Mardi 5 juillet 2011
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16:06
J’ai toujours cru que je n’avais aucune vocation et aucun désir d’univers professionnel précis mais je dois me rendre à l’évidence,
un désir j’en ai un : travailler avec les animaux.
J’aurais pu répondre un truc sexy à paillettes mais non : je pense que je me sentirai bien vivante et heureuse le jour où je
pourrais faire quelque chose d’utile pour les sacs à puce tout crottés abandonnés par leurs gros connards de maître.
Oui oui : "gros connards".
Je trouve tous les animaux mignons. Même ceux avec les poils collés et leur yeux amochés qui sont mignons si on a de l’imagination.
Les animaux je les aime mais je n’avais jusqu’à aujourd’hui pas l’once d’un courage pour me confronter à la détresse animale. Je ferme les yeux et je me bouche les oreilles lorsqu’un animal est
susceptible de mourir dans un film, demandant à mon brun de me tapoter le bras quand je pourrais les rouvrir.
Je suis une mauviette.
Quand je vois un chat ou un chien seul dans la rue je lui invente toujours une belle histoire qui fait qu’il est la par choix et
très heureux. Un chat est maigre et sale dans la rue ? Oh c’est qu’il est marginal et qu’il préfère vivre dehors. C’est naze. Mais ça m’évite d’y penser et me donne un peu de contenance
quand je suis en train de la perdre. J’étais encore en train de m’inventer une histoire rocambolesques à propos d’un chat errant en bas de chez nous quand me brun me regarde en
soufflant.
"Arrête !"
?!?
"Tu m’énerves avec tes jérémiades à la con, tu dis que tu aimes les animaux alors fonce."
Il me parle comme ça parfois mon brun. C’est vrai que la seule fois où j’ai fait quelque chose pour un animal c’est quand j’ai sauvé
mon deuxième d’une expédition pour la SPA et arrêter de manger du boeuf et de l'agneau. Rien d’autre monsieur l’agent.
Il faut que j’utilise ce que je ressens dans le ventre pour faire quelque chose de bien au lien de fuir dans un monde Disney où les
animaux parlent et sont heureux. Je n’ai absolument aucune idée de par quel bout je vais prendre tout ça. Commencer à faire du bénévolat dans une association sans doute à côté de mon travail (que
je n’ai pas encore trouvé).
Je suis venu à Montréal pour changer de vie alors il serait temps que je m’y mette non ?
Et puis si je peux faire équipe avec Rocco...
Par La Brune
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Publié dans : Humeur
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Lundi 27 juin 2011
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04:24
« Brune, tu as un iPhone ou un iPad ? » je dégainais la loque qui me servait de téléphone alors, daignant me
mettre en communication à la condition de le taper contre la table avant de s’en servir.
« Bon ok on te trouvera ce qu’il faut en attendant tu vas quand même aller à Paris pour couvrir le salon des
micro-entreprises pour notre client. »
Cool, j’aime les voyages d’affaires.
Je me demandais cependant où était le piège. Pourquoi m’envoyait-on moi, nouvelle, faire un truc chouette alors que je n’avais même
pas d’iPhone ni d’iPad. Mais j’étais prête à me faire rouler dans la farine pour voir un peu du pays, ça faisait un
moment que je n’avais pas pris l’avion tout frais payé pour faire la working girl. Ça commençait à me manquer.
« Réserves-toi un hôtel et un billet d’avion, mais dans la limite du raisonnable. »
Dans la limite du raisonnable. Hum. Est-ce qu’acheter un billet sur Air France à un demi-smic était raisonnable ? Est-ce que prendre
un hôtel à côté de la Sorbonne était raisonnable ? C’est vrai que je pourrais toujours y aller en covoiturage et dormir chez une cousine éloignée mais bon. C’est le client qui paie. Et le client
ne veut pas que j’arrive fatiguée. Hein dis ?
Je tranchais en prenant un aller avec Air France et le retour avec Easyjet ce qui reviens à peu près au même mais en un peu moins
cher et conservais la chambre d’hôtel. Et pour finir de décharger la note, je mangerais des sandwichs.
Je m’en allais sur Paris 3 jours après avec un ordinateur portable prêté et une caméra flip. Autant dire que je me la pétais.
Genre working girl high tech. High tech d’il y a quelques années ok mais high tech quand même.
Ma mission une fois là-bas si je l’acceptais était de twitter en direct ce qui se passait pendant les conférences et d’interviewer
des créateurs d’entreprise à la volée. D’où l’équipement.
J’arrivais à la première conférence avec un siège réservé juste a cote du câble pour brancher mon pc. J’avais enfin la notion
d’être une VIP dans ma vie. Toute fière, je brandissais mon pc alors que le reste de l’assistance était en train de pianoter sur des iChoses. Les crâneurs. Moi au moins j’ai une place réservée.
Loin certes, avec un câble qui me relie au mur certes, mais réservée quand même.
Je twittais les conférences un peu nerveuse du fait que mon voisin d’à côté et celui de derrière jetaient un œil régulier sur ce que
je faisais. Je déteste qu’on lise par-dessus mon épaule. Surtout quand je cherche mes conjugaisons sur google.
Bref.
Être sur Twitter est un truc que je sais faire et je n’ai pas eu de problème pour m’en sortir. Restait à interviewer et filmer les
entrepreneurs qui se baladaient au salon. Je n’avais pas vraiment pensé à cette seconde tâche. Aborder les gens n’est pas un truc que je fais tous les quatre matins et autant j’écris des mails
avec des :) et des ^^ mais aborder les gens avec l’assurance d’une journaliste et l’aplomb d’un Castaldi…
Je regardais les gens autour de moi, attendant de croiser un regard pour embrayer. Personne ne me regardait. C’était bien ma veine.
Je savais que j’aurais pas dû mettre ce pull il monte trop haut j’ai l’air d’une gamine. Alors qu’avec ce top un peu plus décolleté j’aurais sans doute…
« Brune ? » C’était la cliente qui me tirait de mes rêveries allumeuses.
Elle voulait savoir comment j’allais mais aussi comment je dépensais son fric là appuyée contre un poteau les mains poisseuses.
« Venez je vais vous présenter une entrepreneuse ». Voilà comment j’ai filmé ma première interview.
Le stress passé, je commençais à aborder les gens, en oubliant qu’il fut un temps j’étais timide. J’ai su rassurer les gens avec ma
caméra pas plus grande qu’un iPhone et j’ai obtenu facilement toutes les interviews demandées par le client. Comme une grande.
C’est comblée et épanouie que je mangeais mon sandwich dans ma chambre d’hôtel. Je venais de vivre une de mes expériences pro les
plus sympas.
Par La Brune
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Publié dans : L'agence
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Lundi 20 juin 2011
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01:29
"Avez-vous quelques choses à déclarer ?". "Non, non." Je songeais aux deux boites de foie gras coincées entre 2 culottes
et une paire de moufles dans ma valise.
Pressée de voir si mes chats avaient survécu à 7h15 d’avion dans la soute, j’expédiais d’un revers de la main toutes les
propositions de la douanière sur ce que j’aurais pu avoir à déclarer : plantes, animaux, nourriture… "Non, rien du tout".
Animaux. Autant j’étais consciente de mentir sur les parties d’animaux mort se trouvant en boite de conserve dans ma valise
autant j’oubliais complètement que le terme animaux désignait aussi les deux rouquins qui m’ont coûté un demi rein à traverser l’atlantique.
La deuxième douanière nous a jeté un regard dubitatif quand elle nous a vu débarquer avec nos 2 caisses et notre papier coché,
signé, tamponné, certifié "rien à déclarer".
"Vous n’avez pas déclaré vos animaux, normalement c’est 1200 dollars d’amende. Par chat." Je regardais les chats les plus
chers de la planète et les tournais vers la douanière. A nous 3 on pouvait lui faire le regard en forme de bille et la moue implorante. Surtout moi la moue implorante.
Je crois que "bon ça ira pour cette fois" est la plus belle phrase au monde.
Je sortais de l’aéroport avec l’envie de sauter, de pleurer, de rire, de manger de la poutine, de voir Ottawa, Toronto,
New-York, Vancouver là maintenant tout de suite.
Un peu perdue quoi.
Il faut dire que quelques heures avant je dispersais encore en pleine nuit sur le trottoir les affaires que je n’avais pas réussi à
vendre ou à stocker. En chialant comme une madeleine of course. Casseroles/verres/vêtements/livres dans la main droite, kleenex dans la gauche, je transformais11 heures plus tôt la
place de mon anicien chez moi en décharge publique en me demandant si je faisais le bon choix de tout abandonner comme ça.
Dès que j’ai posé ma spartiate sur le bitume québécois j’ai su que j’avais fait le bon choix.
Car c’est le top !
Ceci est la dédicace du talentueux Ced
sur son dernier et très bon album "Un an sans internet".
Par La Brune
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Publié dans : Cap sur Montréal
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Jeudi 2 juin 2011
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19:40
"Et tu comptes faire quoi comme boulot à Montréal ?" Voilà la phrase que j'entends le plus en ce moment après "Alors où
en sont ces préparatifs ?" et "Tu es bien sûre de vouloir embarquer tes chats ?". A ces deux dernières il m'est bien aisé de répondre "Plus je fais des cartons plus je trouve
l'appart rempli" et "oui sauf si tu me les garde". Par contre il m'est beaucoup moins facile de répondre à la première.
Car je n'en sais rien.
Arrivant avec autant de réseau sur place qu'un DSK en prison new yorkaise, une chose est sûre je ne vais pas me mettre de
suite à la recherche de l'emploi idéal. Et puis l'emploi idéal je dois avouer que je ne l'ai pas encore trouvé.
Alors je réponds toujours à cette question une réponse qui étonne mon interlocuteur qui a pour unique réaction une surélévation de
la lèvre supérieure et une phrase, toujours la même "Mais tu es sûre ?"
Oui, je vais reprendre les petits jobs.
Et je dois avouer que cette perspective ne me déplaît pas. J’ai bien envie d’être insouciante quelques temps, de ne plus parler de
" dossier ", de " timing ", et de laisser le mot " rentabilité " dans la bouche d’un supérieur ou d’un petit chef qui lui, aura la
pression. Je veux pouvoir pouffer de rire avec des collègues de tous les horizons : des étudiants, des paumés, des immigrants, des qui aiment ça, des qui font des petits jobs en attendant de
trouver mieux.
Je me verrais bien être serveuse quelques temps à mi-temps par exemple. J’ai jamais été serveuse et je trouve ce métier
charismatique. Si tant est qu’un métier puisse avoir du charisme. Je me verrai bien travailler en plein air aussi avant de subir des températures polaires cet hiver.
Je veux prendre du plaisir avant de me lancer à nouveau dans la recherche d’un nouveau job dans lequel je resterai de longues
années. Je me rends compte que je parle comme une fille qui vient de se séparer et qui a envie de se taper tout le pays avant de se recaser. C’est un peu se que je ressens oui.
Sauf que lorsque ça m’est arrivé je me suis recasée de suite.
Donc on verra bien.
Je pars donc dans l’insouciance la plus totale et ça me stimule beaucoup. Je peux me permettre cette insouciance car je conserve à
distance le SEO et mes chroniques comme activités à mi-temps. On pourrait considérer ça comme des plans cul réguliers si on continue dans la
comparaison.
Sinon le départ est dimanche, mon appart est toujours anormalement rempli et on fait soirées de départ sur soirées de départ ce qui
ne m’aide pas à continuer mes préparatifs.
En même temps, qu’est-ce que je suis contente !
Par La Brune
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Publié dans : Cap sur Montréal
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Samedi 28 mai 2011
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18:03
Il y a quelques temps j’étais contacté par Anna Sam, l’auteure du blog " Les tribulations d’une caissière " qui est devenu un livre et bientôt un film, la veinarde. Anna, chargée d’écrire un nouveau livre sur les blogueurs, m’a gentiment contactée en
vue de faire mon portrait. Pour une fois que l’on s’intéresse à mon modeste blog... j’ai tout de suite dit oui.
Ça s’est fait très vite et le lendemain elle était sur mon canapé, une tasse de café à la main et mes deux chats sur sa valise. En
plein dans mon décors.
J’ai parlé de mon blog, en long et en large, j’ai raconté mes petites anecdotes de petits boulots comme une maman parlerait de son
enfant qui vient de finir son premier petit pot de concassé de pois chiche.
Non sans une pointe de nostalgie.
Après on a des dents alors et mange ses aliments tout seul comme un grand en se rappelant vaguement qu’avant on prenait quand même
un peu de plaisir à manger cette compote molle et beige que l’on pensait détester.
Vous ne voyez pas le rapport ? Repensez-y quand vous aurez bu 3 mojitos.
Quand j’ai reçu un exemplaire du livre j’étais fière comme un pour de voir mon nom apparaître dans un livre.
Anna a dressé le portrait de plusieurs blogueurs de tous les style et de toute la France, connus ou non. On y retrouve entre autre
Corinne, la rédactrice en chef du génial maviepro qui m’a offert l’opportunité d’écrire 2 chronique par mois sur ce site. Je suis aussi fière
comme un pou d’apparaître à quelques page de ioudgine et Boulet que je vénère.
Et puis voir son nom dans un livre, à défaut de l’avoir sur la couverture, ça fait toujours bien plaisir.
Je vous conseille vivement la lecture du livre d’Anna Sam, qui vous offre au travers de ses portraits, une jolie définition du mot
"bloguer".
On remplacera bientôt Toulouse par Montréal...
Par La Brune
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