trouver du travail pour l’été dans un village de 2000 habitants far far away de toute civilisation se révéla une tâche facile pour mon père bien décidé à me caser quelque part. Vu que mon cv aurait consisté en un document manuscrit mentionnant mon nom et mon adresse je devais bien lui faire confiance et commençais aussitôt comme manutentionnaire dans une usine d’œufs.

La classe, comme entrée en matière dans le monde du travail, y a pas mieux.

Les filles de l’usine, entre deux chiffonades m’expliquèrent rapidement que dans la chaîne qui va du fion de la poule à la tortilla, mon rôle serait de récupérer les boites d’œufs sur le tapis roulant, de les étiqueter et de les mettre dans des cartons qu’il fallait ensuite, les uns sur les autres, empiler bien haut. Nul n’est sans savoir que les œufs cassent, et vu ma maigreur de l’époque, la perspective de devoir monter des palettes de cartons pleins d’œufs cassant me laissait perplexe. Je trouvais rapidement le truc et demandais aux âmes charitables de me les monter, mais on m’a vite fait comprendre qu’il valait mieux que je me démerde seule si je ne voulais pas rentrer à pied le soir (en plus d’être un boulot passionnant il était anormalement loin de tout).
J’allais donc pendant deux mois utiliser mes cuisses pour appuyer lesdits cartons afin d’arriver à les monter , ce qui me valu d’avoir sur les jambes un plumetis d'hématomes, qui fit son plus bel effet sur la plage le dimanche.

Je m’étonne encore que la DDASS ne soit jamais venue frapper à la porte de chez ma mère.

Je soupçonne mon père de m'avoir trouvé le pire premier boulot pour que l'idée d'arrêter les études reste  une idée bien lointaine si je ne voulais pas finir empileuse de boîtes d'oeufs.

Je ne m'explique toujours pas pourquoi j'y suis retournée l'année suivante, pas trop le choix sans doute.
Par Brune
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